Dans un précédent post, j’ai évité de donner le nom d’un jeune joueur algérien coupable d’un geste humiliant envers celui qui est devenu l’emblème de cette édition de la CAN, le supporter congolais « Patrice Lumumba ». J’ai voulu à la fois le protéger – il est jeune –, l’invisibiliser – il s’est excusé et sa fédération a rapidement honoré la victime. Il ne mérite pas plus de publicité négative.
En revanche, il me semble important de faire connaître le journaliste chroniqueur de L’Équipe TV, monsieur Gregory Schneider, qui s’est cru légitime d’attaquer frontalement l’organisation par le Maroc de la CAN 2025, sous prétexte que la sélection marocaine serait avantagée. Avant d’entrer dans le cœur du sujet, chaque être humain est libre de ses opinions et doit conserver cette liberté et l’exprimer comme bon lui semble. En le faisant, il s’expose aux critiques contradictoires et c’est dans ce cadre que ce texte a été rédigé. Ce n’est pas pour le cibler, mais pour contredire son discours – que l’on peut qualifier de populiste et idéologiquement marqué, ce qui le disqualifie sur le registre purement sportif –, ce post va s’employer à le démontrer.
Il prétend, sur la base d’un éventuel penalty non signalé en faveur du Cameroun et d’un autre face à la Tanzanie, que le Maroc bénéficierait d’un arbitrage maison et qu’il est inutile de continuer la compétition et de remettre le trophée au Maroc directement. Il va vite en besogne : le Maroc, toujours en course, n’a pas encore gagné et la demi-finale qui l’attend face au Nigeria s’annonce très difficile. Il faudra une grande équipe marocaine pour franchir ce nouveau cap.
Ensuite, en cas de victoire, il faudra affronter l’Égypte ou le Sénégal, deux autres mastodontes du football africain. Priver les supporters de football des trois affiches restantes (quatre avec le match de classement) cache probablement une frustration sportive, idéologique et politique de monsieur Gregory Schneider. Une frustration que ce texte n’est pas habilité à soigner : il y a des spécialistes pour ça.
D’abord, sur les deux matchs, l’équipe du Maroc a été très largement supérieure et sur tous les plans : possession, nombre de tirs, occasions de buts, etc. Une supériorité reconnue par la plupart des commentateurs et confirmée par les statistiques précises des matchs. Ensuite, s’il y a un loupé sur le penalty qui aurait pu être sifflé en faveur du Cameroun, il n’y a aucune erreur sur celui non sifflé en faveur de la Tanzanie, sauf si l’on considère que l’arbitre aurait dû brandir un carton jaune au joueur tanzanien pour simulation. Faut-il pour autant crier au scandale d’arbitrage ? Oui, si l’on tient compte des deux penalties non sifflés en faveur du Maroc cette fois, dès la première minute et en cours de match.
Cette attaque frontale d’un journaliste non sportif n’est pas la première. Elle a été devancée par celle de l’entraîneur belge de l’Afrique du Sud, qui s’est plaint des conditions et de l’organisation globale du tournoi.
Un comble : on sait aujourd’hui qu’il voulait détourner les regards sur des accusations de racisme qu’il encourait. On sait aussi que son ministre de tutelle, celui de la jeunesse et des sports sud-africains, a adressé depuis une lettre de félicitation à son homologue marocain pour les conditions de séjour et de préparation. On sait aussi que Samuel Eto’o, le président de la fédération camerounaise, a envoyé une lettre de remerciements et de félicitations au président Fouzi Lekjaa.
Tous ces éléments discréditent monsieur Gregory – on va se contenter de le nommer par son prénom, un peu comme les tenanciers de bars mal famés –, mais ce ne sont pas les seuls. En effet, cette édition va marquer les esprits et constituer une avancée remarquable de la compétition sur plusieurs plans :
• Infrastructures : les stades et les pelouses surtout ont permis, malgré les conditions climatiques, aux joueurs de montrer les meilleures facettes de leur talent. À ce stade de la compétition, seuls deux matchs se sont terminés sur le score nul de 0-0. C’est dire le niveau technique qu’ont permis les infrastructures.
• Conditions d’hébergement : en cinq étoiles, s’il vous plaît, avec des conditions d’accueil aux normes les plus élevées.
• Conditions d’entraînement : chaque équipe dispose d’un terrain de préparation dédié.
Neuf stades ont été mis à la disposition du tournoi pour 24 équipes participantes. Pour info, le Mondial 2026, prévu aux États-Unis, au Mexique et au Canada, n’a prévu que 16 stades pour 48 équipes, c’est-à-dire deux de moins que ce que propose la CAN 2025 au Maroc.
Le danger de cette CAN et ce que cherche à détruire l’ami Gregory, c’est l’attrait qu’elle risque d’offrir aux talents européens d’origine africaine. Que le fils Zidane choisisse l’Algérie au lieu de la France, ce n’est pas fortuit et le risque que d’autres Zidane fassent le même choix est grand et risqué pour un pays qui s’appuie essentiellement sur les membres de sa communauté d’origine étrangère pour constituer une équipe de France compétitive. Une communauté qu’il veut exclure dans tous les autres secteurs.
C’est peut-être le sens caché de cette critique, dont le contenu a été largement récupéré par les réseaux sociaux malveillants qui, eux, sont mus par d’autres objectifs politiques qu’il est inutile de souligner dans ce post.
On a vu que sa critique de l'arbitrage, prétendument favorable au Maroc n'est pas crédible et ne résiste pas aux faits. Elle est d'autant moins crédible qu'il n'a jamais jugé utile de dire que la Coupe du Monde était en danger lorsque l'arbitre du match France Maroc, en demi-finale du mondial de Qatar en 2022, a refusé un penalty flagrant à Boufal averti pour fausse simulation.
De ce côté de la méditerranée les médias qui se respectent n’ont pas crié au scandale et relayé les réseaux sociaux qui disaient que l’élimination du Maroc était programmée pour permettre un affrontement Messi Mbappe. Un alignement avec les réseaux sociaux, en appétence de scandales, que Monsieur Scheider réduit à son prénom, n’a pas hésité à assumer en direct et à une heure de grande écoute.
Bargach Larbi