façonné un ethos collectif marqué par la coexistence et l’équilibre.
Sur le plan institutionnel, cette mansuétude trouve une expression dans la pratique des
grâces royales accordées par SM Mohammed VI, notamment à l’occasion de fêtes religieuses
ou nationales. La grâce royale, prévue par la Constitution, constitue un instrument de
clémence étatique qui tempère la rigueur de la norme pénale au nom de considérations
humanitaires, sociales ou politiques.
Dans le champ diplomatique, la mansuétude marocaine se manifeste par une doctrine de
modération et de non-ingérence active. Le Royaume privilégie historiquement la médiation,
la coopération Sud-Sud et la recherche de compromis, notamment au sein d’instances
multilatérales telles que l’Organisation des Nations unies ou l’Union africaine. Cette posture
contribue à forger l’image d’un acteur régional soucieux de stabilité plutôt que d’escalade.
Sur le plan sociétal, la mansuétude marocaine s’observe dans la gestion du pluralisme
ethnique, religieux et culturel. La reconnaissance constitutionnelle depuis 2011 des
composantes amazigh, hassani et hébraïque de l’identité nationale, ainsi que la protection
de leurs patrimoines, illustrent une continuité historique de coexistence fondée sur la
modération doctrinale et le refus des radicalismes.
Cette mansuétude marocaine s’est illustrée également durant certaines séquences
controversées de la Coupe d'Afrique des nations tenue au Maroc en décembre 2025. Face
aux débordements verbaux ou aux gestes d’énervement observés au plus haut niveau, y
compris lors de la finale de la CAN, l’attitude marocaine a souvent été marquée par la
retenue institutionnelle et la maîtrise communicationnelle.
Sans nier la charge émotionnelle inhérente à une compétition continentale majeure, le
Maroc a privilégié la désescalade, tant dans les déclarations officielles que dans la gestion
diplomatique de l’incident sportif.
Cette posture illustre une constante marocaine : faire prévaloir l’image d’un État et d’une
nation attachés à la dignité, à la modération et au respect des cadres compétitifs, même
lorsque les circonstances pourraient légitimer une réaction plus véhémente.
La mansuétude marocaine ne doit nullement être confondue avec faiblesse ou inertie.
Elle relève d’une stratégie de gestion des tensions par l’absorption, la gradation et la réforme
progressive.
Dans un environnement régional marqué par l’instabilité, cette culture de la tempérance
constitue un facteur de résilience institutionnelle et de continuité étatique. Elle demeure un
élément structurant de la singularité marocaine dans le concert des nations.












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