Le port Tanger Med, les lignes à grande vitesse, l'essor de l'industrie automobile et aéronautique, les centrales solaires Noor, les zones industrielles intégrées, ainsi que la généralisation progressive de la protection sociale témoignent d'une stratégie cohérente fondée sur une vision de long terme.
Les pays qui continuent de progresser sont ceux qui savent transformer leurs acquis en nouveaux leviers de croissance. Le véritable défi du Maroc à l'horizon 2035 est donc de passer d'une économie d'attractivité à une économie d'innovation, de création de valeur et de souveraineté technologique.
Les expériences internationales offrent des enseignements précieux.
L'Espagne a fait de la transition énergétique un moteur de compétitivité.
Le Mexique a tiré profit de sa proximité avec les États-Unis pour devenir une grande plateforme manufacturière.
Le Vietnam s'est imposé dans les chaînes de valeur mondiales grâce à une politique industrielle ambitieuse et une ouverture commerciale maîtrisée.
Le Maroc n'a pas vocation à reproduire ces modèles, mais à s'en inspirer pour construire le sien. Sa stabilité institutionnelle, sa position géographique exceptionnelle, ses accords de libre-échange, son ouverture sur l'Afrique et les grands projets liés à la Coupe du Monde 2030 lui offrent une opportunité historique d'accélérer son développement. Cette nouvelle étape suppose néanmoins plusieurs priorités.
Il faudra investir davantage dans la recherche et l'innovation, accélérer la transformation numérique des entreprises, favoriser l'émergence de champions industriels marocains, renforcer l'intégration des PME dans les chaînes de valeur internationales et adapter la formation aux métiers de demain, notamment dans l'intelligence artificielle, les technologies numériques, les batteries électriques, l'hydrogène vert et l'industrie 5.0.
La compétitivité de demain ne reposera plus uniquement sur des infrastructures performantes ou un coût de production attractif.
Le capital humain sera ainsi le premier facteur de compétitivité du Royaume.
À cet égard, plusieurs réformes pourraient accélérer cette dynamique : la création d'un Fonds national pour l'innovation industrielle, des incitations fiscales ciblées en faveur de la recherche et développement, un soutien renforcé aux start-up technologiques, une meilleure articulation entre universités, centres de recherche et entreprises, ainsi qu'une simplification accrue de l'environnement des affaires.
L'objectif n'est plus seulement d'attirer les investissements étrangers, mais de faire émerger un tissu économique national capable d'innover, d'exporter et de créer davantage de valeur ajoutée locale.
Le succès du Maroc se mesurera demain autant par le nombre de brevets, d'entreprises technologiques et d'emplois qualifiés que par le volume de ses exportations.
Le Royaume dispose aujourd'hui de tous les atouts pour franchir une nouvelle étape de son développement. Les fondations sont solides.
À l'horizon 2035, l'ambition du Maroc ne doit pas être seulement de poursuivre sa croissance, mais de devenir une puissance économique fondée sur l'innovation, la souveraineté industrielle, la compétitivité durable et l'excellence du capital humain.
Les réussites d'hier constituent les fondations de demain ; il appartient désormais à tous les acteurs – État, entreprises, universités et société civile – de transformer cette ambition en une nouvelle étape du développement du Royaume.
Par Abdelghani El Arrasse Analyste économique – Membre de L’AEI.












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