Sept années de sécheresse n’ont pas été un simple épisode.
Si les pluies récentes offrent un répit réel, ce soulagement ne doit pas se transformer en illusion de sécurité.
Comme l’a rappelé à plusieurs reprises le Roi Mohammed VI, le changement climatique impose d’abandonner la gestion conjoncturelle au profit d’une stratégie structurelle, fondée sur l’anticipation et la durabilité.
La remontée du niveau des barrages, passée de seuils critiques à des niveaux plus rassurants, a une forte portée symbolique : le pays retrouve une partie de son stock stratégique.
Mais, dans l’esprit de Nizar Baraka, le véritable enjeu n’est pas seulement de remplir, mais de gérer.
L’eau est une ressource sensible, au croisement des besoins des villes, de l’agriculture, de l’industrie, du tourisme et de l’environnement. Sa répartition est toujours un choix politique autant que technique, inscrit dans le cadre des Hautes Orientations Royales.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le virage annoncé par le ministre :
Cette transformation s’inscrit directement dans la feuille de route tracée par le Roi Mohammed VI, qui appelle à diversifier les sources d’eau, à sécuriser l’approvisionnement des citoyens et à soutenir une agriculture plus résiliente.
Mais ces grands chantiers resteront incomplets sans une évolution des comportements. Le problème n’est pas seulement la rareté de l’eau, mais aussi la manière dont elle est consommée.
Le gaspillage, dans la vie quotidienne comme dans certains secteurs productifs, fragilise tous les efforts. La vision royale insiste sur la responsabilité collective : l’État investit, mais le citoyen doit protéger.
Derrière la gestion de l’eau se joue désormais une question de souveraineté.
Un pays qui ne maîtrise pas ses ressources vitales ne maîtrise ni son économie ni sa cohésion sociale.
C’est pourquoi la politique de l’eau, telle que voulue par la vision royale doit être pensée comme une politique stratégique : protéger les ressources, diversifier les sources, réduire la dépendance au climat et lier l’eau à un développement équitable.
Les pluies récentes sont donc à la fois une bénédiction et une épreuve.
La sortie durable ne se fera pas par les chiffres seuls, mais par une vision qui fait de chaque goutte un projet national, de chaque politique de l’eau un choix souverain, et de chaque citoyen un gardien d’une ressource qui conditionne la vie, la stabilité et l’avenir.
Par Said Temsamani












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