Car il ne suffit pas que l’intelligence artificielle entre dans les discours électoraux.
Encore faut-il que ces mots soient portés par une véritable compréhension des enjeux. Encore faut-il que les femmes et les hommes appelés à représenter les citoyens soient capables de distinguer l’effet d’annonce de la transformation réelle, l’usage utile de la dépendance, la modernisation de façade de la souveraineté numérique.
Le risque, en 2026, serait de voir l’intelligence artificielle devenir un simple élément de langage électoral. Une promesse de modernité. Un mot séduisant placé dans des discours classiques.
Une étiquette destinée à donner une impression d’avenir sans traiter les questions de fond. Or l’IA n’est pas une décoration politique. Elle transforme déjà les conditions mêmes de l’action publique, de l’éducation, de l’économie, de la culture, de la démocratie et de la souveraineté.
Elle transforme l’école, parce qu’elle modifie les manières d’apprendre, d’écrire, de chercher, de produire et d’évaluer. Elle transforme l’administration, parce qu’elle promet la simplification, mais peut aussi créer de nouvelles formes d’opacité. Elle transforme l’économie, parce qu’elle automatise certaines tâches, recompose les métiers et change les critères de compétitivité.
Elle transforme la culture, parce qu’elle interroge la création, la mémoire, les langues, les images, les voix et les récits. Elle transforme la démocratie, parce qu’elle agit sur l’information, l’opinion, les deepfakes, la confiance et la vérité publique.
Dans ce contexte, le Parlement marocain ne peut pas rester à distance.
Dr Az-Eddine Bennani, alias Wald Maâlam, n’intervient pas dans ce débat comme un observateur occasionnel.
Son parcours croise plusieurs dimensions devenues essentielles pour comprendre l’IA : l’expérience professionnelle du numérique, l’enseignement supérieur, la recherche, la stratégie des systèmes d’information, l’écriture, la formation des décideurs, la vulgarisation citoyenne et l’engagement culturel.
Cette combinaison donne à sa parole une légitimité particulière dans un moment où beaucoup parlent d’intelligence artificielle sans toujours en mesurer les implications profondes.
Wald Maâlam est devenu, pour Dr Az-Eddine Bennani, une manière de parler du numérique autrement. Non pas seulement à partir des machines, des logiciels ou des plateformes, mais à partir de la transmission, du geste, du savoir-faire, de la culture marocaine et de la responsabilité humaine face aux outils.
Le Maâlam ne sépare jamais la technique de l’exigence. Il sait qu’un outil ne vaut que par la main, le regard, l’intention et la responsabilité de celui qui l’utilise. C’est cette sagesse que Wald Maâlam mobilise aujourd’hui pour penser l’intelligence artificielle.
La question parlementaire devient alors très concrète.
Comment vérifier qu’un système algorithmique utilisé dans un service public ne produit pas de discrimination ? Comment protéger les enfants, les élèves, les étudiants et les familles face aux usages non maîtrisés de l’IA ? Comment éviter que les PME, les artisans, les coopératives et les territoires soient exclus de cette transformation ?
Ces questions ne relèvent pas seulement de la technologie. Elles relèvent du droit, de l’économie, de l’éducation, de la culture, de la souveraineté et de la démocratie.
Le Maroc aura donc besoin, dans son Parlement, de profils capables de faire le lien entre ces dimensions. Il ne s’agit pas de transformer tous les députés en ingénieurs. Il s’agit de doter la représentation nationale d’une culture numérique suffisante pour questionner, contrôler, anticiper et décider avec lucidité.
Wald Maâlam défend cette exigence avec clarté : un algorithme n’est pas seulement une suite d’instructions. Il est d’abord une manière de penser, une logique de décision, une représentation du monde.
Derrière chaque solution numérique se cachent des choix humains, des hypothèses sociales, des intérêts économiques et parfois des rapports de domination. Penser l’IA, c’est donc aussi penser le modèle de société que nous voulons construire.
Demain, voter une loi sur l’éducation sans comprendre l’impact des IA génératives sur l’apprentissage sera insuffisant. Voter une loi sur l’emploi sans comprendre l’automatisation sera incomplet. Voter une loi sur l’administration numérique sans comprendre les données, les plateformes et les algorithmes sera risqué.
Voter des dispositifs de protection des citoyens sans tenir compte des manipulations numériques, des faux contenus, des systèmes prédictifs et de la captation des données sera dangereux.
La démocratie représentative doit donc se doter d’une compétence numérique réelle. Cette compétence ne doit pas être réservée à quelques techniciens. Elle doit irriguer le débat public, les commissions parlementaires, les auditions, les programmes politiques, les collectivités territoriales, les médias et les espaces de formation citoyenne.
Depuis plusieurs années, Dr Az-Eddine Bennani agit dans ce sens.
Il parle aux jeunes, aux parents, aux enseignants, aux artistes, aux artisans, aux associations, aux décideurs et aux citoyens.
Les Cafés IA organisés par Wald Maâlam montrent précisément ce que pourrait être une démocratie numérique de proximité. Ce sont des espaces où l’on ne subit pas la technologie. On l’interroge. On l’explique. On la critique. On la relie à la vie quotidienne, aux métiers, à l’école, à l’entreprise, à la culture et aux territoires. Cette démarche devrait inspirer le débat électoral de 2026.
Chaque parti politique devrait dire clairement ce qu’il propose sur l’intelligence artificielle. Quelle vision pour l’école marocaine à l’ère des IA génératives ? Quelle stratégie pour protéger les données nationales ? Quelle politique pour former les enseignants, les élus, les fonctionnaires et les citoyens ? Quelle place pour l’arabe, l’amazigh, la darija et les contenus marocains dans les environnements numériques de demain ? Quelle stratégie pour les PME, les artisans et les coopératives ? Quelle gouvernance pour les algorithmes utilisés dans les services publics ? Quelle place pour les vrais spécialistes dans les auditions parlementaires ?
Ces questions devraient figurer dans les programmes. Elles devraient faire l’objet de débats publics. Elles devraient être portées devant les citoyens. Mais pour cela, il faut sortir du confort des slogans.
Le Maroc ne peut pas se permettre une politique numérique de façade. Il ne peut pas multiplier les annonces sans construire les compétences nécessaires. Il ne peut pas parler de souveraineté numérique tout en laissant ses données, ses usages, ses contenus et ses dépendances se structurer sans débat public sérieux.
La souveraineté numérique ne se décrète pas. Elle se construit par l’éducation, par la formation, par la recherche, par la protection des données, par la transparence, par l’évaluation des politiques publiques, par l’inclusion des territoires et par la reconnaissance des compétences marocaines. Elle se construit aussi par un Parlement capable de comprendre ce qu’il vote et de contrôler ce qui se met en place.
C’est là que se situe l’enjeu politique majeur. Les prochaines législatives ne devront pas seulement choisir des représentants. Elles devront aussi choisir le niveau d’intelligence collective que le Maroc veut mettre au service de son avenir.
Le pays dispose d’atouts importants : une jeunesse connectée, des compétences scientifiques, une diaspora qualifiée, des entrepreneurs dynamiques, des institutions en mouvement, des universités, des écoles, des artistes, des artisans, des chercheurs et des citoyens désireux de comprendre. Mais ces atouts doivent être reliés par une vision.
Cette vision ne doit pas être importée telle quelle.
Wald Maâlam propose de porter cette exigence dans le débat public : faire de l’IA non pas un objet de fascination, mais un sujet de responsabilité. Responsabilité envers les jeunes, qui doivent être orientés avec sérieux et non séduits par des formations opportunistes.
Responsabilité envers les citoyens, qui doivent comprendre ce que deviennent leurs données. Responsabilité envers les territoires, qui ne doivent pas être abandonnés à une nouvelle fracture numérique. Responsabilité envers les artisans et les PME, qui doivent être accompagnés et non remplacés. Responsabilité envers la culture marocaine, qui doit être présente dans les systèmes numériques de demain. Responsabilité envers la démocratie, qui doit rester capable de décider face à des technologies de plus en plus puissantes.
Dans l’histoire marocaine, le Maâlam n’était pas seulement celui qui maîtrisait un outil. Il était celui qui transmettait une manière de faire, une exigence, une patience, une responsabilité et une dignité.
L’intelligence artificielle a besoin de cette culture de la maîtrise. Elle ne doit pas être livrée à la vitesse seule, à l’imitation seule, au marketing seul. Elle doit être inscrite dans un projet collectif, éducatif et souverain.
À travers ses livres, ses tribunes, ses Cafés IA, ses conférences et ses initiatives autour de l’OIA, Dr Az-Eddine Bennani, alias Wald Maâlam, souhaite contribuer à ce débat national avec une conviction simple : le Maroc ne doit pas subir l’intelligence artificielle. Il doit la comprendre, la gouverner et l’inscrire dans son propre projet de société.
La vraie question n’est donc plus seulement de savoir si l’intelligence artificielle sera au cœur des élections de 2026. La vraie question est désormais : le Parlement marocain sera-t-il à la hauteur du défi de l’intelligence artificielle ?
C’est à cette exigence que Wald Maâlam souhaite contribuer. Une exigence de compétence. Une exigence de clarté. Une exigence de souveraineté. Une exigence de transmission. Une exigence de responsabilité nationale.
Par Dr Az-Eddine Bennani.












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