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Le droit à la vue : Onze (11) associations marocaines d’ophtalmologie interpellent les associations de droit des hommes


Par Dr Anwar CHERKAOUI - Expert en communication et journalisme de santé.

Il ne s’agit plus d’un simple débat médical.
Il s’agit d’un droit.
La greffe de cornée au Maroc n’est plus une question technique réservée aux blocs opératoires et aux congrès scientifiques. Elle est devenue une question de justice. Une question de dignité. Une question de droits humains.

Aujourd’hui, des milliers de Marocains vivent dans une obscurité qui aurait pu être évitée.
Non parce que la science hésite.
Non parce que les médecins manquent.
Mais parce que le système empêche l’accès au soin.



​J’accuse ce silence organisé.

J’accuse cette inertie administrative.
J’accuse cette lenteur législative qui transforme un droit fondamental en privilège réservé à ceux qui peuvent payer.

La greffe de cornée est une intervention maîtrisée, éprouvée, pratiquée partout dans le monde avec des résultats remarquables. Elle rend la vue. Elle rend l’autonomie. Elle rend la dignité.

Et pourtant, au Maroc, ce droit demeure entravé, dépendant d’importations coûteuses de greffons venus de l’étranger, prisonnier de procédures complexes, orphelin d’une mobilisation nationale structurée autour du don post-mortem.

​La question est simple, et elle est terrible :

- Le droit à la vue n’est-il pas une composante du droit à la santé ?

- Et le droit à la santé n’est-il pas garanti par la Constitution et par les conventions internationales ratifiées par notre pays ?

J’interpelle les institutions de défense des droits humains.
J’interpelle notamment Conseil national des droits de l’Homme.
Peut-on accepter qu’un citoyen soit privé de la possibilité de recouvrer la vue pour des raisons de vide organisationnel ou d’insuffisance réglementaire ?

Car la vérité est là, nue, implacable :

Une part significative des cécités d’origine cornéenne est réversible.
Ce ne sont pas des fatalités biologiques.
Ce sont des défaillances structurelles.
L’absence de banques de cornées nationales pleinement opérationnelles.

Le manque d’une culture encadrée et assumée du don après décès.
Des restrictions juridiques qui limitent l’élargissement des prélèvements et des greffes sur le territoire national.

​Voilà ce qui transforme un traitement accessible en privilège restreint.

Et que voyons-nous ?
Ceux qui disposent des moyens financiers peuvent, parfois, franchir les obstacles par l’importation.

Les autres attendent.

Ou s’enfoncent dans l’ombre.
Où est l’égalité ?
Où est la justice sanitaire ?

Ce dossier ne peut plus rester confiné aux rapports médicaux. Il doit entrer dans l’arène des libertés fondamentales, car il touche à la dignité humaine, à l’autonomie, au droit au travail, au droit à l’éducation, au droit à une existence pleine et libre.

​Un collectif de onze associations médicales marocaines spécialisées en ophtalmologie est prêt à mettre à disposition des instances concernées l’ensemble des données scientifiques, économiques et sociales.

Les chiffres sont clairs : développer une filière nationale structurée de greffe de cornée n’est pas seulement un impératif humain ; c’est aussi un choix rationnel, économiquement pertinent, qui réintègre des milliers de citoyens dans le cercle de la production et de la participation sociale.

Ignorer ce dossier ne relève plus de la simple lenteur administrative.
C’est risquer de porter atteinte au principe d’égalité d’accès aux soins.

Le droit à la vue n’est pas une faveur.

Il est le prolongement naturel du droit à la santé.
Et le droit à la santé est l’un des piliers des droits humains.
Ouvrir ce débat aujourd’hui, avec courage et responsabilité, c’est choisir un Maroc qui ne garantit pas seulement le droit de vivre — mais le droit de voir.

Onze ( 11) sociétés et associations marocaines d’ophtalmologie : SMO / SAMIR / SMG / ACUMO/ SMVR /AMSOP / SMOCSO /  SOPREM / SMIO-IA / SIOM / ANJOM.

Par Dr Anwar CHERKAOUI.

Lundi 23 Février 2026



Rédigé par La rédaction le Lundi 23 Février 2026


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