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Les industries culturelles et créatives au cœur d’un premier forum académique à l’Université Ibn Tofaïl


Rédigé par le Vendredi 10 Juillet 2026

L’Université Ibn Tofail de Kénitra accueille le premier Forum académique des industries culturelles et créatives, une rencontre dédiée aux enjeux des politiques culturelles, de l’économie créative et du développement au Maroc.



L’Université Ibn Tofaïl de Kénitra accueille les 9 et 10 juillet le premier Forum académique consacré aux industries culturelles et créatives, une initiative qui ambitionne d’inscrire au cœur du débat universitaire un sujet jusqu’ici principalement porté par les acteurs du secteur culturel.

Organisée en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, la région Rabat-Salé-Kénitra et le Conseil provincial de Kénitra, cette rencontre entend dresser un état des lieux des industries culturelles et créatives au Maroc tout en ouvrant une réflexion sur leur contribution au développement économique, social et territorial.

Au programme figurent plusieurs thématiques majeures, notamment le rôle de la culture dans la création de richesse et d’emplois, les liens entre l’université et les métiers de l’économie créative, l’impact de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle sur les industries culturelles, ainsi que les perspectives d’évolution des politiques culturelles au Maroc.

Les débats abordent également des questions de fond telles que les opportunités manquées des politiques culturelles nationales, la place de la culture dans les stratégies publiques, son articulation avec les secteurs de l’éducation, des médias et du cinéma, ou encore les contributions des chercheurs marocains à la réflexion sur les politiques linguistiques et culturelles.

Pour Abdelaziz Rachdi, membre du comité scientifique du forum, cette rencontre marque une étape importante dans l’évolution du débat. « Les industries culturelles et créatives ont longtemps été discutées en dehors de l’université. Aujourd’hui, nous souhaitons leur donner une véritable dimension académique afin d’approfondir les réflexions philosophiques et culturelles. L’université est un espace de pensée où les professionnels viennent également nourrir le débat dans un cadre scientifique », explique-t-il.

Selon lui, la question dépasse largement le cadre marocain. « La culture est progressivement passée du statut de service public à celui d’industrie culturelle. Cette évolution soulève une interrogation essentielle : peut-elle conserver sa dimension humaine lorsqu’elle devient également un secteur économique ? », souligne-t-il.

Placé sous le thème « La culture comme levier de l’économie, de l’inclusion et de l’innovation territoriale », le forum rappelle que les modèles de développement évoluent profondément à l’échelle mondiale. La culture n’est plus perçue comme une simple activité symbolique ou un luxe, mais comme un véritable secteur productif, capable de générer de la valeur, de créer des emplois et de contribuer au développement durable.

Les organisateurs estiment que les industries culturelles et créatives constituent aujourd’hui l’un des principaux moteurs de la nouvelle économie, grâce à leur potentiel en matière d’innovation, d’entrepreneuriat, d’attractivité territoriale et de cohésion sociale.

Le constat dressé sur la situation marocaine met en avant les nombreux atouts dont dispose le Royaume. Son riche patrimoine culturel et civilisationnel lui permettrait de jouer un rôle de premier plan dans l’économie créative. Toutefois, les intervenants soulignent que ce potentiel reste insuffisamment exploité en raison de l’absence de politiques culturelles efficaces, d’infrastructures professionnelles adaptées et de stratégies capables de transformer la richesse culturelle en véritable moteur économique.

Président de la Maison de la Poésie au Maroc, Mourad Kadiri a, pour sa part, plaidé en faveur de l’adoption d'une politique culturelle nationale concertée. Selon lui, celle-ci devrait résulter d’un dialogue réunissant les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, le secteur privé et la société civile.

L’acteur culturel regrette également que le Nouveau Modèle de Développement n’ait pas accordé à la culture la place qu’elle mérite. À ses yeux, celle-ci y apparaît davantage comme un outil au service d’autres politiques : sociales, économiques ou géopolitiques – que comme un secteur stratégique à part entière.

Pour Mourad Kadiri, l’élaboration d’une véritable politique culturelle nationale demeure ainsi une priorité incontournable afin de faire de la culture un levier durable de développement, d’innovation et de rayonnement pour le Maroc.

Premier rendez-vous académique du genre au sein de l’Université Ibn Tofaïl, ce forum ambitionne ainsi de rapprocher chercheurs, décideurs publics et professionnels de la culture afin de construire une vision commune des industries culturelles et créatives et de leur place dans le développement du Royaume.
 
 





Vendredi 10 Juillet 2026

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