Dans un secteur où chaque milliard compte, ce recul du déficit de liquidité qui représente l’écart entre les besoins de financement des banques et les ressources disponibles à court terme est perçu comme un signal positif après plusieurs semaines d’instabilité. C’est un peu comme si, après une longue journée étouffante, on ouvrait enfin une fenêtre pour laisser entrer l’air frais.
Pourtant, derrière ces chiffres se cachent des dynamiques plus nuancées. Car malgré cette amélioration, la taille du déficit reste considérable, indiquant que les banques continuent de puiser significativement dans les facilités de la Banque centrale pour assurer leur fonctionnement quotidien.
Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib (BAM) maintient sa stratégie d’interventions sur le marché monétaire, bien qu’elle envisage de réduire le rythme de ses avances à 7 jours, principale opération de refinancement de court terme qu’elle offre aux établissements financiers. Sur la période sous revue, ces avances ont augmenté de 1,6 MMDH pour atteindre 70,9 MMDH, mais BAM pourrait les ramener à 53,7 MMDH dans la période à venir.
Ce calibrage fin de la politique monétaire reflète une tension persistante sur le marché interbancaire, même si la pression s’atténue. Une anecdote partagée par un analyste local, avec qui nous avons échangé, illustre ce dilemme : « On sent encore la soif de liquidité, même si la source commence à se régénérer. C’est comme marcher sur un fil : on progresse, mais gare au déséquilibre d’un seul pas. » Cette image, empruntée à la vie de marché, rend compte du fragile équilibre qui prévaut aujourd’hui.
Lire aussi: Liquidité bancaire au Maroc : le déficit se replie à 151,6 MMDH sous l’effet des interventions de Bank Al-Maghrib
Le rôle clé du Trésor et des taux monétaires
Du côté du Trésor, la situation a connu un recul notable des placements liquides injectés dans le système bancaire 4 MMDH au plus haut quotidien, contre 25,5 MMDH la semaine précédente. Cette chute marque une contraction de l’appui du Trésor aux liquidités bancaires, avec des implications directes sur l’équilibre du marché monétaire.
Sur le front des taux, les indicateurs restent relativement stables. Le taux moyen pondéré (TMP), qui reflète le coût moyen de refinancement entre banques, demeure à 2,25%, tandis que le MONIA indicateur de référence sur le marché monétaire au jour le jour s’établit à 2,242%. Ces niveaux suggèrent une absence de choc violent sur les coûts de liquidité, mais aussi un terrain propice à la vigilance des acteurs financiers.
Cette stabilité relative des taux n’est pas un hasard. Elle découle de décisions structurantes prises par BAM au cours de l’année 2025, notamment le maintien du taux directeur à des niveaux accommodants afin de soutenir l’activité économique malgré les besoins persistants en liquidité. D’après des sources institutionnelles, cette attitude vise à trouver un juste équilibre entre soutien au crédit et contrôle des déséquilibres monétaires.
Vers une normalisation graduelle
Les perspectives à court terme montrent que la Banque centrale pourrait poursuivre une normalisation progressive de ses interventions, en réduisant graduellement le volume des avances à 7 jours. C’est une réponse mesurée à une demande de liquidité en voie d’allègement mais encore significative.
Pour les acteurs économiques des PME aux grandes entreprises cette évolution est loin d’être neutre. Elle influence le coût et l’accès au crédit, ainsi que la dynamique globale du financement de l’économie. Une amélioration de la liquidité bancaire, si elle se confirme, pourrait favoriser un climat plus propice à l’investissement et à la croissance, ce qui résonne avec les enjeux socio-économiques du Maroc moderne.
En somme, le marché monétaire marocain montre des signes de stabilisation prudente après une période de tensions. Les chiffres récents sont encourageants, mais ils rappellent aussi que le chemin vers un assouplissement durable reste encore parsemé d’incertitudes pour les banques et l’économie en général.
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