Menu
lodj lodj
séprateur .png
lodj
Twitter
YouTube
Digital TV
LinkedIn
Facebook
Instagram
Tiktok
search








Lumpenbourgeoisie et lumpenprolétariat




Par Abdeslam Seddiki

La pandémie de Covid­19 aura eu le mérite de révéler avec éclat les faiblesses du capitalisme. Partout à travers le monde, elle a mis à nu le drame des individus qui ne sont pas assurés contre une perte d’emploi ni contre la maladie. Dans la plupart des pays du Sud, elle  a montré  la vulnérabilité de leur  économie et de leur dépendance vis-à-vis de  l’économie mondiale surtout dans les secteurs stratégiques comme la santé.

On le voit d’une façon cruelle avec les vaccins où la majorité des pays du tiers monde sont à la merci des multinationales,  de la loi infernale du marché et d’une « aide publique au développement » distillée au compte- gouttes, laquelle aide ne fait en définitive que perpétuer les relations de domination tissées  entre des pays à niveaux de développement différenciés.

Mais  elle a aussi le mérite d’inciter les dirigeants de ces pays dépendants, du moins les plus lucides d’entre eux,   à revoir un certain nombre de choix en matière de politiques publiques pour acquérir une certaine autonomie et  prendre leur destin en mains en comptant sur la mobilisation de leurs propres  ressources  et en s’appuyant sur le génie créateur de leurs peuples.  La crise est généralement un moment propice pour entamer des remises en cause et une occasion idoine pour déclencher le changement.  Un changement progressif, pour ne pas dire progressiste, il va sans dire.

Notre pays se trouve bel et bien dans cette posture. Il est à la croisée des chemins. Il n’a d’autre choix que de prendre  la  direction qui le conduira vers le dépassement d’un système excluant qui ne fait que reproduire à une large échelle la précarité sociale, la pauvreté  multidimensionnelle et les inégalités diverses. 

Ainsi, le capitalisme à l’œuvre au Maroc, en tant que mode de production  dominant,  souffre de deux tares fondamentales : il s’accommode  des formes de production précapitalistes.   En faisant  jouer aux structures traditionnelles un certain nombre de fonctions qui relèveraient normalement de ses responsabilités, il  parvient à assurer la reproduction de la force de travail à moindre coût et à maintenir les salaires à leur bas niveau.

C’est ce que la littérature marxiste désigne par « soumission formelle » du travail au capital. Exemple de cette soumission ? La politique de l’agrégation dans l’agriculture. A travers cette politique, les biens alimentaires, qui constituent la composante essentielle  de la valeur de la force de travail (salaire), sont vendus par les producteurs paysans  à des prix non rémunérateurs.  Ce qui fait que la politique des bas salaires a comme corollaire l’appauvrissement de la paysannerie marocaine et le retard du monde rural d’une façon générale. Le fait que   la pauvreté est à 70% d’origine rurale en dit long à ce sujet.

C’est la même grille de lecture   qu’il convient d’ appliquer pour une compréhension scientifique du secteur dit « informel ». Ce dernier   est l’enfant illégitime d’un capitalisme « périphérique » et d’une « lumpenbourgeoisie » pour reprendre les termes d’un ouvrage  de l’économiste germano-américain A.G Frank « lumpenbourgeoisie  et lumpendéveloppement ».

La deuxième tare du capitalisme marocain, qui découle d’ailleurs de la première,  réside dans la lenteur de sa transition d’une croissance extensive vers une croissance intensive. Le Mode de production dominant s’appuie essentiellement sur une exploitation extensive de la force de travail : un travail peu qualifié, sous- rémunéré et sans stabilité ni assurance.

C’est ce qui ressort des statistiques publiées  régulièrement par le HCP et dont les dernières en date concernent l’année 2020. Ainsi,  54,3% des actifs occupés n’ont aucun diplôme, 30,5% ont un diplôme de niveau moyen et seuls  15,2%  disposent d’un diplôme de niveau supérieur ; à peine  24,7% bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi ;  55,2% ne disposent d'aucun contrat formalisant leur relation avec l'employeur ; environ 14% des actifs occupés exercent un emploi non rémunéré.  

Ces chiffres sont parlants et se passent de tout commentaire !

Comment faire pour passer à un « stade évolué du capitalisme »  qui passe nécessairement par l’élargissement des rapports de production capitalistes comme étape historique dans l’évolution de notre société mais avec une bourgeoisie « révolutionnaire » disposant d’un projet de société et attachée à une philosophie libérale  telle qu’elle a été élaborée par les pères fondateurs.  Bien sûr,  on connait les difficultés qu’elle rencontre pour s’émanciper eu égard aux   conditions de sa naissance du fait qu’elle n’est pas sortie des entrailles de la « féodalité » comme cela a été le cas de la bourgeoisie occidentale.  Cette anomalie congénitale risquera de peser  pour longtemps dans l’évolution  de la société marocaine.

D’aucuns y trouveraient prétexte   pour  plaider en faveur d’un dépassement de ce « capitalisme  difforme ».  Personnellement, je ne souscris pas à un tel raisonnement  qui prêche par un subjectivisme excessif et relève d’une certaine  logomachie  révolutionnaire   dont l’histoire a montré  les limites.  Dans l’étape actuelle,  plutôt que de vouloir  dépasser le capitalisme,  il faut chercher d’abord à le corriger,   le réguler et   l’humaniser.  «Le capitalisme est un cheval fougueux : il peut facilement s’emballer, échappant à tout contrôle. Mais si on lui tient fermement les rênes, alors il va là où l’on veut »  écrivaient, dans un autre contexte,  deux auteurs dans un récent ouvrage intitulé « le pouvoir de la destruction créatrice ».  

C’est une tâche historique qui incombe à  toutes les forces vives de la Nation sans exclusive, y compris parmi les éléments  de la bourgeoisie qui veulent  s’assumer  pour contribuer à  faire l’histoire au lieu de la subir. En œuvrant pour le développement du capitalisme  et sa transformation de l’intérieur en un capitalisme à visage humain,  respectueux des principes de l’Etat de droit et de la dignité humaine, on aura franchi un pas important vers la création  des conditions de son dépassement pour aller vers une vie   meilleure. Telle est la voie  du salut.



Mardi 23 Février 2021

Les émissions de L'ODJ TV | L'ODJ Room | Revue de presse | L'ODJ Podcasts | L'ODJ Lifestyle | Communiqué de presse | Sport | Breaking news | Quartier libre | Santé & Bien être | Culture & Loisir | Conso & Environnement | Recettes de cuisine | MOOC & Webinaire | Vidéo Replay | Digital & Tech | Musiczone | L'ODJ Média | Magazine | Small Business | Home sweet Home | Auto-moto | EduWhatsUp



Magazine créé avec Madmagz.






Avertissement : Les textes publiés sous l’appellation « Quartier libre » ou « Chroniqueurs invités » ou “Coup de cœur” ou "Communiqué de presse" doivent être conformes à toutes les exigences mentionnées ci-dessous.

1-L’objectif de l’ODJ est de d’offrir un espace d’expression libre aux internautes en général et des confrères invités (avec leurs accords) sur des sujets de leur choix, pourvu que les textes présentés soient conformes à la charte de l’ODJ.

2-Cet espace est modéré  par les membres de la rédaction de lodj.ma, qui conjointement assureront la publication des tribunes et leur conformité à la charte de l’ODJ

3-L’ensemble des écrits publiés dans cette rubrique relève de l’entière responsabilité de leur(s) auteur(s).la rédaction de lodj.ma ne saurait être tenue responsable du contenu de ces tribunes.

4-Nous n’accepterons pas de publier des propos ayant un contenu diffamatoire, menaçant, abusif, obscène, ou tout autre contenu qui pourrait transgresser la loi.

5-Tout propos raciste, sexiste, ou portant atteinte à quelqu’un à cause de sa religion, son origine, son genre ou son orientation sexuelle ne sera pas retenu pour publication et sera refusé.

Toute forme de plagiat est également à proscrire.

 

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html














L’ODJ : Invitation à collaboration & contribution


Chèr Monsieur, Chère Madame

Je suis le Web Master de L'ODJ Média,

j’ai le plaisir de superviser le nouveau média “L’ODJ” pour le groupe de presse Arrissala 
 

L’ODJ est un bouquet de publication en format presse numérique : (7)
 

Nous lire : Portail Web   & Magazine mensuel

Nous écouter : Web Radio   & Portail Radio   & APP Mobile

Nous voir : Web TV    & Portail vidéos replay   & Youtube

Nous suivre : Instagram   / FaceBook    / TiK To  K / Linkedin   / Twitter

 

“L’ODJ” c'est quoi ?: « L’opinion des jeunes » de 7 à 77 ans 

 

L’esprit : Faire revivre l’esprit de l’Opinion Des Jeunes, sans nostalgie aucune, ni c'était mieux avant,  mais bien pour la nouvelle génération connectée avide de plus de liberté responsable, de changement durable, d'horizon positif, d'avenir partagé, d'ouverture soutenue et de culture sans modération.
 

Le Bouquet L'ODJ n'est pas un simple canal d'actualités ou d'informations en continu, mais un bouquet multimédia et multi-canal pour du contenu à l’ordre du jour.

 

Contenu : À travers des articles, des podcasts, des vidéos, des émissions Web TV, notre couverture médiatique cible des thématiques qui intéressent la jeunesse marocaine (Bien être, Santé, Culture, Environnement, Digital, Economie, Politique, Sport, Lifestyle, Musiques  .....), sans pour autant être dans l'information éphémère ni soumis à la dictature de l'actualité immédiate.

 

Soit, une actualité durable qui ne suit d'autre ligne que la volonté d'éclairer et d'approfondir les enjeux d'un monde, devenu plus complexe et parfois difficilement compréhensible.
 

L’ouverture (liberté et responsabilité): Le challenge et la réussite du projet restent, avant tout, l’ouverture vers les internautes (propositions en ligne), des partenariats Win Win, et des chroniqueurs invités à travers essentiellement trois rubriques :
 

Quartier libre : https://www.lodj.ma/Quartier-libre_r4.html   
 

Chroniqueurs invités : https://www.lodj.ma/Chroniqueurs-invites_r20.html   
 

Coup de cœur : https://www.lodj.ma/Coup-de-coeur_r11.html  



Partager ce site