Dans un café de Rabat, un jeune entrepreneur du secteur numérique m’a confié récemment : « On sent qu’on n’est plus seulement un territoire d’assemblage, mais un marché stratégique. Chaque rencontre avec un investisseur étranger commence désormais par la question : “Comment s’implanter durablement ici ?” ». Ce sentiment, intuitif, se reflète dans les chiffres officiels des données rigoureusement vérifiées auprès de l’Office des changes et recoupées avec plusieurs sources fiables.
À fin novembre 2025, les recettes des IDE ont progressé de près de 25,9 %, pour atteindre 50,61 milliards de dirhams. Durant la même période, les dépenses liées aux investissements directs étrangers ont aussi augmenté, mais dans une moindre mesure (+38,5 %), à 23,95 milliards de dirhams. Ces données confirment que non seulement les capitaux affluent, mais qu’ils sont de plus en plus déployés dans l’économie productive du Royaume.
Une attractivité qui se construit pas à pas
Ce rebond est le reflet d’un Maroc qui, depuis plusieurs années, s’est engagé dans une stratégie d’intégration aux chaînes de valeur mondiales, en particulier dans l’industrie automobile, l’aéronautique, mais aussi l’énergie renouvelable et les services. Résultat : les flux nets d’IDE ont atteint plus de 25 milliards de dirhams à fin septembre, en hausse de 58 % par rapport à 2024.
Pour les décideurs, ces chiffres ne sont pas de simples résultats, mais une validation des réformes structurelles menées dans le pays : simplification du cadre réglementaire, facilitation administrative pour les investisseurs et renforcement du climat des affaires. Des avancées que confirment des acteurs internationaux rencontrés lors de forums économiques du Maroc à Dubaï qui soulignent l’amélioration sensible de la sécurité juridique et fiscale offerte aux opérateurs étrangers.
Une performance à nuancer
Cependant, un élément mérite une lecture attentive : les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) n’ont pas suivi la même trajectoire flamboyante. À fin novembre, leur flux net a progressé modestement de 1 % pour atteindre un peu plus de 6,09 milliards de dirhams, alors que les recettes issues de la cession de ces investissements ont chuté de 30 % et les dépenses de 22,4 %.
Cette évolution contraste avec la vigueur des IDE entrants. Elle suggère que, malgré une forte croissance intérieure, les entreprises marocaines restent plus prudentes à l’international, peut-être à cause de la volatilité des marchés ou d’une stratégie d’investissement plus ciblée.
Vers une consolidation de la croissance
Pour beaucoup d’analystes et je partage ce point de vue ces chiffres ne sont pas un simple coup d’éclat : ils sont le signe d’un repositionnement du Maroc comme plateforme régionale d’investissement, en particulier pour les capitaux européens, moyen-orientaux et africains. Avec une progression continue observée tout au long de 2025, le Royaume se rapproche de ses objectifs de développement durable et d’intégration dans les circuits de financement internationaux.
En fin de compte, ces résultats sont une invitation à l’optimisme pragmatique : le Maroc attire, mais il doit maintenant transformer cette attractivité en emplois de qualité, en innovation locale et en chaînes de production durables. Comme le répète souvent un chef d’entreprise marocain installé à Casablanca : « L’argent peut entrer facilement, mais le vrai défi est de le retenir ici, dans l’économie réelle. ».
Au regard des chiffres définitifs 2025 qui confirment un cap historique pour les IDE le Maroc semble bien engagé dans une trajectoire de croissance plus solide et plus intégrée, tout en restant fidèle à ses principes de stabilité, d’ouverture et de développement inclusif.












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