Livre blanc de L'A2I par Adnane Benchakroun à feuilleter sans modération ou à télécharger ci-dessous
Pourquoi j’ai écrit ce livre blanc
Tout est parti d’une question posée par une amie, consœur et membre de l’A2I Fawzia Talout Meknassi : « Comment définir aujourd’hui le journaliste face à l’émergence des influenceurs ? » *Voir ci-dessus sa reflexion et son article complet
Je pensais initialement travailler sur cette frontière devenue de plus en plus floue entre deux univers : celui du journaliste, avec ses méthodes, ses sources, ses règles et ses responsabilités, et celui de l’influenceur, construit autour de l’incarnation, de la communauté et de la puissance des réseaux sociaux.
Mais en creusant le sujet, je me suis aperçu que cette confrontation risquait déjà d’être dépassée.
Le véritable bouleversement est ailleurs.
Le smartphone a transformé chacun en producteur potentiel. Le scroll a changé notre rapport à l’attention. La vidéo courte a imposé de nouvelles narrations. Les plateformes ont remplacé une partie de la hiérarchie éditoriale par la recommandation algorithmique. Les influenceurs ont démontré qu’une nouvelle offre d’information, d’opinion, de proximité et de divertissement rencontrait une véritable demande.
Et maintenant arrive l’intelligence artificielle.
Elle peut chercher, résumer, traduire, écrire, illustrer, monter une vidéo, analyser des données et personnaliser un contenu. Demain, des agents IA pourront peut-être sélectionner directement l’information que chacun de nous recevra.
La question n’est alors plus seulement de savoir ce qui distingue un journaliste d’un influenceur.
Elle devient beaucoup plus vertigineuse : qui fabriquera notre représentation du monde en 2035 ?
J’ai écrit ce livre blanc parce que je crois précisément que la prospective doit commencer lorsque les transformations sont encore incertaines. Il ne s’agit pas de prédire l’avenir ni d’annoncer la disparition du journaliste ou de l’influenceur. Il s’agit d’explorer les ruptures possibles, d’en mesurer les conséquences et de nous préparer à plusieurs futurs.
C’est aussi profondément l’esprit de l’A2I : confronter l’intelligence humaine à l’intelligence artificielle, non pour demander à la seconde de penser à notre place, mais pour nous aider à pousser plus loin nos interrogations.
Car derrière le journaliste augmenté, le créateur augmenté, les plateformes et les futurs agents personnels apparaît finalement une question plus fondamentale encore : à qui ferons-nous confiance ?
Dans un monde où produire des milliards de contenus deviendra extraordinairement facile, l’information ne sera plus rare.
La preuve, la responsabilité, le jugement et la confiance, eux, le resteront.
C’est finalement pour cela que j’ai écrit ce livre blanc.
Je pensais initialement travailler sur cette frontière devenue de plus en plus floue entre deux univers : celui du journaliste, avec ses méthodes, ses sources, ses règles et ses responsabilités, et celui de l’influenceur, construit autour de l’incarnation, de la communauté et de la puissance des réseaux sociaux.
Mais en creusant le sujet, je me suis aperçu que cette confrontation risquait déjà d’être dépassée.
Le véritable bouleversement est ailleurs.
Le smartphone a transformé chacun en producteur potentiel. Le scroll a changé notre rapport à l’attention. La vidéo courte a imposé de nouvelles narrations. Les plateformes ont remplacé une partie de la hiérarchie éditoriale par la recommandation algorithmique. Les influenceurs ont démontré qu’une nouvelle offre d’information, d’opinion, de proximité et de divertissement rencontrait une véritable demande.
Et maintenant arrive l’intelligence artificielle.
Elle peut chercher, résumer, traduire, écrire, illustrer, monter une vidéo, analyser des données et personnaliser un contenu. Demain, des agents IA pourront peut-être sélectionner directement l’information que chacun de nous recevra.
La question n’est alors plus seulement de savoir ce qui distingue un journaliste d’un influenceur.
Elle devient beaucoup plus vertigineuse : qui fabriquera notre représentation du monde en 2035 ?
J’ai écrit ce livre blanc parce que je crois précisément que la prospective doit commencer lorsque les transformations sont encore incertaines. Il ne s’agit pas de prédire l’avenir ni d’annoncer la disparition du journaliste ou de l’influenceur. Il s’agit d’explorer les ruptures possibles, d’en mesurer les conséquences et de nous préparer à plusieurs futurs.
C’est aussi profondément l’esprit de l’A2I : confronter l’intelligence humaine à l’intelligence artificielle, non pour demander à la seconde de penser à notre place, mais pour nous aider à pousser plus loin nos interrogations.
Car derrière le journaliste augmenté, le créateur augmenté, les plateformes et les futurs agents personnels apparaît finalement une question plus fondamentale encore : à qui ferons-nous confiance ?
Dans un monde où produire des milliards de contenus deviendra extraordinairement facile, l’information ne sera plus rare.
La preuve, la responsabilité, le jugement et la confiance, eux, le resteront.
C’est finalement pour cela que j’ai écrit ce livre blanc.
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Débat - Podcast : les chroniqueurs de la Web Radio R212 débattent des idées contenues dans ce livre à travers ses questions :
Comment l'IA redéfinira-t-elle le rôle du journaliste d'ici 2035 ?
Pourquoi la confiance deviendra-t-elle la ressource la plus rare demain ?
Quels sont les scénarios futurs pour l'écosystème de l'information ?
Pourquoi la confiance deviendra-t-elle la ressource la plus rare demain ?
Quels sont les scénarios futurs pour l'écosystème de l'information ?
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Fawzia Talout Meknassi : Journaliste, influenceur, IA : qui fabrique l’opinion ?
Je commence ce papier par cette réflexion posée par notre ami Adnane Benchekroun :
Cette interrogation n’appartient plus à la science fiction. Nous vivons précisément cette courte période où l’ancien système fonctionne encore tandis que le nouveau devient visible. Le journal existe. Le journaliste existe. L’influenceur existe. Les réseaux sociaux dominent une partie croissante de nos usages. Et l’intelligence artificielle commence à s’interposer entre la source et le citoyen.
C’est donc maintenant qu’il faut observer cette convergence, et non en 2035, lorsqu’elle sera devenue notre quotidien. C’est aussi l’ADN de l’A2I : ne pas prétendre prédire l’avenir, mais utiliser la coopération entre intelligence humaine et intelligence artificielle pour identifier des ruptures, construire des hypothèses, pousser certains scénarios jusqu’à leurs conséquences et poser suffisamment tôt les questions que nous risquons de nous poser trop tard.
A l’origine de cet échange, il y a eu une question : « Comment définir aujourd’hui le journaliste face à l’émergence des influenceurs ? ».
Répondre à cette question nous conduit finalement beaucoup plus loin : « Après les journalistes, après les influenceurs, qui fabriquera l’information et nos opinions en 2035 ? »
Le journaliste et l’influenceur : deux figures d’autorité
Le journaliste s’appuie sur une formation, une déontologie, une méthodologie : recherche, vérification, hiérarchisation, inscription dans des genres journalistiques. L’influenceur, lui, s’appuie sur la proximité avec sa communauté, l’immédiateté et la personnalisation du message.
Le point de friction est clair : l’autorité de l’information. Crédibilité contre popularité. Mais derrière cette opposition se cache une vérité plus subtile : le journaliste, malgré son image de neutralité, influence déjà par ses choix, ses angles, ses interprétations.
L’IA et les réseaux sociaux : un tandem incontournable
L’IA n’est pas un journaliste. Elle ne ressent ni émotions ni principes. Mais elle devient un outil de traitement : elle filtre, hiérarchise, traduit, personnalise. Les réseaux sociaux, eux, sont le vecteur de diffusion : qu’il s’agisse d’écrit, d’audio ou de visuel, tout contenu finit par y circuler.
En réalité, IA et réseaux sociaux vont de pair : l’une façonne la matière première, les autres la propagent. Le journaliste doit apprendre à les utiliser à bon escient, comme jadis il apprenait à manier l’imprimerie, la radio ou la télévision.
Le journaliste, influenceur intellectuel
Si le traitement d’une information est régi par les fameuses qui, quoi, quand et où, le diable se cache dans le pourquoi et le comment. Le journaliste n’est pas un avatar neutre : il est un humain avec des émotions, un bagage culturel, des croyances et des principes. Sa vision du monde définit sa manière de traiter l’information.
En fait, depuis toujours, le journaliste est un influenceur, mais un influenceur plus intellectuel, avec à la base une information vérifiée et des sources fiables. La différence entre le journaliste influenceur et l’influenceur opportuniste réside dans la qualité du traitement de l’information. Certes, le SEO impose aujourd’hui des contraintes nouvelles, différentes de celles du secrétaire de rédaction ou du chef d’édition d’hier. Mais le bon journaliste restera celui qui saura utiliser ces outils sans perdre de vue l’essentiel.
Le genre journalistique en mutation
Les réseaux sociaux ont raccourci le temps de transmission de l’information. Attendre son journal du matin pour lire une nouvelle de la veille n’est plus possible. Se placer devant son écran de télévision pour le journal de 20 h relève d’un rituel qui, à l’exception de nos chaînes nationales, ne correspond plus à la temporalité de nos usages. Car sur nos smartphones, en direct, nous avons déjà suivi l’événement.
Le journaliste ne pourra plus échapper à cette accélération. Mais cela ne signifie pas que les autres médias vont disparaître. Ils vont changer de fonction. Le quotidien imprimé, la télévision ou la radio deviendront davantage des espaces de débat, d’analyse de fond, de mise en perspective. Ils offriront des synthèses, des « best of » de l’information brute qui circule en continu, et permettront de prendre du recul sur le flux permanent.
Ainsi, le rôle du journaliste se déplace : il n’est plus seulement celui qui annonce, mais celui qui explique, contextualise et hiérarchise. Dans un monde saturé de notifications, il devient le garant d’une lecture intelligible du réel, un influenceur intellectuel qui conserve son rôle irremplaçable s’il sait préserver la confiance. Non pas en dépit des influenceurs et de l’IA, mais au cœur de cette nouvelle convergence.
Car lorsque produire, reproduire, traduire, personnaliser et distribuer de l’information ne coûtera presque plus rien, la véritable ressource rare, et là je confirme ce qui est annoncé par le préambule de Adnane Benchekroune, ne sera plus l’information. Ce sera la confiance.
Et c’est précisément cette confiance, fondée sur la rigueur, la crédibilité et l’éthique, qui distinguera le journaliste des autres acteurs de l’écosystème informationnel.
« En 2035, faudra t il encore se demander qui, du journaliste ou de l’influenceur, aura gagné ? Ou faudra t il plutôt poser une autre question : qui aura le pouvoir de décider de l’information qui parvient jusqu’à nous ? »
Cette interrogation n’appartient plus à la science fiction. Nous vivons précisément cette courte période où l’ancien système fonctionne encore tandis que le nouveau devient visible. Le journal existe. Le journaliste existe. L’influenceur existe. Les réseaux sociaux dominent une partie croissante de nos usages. Et l’intelligence artificielle commence à s’interposer entre la source et le citoyen.
C’est donc maintenant qu’il faut observer cette convergence, et non en 2035, lorsqu’elle sera devenue notre quotidien. C’est aussi l’ADN de l’A2I : ne pas prétendre prédire l’avenir, mais utiliser la coopération entre intelligence humaine et intelligence artificielle pour identifier des ruptures, construire des hypothèses, pousser certains scénarios jusqu’à leurs conséquences et poser suffisamment tôt les questions que nous risquons de nous poser trop tard.
A l’origine de cet échange, il y a eu une question : « Comment définir aujourd’hui le journaliste face à l’émergence des influenceurs ? ».
Répondre à cette question nous conduit finalement beaucoup plus loin : « Après les journalistes, après les influenceurs, qui fabriquera l’information et nos opinions en 2035 ? »
Le journaliste et l’influenceur : deux figures d’autorité
Le journaliste s’appuie sur une formation, une déontologie, une méthodologie : recherche, vérification, hiérarchisation, inscription dans des genres journalistiques. L’influenceur, lui, s’appuie sur la proximité avec sa communauté, l’immédiateté et la personnalisation du message.
Le point de friction est clair : l’autorité de l’information. Crédibilité contre popularité. Mais derrière cette opposition se cache une vérité plus subtile : le journaliste, malgré son image de neutralité, influence déjà par ses choix, ses angles, ses interprétations.
L’IA et les réseaux sociaux : un tandem incontournable
L’IA n’est pas un journaliste. Elle ne ressent ni émotions ni principes. Mais elle devient un outil de traitement : elle filtre, hiérarchise, traduit, personnalise. Les réseaux sociaux, eux, sont le vecteur de diffusion : qu’il s’agisse d’écrit, d’audio ou de visuel, tout contenu finit par y circuler.
En réalité, IA et réseaux sociaux vont de pair : l’une façonne la matière première, les autres la propagent. Le journaliste doit apprendre à les utiliser à bon escient, comme jadis il apprenait à manier l’imprimerie, la radio ou la télévision.
Le journaliste, influenceur intellectuel
Si le traitement d’une information est régi par les fameuses qui, quoi, quand et où, le diable se cache dans le pourquoi et le comment. Le journaliste n’est pas un avatar neutre : il est un humain avec des émotions, un bagage culturel, des croyances et des principes. Sa vision du monde définit sa manière de traiter l’information.
En fait, depuis toujours, le journaliste est un influenceur, mais un influenceur plus intellectuel, avec à la base une information vérifiée et des sources fiables. La différence entre le journaliste influenceur et l’influenceur opportuniste réside dans la qualité du traitement de l’information. Certes, le SEO impose aujourd’hui des contraintes nouvelles, différentes de celles du secrétaire de rédaction ou du chef d’édition d’hier. Mais le bon journaliste restera celui qui saura utiliser ces outils sans perdre de vue l’essentiel.
Le genre journalistique en mutation
Les réseaux sociaux ont raccourci le temps de transmission de l’information. Attendre son journal du matin pour lire une nouvelle de la veille n’est plus possible. Se placer devant son écran de télévision pour le journal de 20 h relève d’un rituel qui, à l’exception de nos chaînes nationales, ne correspond plus à la temporalité de nos usages. Car sur nos smartphones, en direct, nous avons déjà suivi l’événement.
Le journaliste ne pourra plus échapper à cette accélération. Mais cela ne signifie pas que les autres médias vont disparaître. Ils vont changer de fonction. Le quotidien imprimé, la télévision ou la radio deviendront davantage des espaces de débat, d’analyse de fond, de mise en perspective. Ils offriront des synthèses, des « best of » de l’information brute qui circule en continu, et permettront de prendre du recul sur le flux permanent.
Ainsi, le rôle du journaliste se déplace : il n’est plus seulement celui qui annonce, mais celui qui explique, contextualise et hiérarchise. Dans un monde saturé de notifications, il devient le garant d’une lecture intelligible du réel, un influenceur intellectuel qui conserve son rôle irremplaçable s’il sait préserver la confiance. Non pas en dépit des influenceurs et de l’IA, mais au cœur de cette nouvelle convergence.
Car lorsque produire, reproduire, traduire, personnaliser et distribuer de l’information ne coûtera presque plus rien, la véritable ressource rare, et là je confirme ce qui est annoncé par le préambule de Adnane Benchekroune, ne sera plus l’information. Ce sera la confiance.
Et c’est précisément cette confiance, fondée sur la rigueur, la crédibilité et l’éthique, qui distinguera le journaliste des autres acteurs de l’écosystème informationnel.
About A2I
A2I est un cercle de réflexion, un laboratoire d’expérimentation, un espace de prospective virtuels à but non lucratif pour une expérience grandeur nature de coopération entre intelligence humaine et intelligence artificielle. Blog friendly hébergé chez :
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