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Quand la Baraka marocaine fait taire les grigris, les mauvaises ondes… et les prophètes de la défaite


Baraka marocaine contre les grigris sénégalais, les mauvaises ondes algériennes et les prophètes de la défaite égyptiens



Il faut bien l'avouer : le football marocain ne se joue jamais uniquement sur la pelouse.

Il se joue aussi sur WhatsApp.
Sur Facebook.
Sur TikTok.
Dans les cafés.
Chez les voyantes autoproclamées.
Dans les commentaires anonymes.

Et parfois même dans les vidéos où l'on nous explique, avec un sérieux scientifique absolument remarquable, que le sort du match dépend d'un œuf cassé, d'un cadenas enterré ou d'une bougie allumée à minuit.

À chaque grande compétition, les mêmes scénarios reviennent.

Du côté de certains voisins ou rivaux sportifs (L'Algérie, le Sénégal et l'Égypte) , les réseaux sociaux se remplissent de vidéos mystérieuses. On y parle de grigris, de talismans, de marabouts, de mauvais œil, de malédictions et d'autres recettes censées faire perdre les Lions de l'Atlas avant même le coup d'envoi.

Pendant ce temps-là, au Maroc, on fait beaucoup plus simple. On dit : « Bismillah ».
Et on joue.

Puis viennent les experts autoproclamés de la défaite.
Avant le match contre les Pays-Bas, ils étaient nombreux.
Le Maroc allait souffrir.
Le Maroc allait rentrer.
Le Maroc avait atteint ses limites.
Le Maroc allait enfin retrouver "sa vraie place".

Ils étaient tellement sûrs d'eux que certains avaient presque déjà écrit les articles d'après-match.

Ils ont juste oublié un détail. Les Lions, eux, n'avaient pas lu leurs commentaires.
Pendant cent vingt minutes, les Marocains ont répondu de la plus belle des manières : avec du football.

Soixante-dix pour cent de possession.
Plus de sept cents passes.
Une maîtrise technique qui aurait autrefois été attribuée aux grandes écoles européennes.

Et surtout cette incroyable capacité à ne jamais abandonner.
Même menés.
Même sous pression.
Même arrivés aux tirs au but, là où les jambes deviennent lourdes et où les cœurs battent plus vite que les tambours des supporters.

Puis est arrivé Bounou.
Puis Saibari.
Et le reste appartient déjà aux souvenirs.

Ce qui est fascinant, c'est cette obsession que le Maroc suscite désormais.

Autrefois, on parlait du Brésil.
De l'Allemagne.
De l'Italie.

Aujourd'hui, certains passent plus de temps à espérer la défaite du Maroc qu'à encourager leur propre équipe. Finalement, c'est peut-être le plus beau compliment.

On ne mobilise pas autant d'énergie contre une équipe insignifiante.
On ne fabrique pas autant de scénarios contre un adversaire qui ne dérange personne.

Le Maroc dérange.
Parce qu'il gagne.
Parce qu'il progresse.
Parce qu'il ne s'excuse plus d'être ambitieux.

Alors chacun y va de son explication.

Pour les uns, ce serait une histoire de chance.
Pour d'autres, un concours de circonstances.
Pour d'autres encore, un hasard statistique.

Les Marocains, eux, connaissent une autre explication : Ils appellent cela la Baraka.

Mais attention. La baraka marocaine n'est pas un miracle tombé du ciel.

Elle se construit.
Elle commence dans les centres de formation.
Elle grandit dans les familles.
Elle voyage avec les joueurs de la diaspora.
Elle s'entretient par le travail, la discipline, la patience et cette incroyable résilience qui caractérise souvent les Lions de l'Atlas.

La baraka, au fond, c'est peut-être le nom populaire que nous donnons à ce mélange de préparation, de confiance et d'espérance.

C'est cette petite part d'inexplicable qui récompense parfois ceux qui ont tout fait pour mériter leur réussite.

Alors oui, chacun est libre de croire aux grigris, aux mauvais présages, aux commentaires toxiques ou aux prophéties de comptoir.Les Marocains, eux, continueront probablement à préférer une autre recette.

Une prière discrète.
Un drapeau rouge.
Des milliers de voix qui chantent.
Des joueurs qui se battent jusqu'à la dernière seconde.

Et cette conviction tranquille que, lorsque le travail rencontre la foi, les mauvaises ondes finissent souvent par perdre... aux tirs au but.

Samedi, les Lions retrouveront le Canada à Houston.

Les grigris reviendront peut-être.
Les prophètes de malheur aussi.

Mais une chose est désormais certaine : il faudra compter avec une équipe qui ne gagne plus seulement des matchs.

Elle gagne le respect.



Mardi 30 Juin 2026


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