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Ras-le-bol




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Ras-le-bol
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Si, à partir de 21 heures, les rues des villes marocaines sont presque désertes, suite à l’entrée en vigueur des mesures restrictives annoncées lundi dernier par le gouvernement, c’est là une conduite sage et disciplinée des Marocains qu’il importe de saluer. Hélas, cette conscience collective prend fin à 6 heures du matin, surtout dans les grandes villes !

À Casablanca, épicentre marocain de l’épidémie du Covid-19, les autorités publiques réussissent certes à faire respecter les règles de protection recommandées dans quelques rares quartiers. Mais dans la plupart des autres, et notamment ceux dits populaires, l’échec est patent, tant la notion même de distanciation sociale y reste abstraite.

Le fameux marché «Korea», un des centres névralgiques du commerce de la métropole, est le théâtre d’un laisseraller qui n’augure rien de bon. Femmes et hommes font leurs courses dans une ambiance de forte promiscuité, sans se soucier de la situation épidémiologique alarmante. À «Garage Allal» ou encore à «Derb Ghallef», également poumon commercial de la ville blanche, les attroupements irresponsables donnent l’impression que la crise sanitaire est derrière nous… Des petits couloirs bondés de passants qui se bousculent pour se frayer un chemin, des embrassades entre amis et des masques portés sur les mentons, telle l’image dominante dans ces lieux de non-droit sanitaire.

Ce non-respect des mesures sanitaires met en évidence, une fois de plus, les difficultés du gouvernement à gérer cette crise inédite, du fait qu’il s’est contenté d’édicter un certain nombre de règles de bons sens dont l’application et le respect demeurent malheureusement facultatifs. A cela s’ajoute l’incohérence entre les différentes mesures. Un exemple des plus évidents: l’Exécutif a donné un nouveau coup de massue aux restaurants en les autorisant à prendre seulement les commandes à emporter et la livraison, or, les cafés, qui, habituellement, connaissent un afflux de clients plus important et dont une bonne partie sert à manger, sont toujours ouverts. Il ne faut donc pas s’étonner de voir certains restaurateurs dans les anciens quartiers de Casablanca profiter de cette hésitation et de ces contradictions pour lever leurs rideaux, en totale violation des mesures en vigueur, tout en exprimant leur «ras-le-bol» des décisions absurdes et illogiques !

Rédigé par Saâd JAFRI le Dimanche 27 Décembre 2020 surhttps://www.lopinion.ma






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