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Sahara : 50 ans après la proclamation de la RASD, un dossier toujours en discussion


Par Bargach Larbi.

Le 27 février 1976, il y a 50 ans pile, le Polisario se proclamait RASD en terre algérienne. On sait aujourd'hui que c'est Kadhafi qui est à l'origine de cette décision et que le Président Boumédiène a été mis devant le fait accompli.

Cette information figure dans l'autobiographie officielle du Commandant Jelloud, numéro 2 du régime libyen et compagnon de la première heure du président défunt.



Cette décision était contraire à la position officielle algérienne et à sa position de principe relative à l'autodétermination du "Peuple Sahraoui".

En effet, aucune consultation n'a précédé cette déclaration unilatérale et aucun territoire n'était lié à cette république fantoche.

Au départ, seuls quelques milliers de réfugiés sahraouis, originaires de Sakia El Hamra et Oued Eddahab, formaient les effectifs de cette république.

Le reste était constitué de mercenaires du Sahara algérien, de Mauritanie, des pays du Sahel qui avaient fui la terrible et meurtrière sécheresse de 1973, et d'opposants marocains.

Les moyens de l’époque ne pouvaient pas déplacer en trois mois plus de 4 à 5 000 familles dans le désert sur 450 km ou plus.

Des déplacements que bizarrement aucun satellite, pourtant nombreux, n'a jamais enregistrés.

Cette "République" a très vite disposé de moyens illimités, fournis généreusement par Alger, Tripoli et d'autres pays du camp de l'Est. On se souvient tous du soi-disant "ministre des Affaires étrangères sahraoui" fumant des cigares que seul Fidel Castro et Bouteflika fumaient.

Des ambassades étaient ouvertes partout dans le tiers-monde. Il faut noter toutefois qu'aucun pays riche ou influent, y compris dans le camp de l'URSS, n'a franchi ce pas absurde. Il y va de leur crédibilité.

Le Maroc s'est très vite senti isolé et victime :

Après la colonisation injuste qu'il a subie sur la question des territoires, il s'est retrouvé de nouveau victime d'une coalition clanique basée sur du populisme et des slogans que le temps finira par tarir.

Il a fallu pratiquement cinquante ans pour qu'enfin le Polisario déclare officiellement, par la voix de son Secrétaire général, qu'il ne peut décider à la place du peuple sahraoui.

Cette prise de conscience n'a rien d'anodin ; elle est plutôt stratégique et vise à remettre sur la table un accord obsolète de 1991, qui a connu une belle mort en 2003, lorsque l'ensemble des parties ont convenu qu'il était impossible de se mettre d'accord sur une liste électorale.

M. Ghali oublie qu'en juin 1981 l'Algérie s'est opposée au Maroc et a voté contre le référendum, lorsque Feu Hassan II a proposé un référendum d'autodétermination au sommet de l'OUA, une décision saluée par l'ensemble des chefs d'État, dont l'ancien président du Mozambique, un des plus acharnés opposants du Royaume.

Le défunt Roi avait alors logiquement proposé la dissolution de la RASD.

Même le FLN, mouvement d'indépendance algérien, ne s'est jamais constitué en République ; il a au plus constitué un Gouvernement provisoire, le GPRA.

On saura dans les heures qui viennent ce que prévoit le Polisario pour commémorer cet anniversaire, une fête qui ressemble à s'y méprendre aux mariages clandestins entre amants mariés par ailleurs.

Ils sont engagés, par la force de la pression des Usa, dans une autre démarche, celle du juste milieu, qui représente, en réalité, une concession de taille du Royaume du Maroc : celle d’une autonomie généreuse et humaine.

Il s’agit de libérer des familles entières enfermées dans des camps près de Tindouf et qui, en cinquante ans, n’ont jamais pu accéder au statut de « réfugiés ». Une question de recensement qu'Alger refuse systématiquement malgré les résolutions onusiennes. 

​Il n’est pas question de célébrer cette date, dont la nuisance a concerné, outre les populations sahraouies privées de leur habitat traditionnel, mais aussi les peuples de la région, privés d’une prospérité partagée et d’un avenir commun.

Il s’agit plutôt de redire ce que tout le monde sait et ce que tout le monde doit faire savoir.

1. Le « Peuple Sahraoui », un terme utilisé à tort et à travers, n’existe pas.

C’est un concept créé par l’Espagne en 1966 lorsqu’elle a voulu annexer des terres historiquement, géographiquement et humainement marocaines et rattachées aux Sultans du Maroc par des liens d’allégeance, reconnus par le droit international et la Cour Internationale de Justice.

2. C’est, en plus d’être un concept, une rhétorique efficace que les médias associent automatiquement aux populations du Sahara marocain.

Dès que vous dites « Peuple Sahraoui », votre interlocuteur pense immédiatement aux Sahraouis de cette région du Sud du Maroc.

Le Sahara, c’est 8 millions de km² ; c’est une propagande, très bien relayée par les médias internationaux, qui a écarté tous les autres habitants du Sahara de la notion de peuple.

C’est une des plus grandes arnaques de l’histoire des mots, qui s’est imposée dans le langage courant. Il nous faut, en tant que Marocains, la déconstruire.

3. Que la partie n’est pas terminée et que la vigilance s’impose.

Marocains et Algériens se trompent s’ils se considèrent gagnants, quels que soient les résultats des négociations, dans ce combat existentiel. Le Maroc n’est pas encore une puissance, loin s'en faut, malgré des progrès spectaculaires enregistrés depuis une trentaine d’années sur le plan de la gouvernance.

Il dépend de son environnement et de ses relations avec un monde occidental fissuré. Il est sur la bonne voie, mais des écueils peuvent surgir à tout moment.

L’Algérie non plus ne doit pas se tromper et penser que la stratégie d’enlisement peut donner ses fruits. Ceux qui, au sein du pouvoir algérien, pensent qu’il faut courber l’échine et attendre le départ du Président Trump font une mauvaise lecture de la géopolitique et analysent mal la dynamique de la question.

Les acquis obtenus par le Maroc éloignent toutes les options alternatives à la proposition d’autonomie. Personne ne peut imaginer qu’un jour une coalition viendra sortir le Maroc de ses terres.

Les anniversaires de mariage n’ont pas le même poids que les anniversaires de naissance. Celui qui a uni l’Algérie au Polisario est un échec parce qu’il a entravé le développement de toute la région.

L’heure est au pragmatisme. Maroc et Algérie, les vrais protagonistes de ce dossier, ont certainement retenu les enseignements du « Chêne et du Roseau » du poète français Jean de La Fontaine. Ils sont plus que jamais d’actualité.

Par Bargach Larbi.



Samedi 28 Février 2026

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