Du séparatisme au “proxy” : un changement de nature
Les auditions récentes au Congrès ont mis en lumière des éléments troublants : transferts de drones, circulation d’armes à travers les routes sahariennes, porosité croissante avec des groupes armés opérant au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Plus déterminant encore, le rôle attribué au Hezbollah libanais marque un seuil critique.
L’encadrement militaire, la formation aux tactiques de guerre asymétrique et aux techniques de tunnels signalent une mutation doctrinale.
Ce n’est plus une logique de pression politique, mais une logique d’enracinement militaire durable, calquée sur des modèles déjà éprouvés par l’Iran.
Le Maroc, sentinelle précoce d’un risque global
Rabat avait identifié très tôt la tentative iranienne de créer une tête de pont sur la façade atlantique africaine, via une coordination directe entre réseaux diplomatiques iraniens et cadres du Hezbollah, avec des livraisons d’armes sophistiquées au Polisario.
Cette anticipation marocaine n’était pas seulement défensive. Elle reposait sur une compréhension fine d’un risque plus large : voir le Sahara devenir un espace de convergence entre séparatisme armé, idéologie radicale et criminalité transfrontalière — le cocktail le plus déstabilisateur pour une région déjà fragilisée.
La bataille silencieuse du religieux
Dans les camps de Tindouf comme dans certaines poches sahéliennes, l’endoctrinement accompagne l’entraînement, selon un schéma désormais bien connu.
Cette dimension est centrale : elle inscrit le dossier saharien dans une logique de sécurité globale, où la stabilité religieuse devient un enjeu stratégique au même titre que le contrôle territorial.
Le Congrès face à une décision structurante
Surtout, elle placerait ses parrains devant leurs responsabilités. L’Algérie se retrouverait alors sous une pression inédite.
Continuer à soutenir un acteur classé terroriste exposerait Alger à des conséquences juridiques et diplomatiques lourdes, dans un contexte international où la tolérance à l’ambiguïté stratégique se réduit rapidement.
Autonomie ou chaos : le retour du choix politique
En requalifiant le conflit comme une confrontation avec un proxy iranien, Washington disposerait d’un cadre clair pour soutenir une solution qui combine souveraineté, stabilité et gouvernance locale.
La transformation du Polisario en une version sahélienne des Houthis constitue désormais une ligne rouge stratégique.
Car laisser ce scénario prospérer reviendrait à accepter l’émergence d’un nouveau foyer de déstabilisation incontrôlable aux portes de l’Europe et sur les routes atlantiques.
À ce stade, le statu quo n’est plus une option neutre. Il devient un risque. Et dans ce nouveau paysage, la souveraineté marocaine sur son Sahara, adossée à une autonomie crédible, apparaît de plus en plus comme un choix de stabilité face à l’alternative d’un chaos importé.
Par Said Temsamani












L'accueil




Gestion de l’eau : la démonstration tranquille d’un État qui anticipe










