L'ODJ Média

lodj






Start-ups africaines, Maroc et Wald Maâlam

De la levée de fonds à la création de valeur.


Par Dr Az-Eddine Bennani.

Le financement des start-ups africaines atteint 3,2 milliards de dollars en 2025, soit son niveau le plus élevé depuis trois ans. Ce chiffre confirme une dynamique réelle. Mais cette croissance reste profondément déséquilibrée.

L’Égypte, le Kenya, l’Afrique du Sud et le Nigeria captent 82 % des financements, alors qu’ils ne représentent qu’environ 40 % du PIB du continent. Cette concentration traduit des écosystèmes plus matures, mais aussi une difficulté persistante pour les autres pays à accéder aux flux d’investissement.

Cette asymétrie est toutefois moins marquée pour les levées de petite et moyenne taille. Entre 100 000 et 1 million de dollars, les « Big Four » ne représentent plus que 56 % des opérations. Cela signifie qu’une autre Afrique de l’innovation existe, plus diffuse, mais encore fragile.



Le Maroc s’inscrit précisément dans cette zone intermédiaire.

Avec 58 millions de dollars levés en 2025, le pays recule à la 7e place, contre 70 millions et une 5e place en 2024. Mais ce chiffre, pris isolément, ne dit pas l’essentiel. 58 millions de dollars, c’est environ 550 millions de dirhams.

C’est, à titre d’exemple, l’équivalent d’un programme immobilier de 200 à 300 logements à Casablanca ou Rabat, ou d’un hôtel de taille moyenne.

Autrement dit, toute une année de financement des start-ups marocaines équivaut à un seul projet immobilier structurant. Wald Maâlam commence toujours par là : remettre les chiffres à l’échelle du réel. Il ne regarde pas les montants levés.

Il regarde ce que ces montants construisent. Et sa première conclusion est simple : le problème du Maroc n’est pas seulement un manque de financement, c’est un problème de structuration.

Car dans un atelier, on n’accumule pas les outils pour les regarder. On les organise pour produire. Aujourd’hui, une partie du financement des start-ups fonctionne comme une juxtaposition d’initiatives. Des projets se créent, lèvent, disparaissent parfois, sans laisser de trace structurante.

Wald Maâlam refuse cette logique.

Pour lui, chaque dirham doit laisser une empreinte. Il ne pense pas en termes de start-ups isolées, mais en termes d’écosystèmes.

Dans sa logique, 58 millions de dollars ne doivent pas financer 50 projets dispersés, mais structurer des chaînes de valeur complètes. Il raisonne comme dans un atelier de médina : on ne crée pas un métier sans former l’artisan, sans organiser l’approvisionnement, sans penser le client, sans transmettre le savoir. Appliqué à l’innovation, cela change tout.

Wald Maâlam proposerait cinq leviers concrets pour transformer ce manque en avantage.

Le premier levier est la concentration stratégique sur des secteurs à fort impact : santé, agriculture, éducation, services publics.

Le deuxième levier est l’infrastructure partagée. Aucune start-up ne peut, seule, financer des capacités de calcul ou des plateformes de données.

Le troisième levier est l’ancrage territorial, pour rapprocher l’innovation des besoins réels.

Le quatrième levier est la formation par la pratique, fondée sur des projets concrets.

Le cinquième levier est la frugalité : faire mieux avec moins. Dans cette approche, la faiblesse apparente devient une force. 58 millions de dollars peuvent rester un indicateur de retard ou devenir le point de départ d’un modèle différent.

Un modèle où la performance se mesure en impact réel, en création de valeur locale et en souveraineté numérique.

Wald Maâlam ne cherche pas à rattraper les autres. Il cherche à construire autrement. Et c’est peut-être là que se trouve, pour le Maroc, le véritable avantage stratégique.

Par Dr Az-Eddine Bennani.



Lundi 2 Mars 2026


Billet | Chroniqueurs invités | Experts invités | Quartier libre | Chroniques Vidéo | Replay vidéo & podcast outdoor | Podcast Agora


Bannière Réseaux Sociaux


Bannière Lodj DJ

Avertissement : Les textes publiés sous l’appellation « Quartier libre » ou « Chroniqueurs invités » ou “Coup de cœur” ou "Communiqué de presse" doivent être conformes à toutes les exigences mentionnées ci-dessous.

1-L’objectif de l’ODJ est de d’offrir un espace d’expression libre aux internautes en général et des confrères invités (avec leurs accords) sur des sujets de leur choix, pourvu que les textes présentés soient conformes à la charte de l’ODJ.

2-Cet espace est modéré  par les membres de la rédaction de lodj.ma, qui conjointement assureront la publication des tribunes et leur conformité à la charte de l’ODJ

3-L’ensemble des écrits publiés dans cette rubrique relève de l’entière responsabilité de leur(s) auteur(s).la rédaction de lodj.ma ne saurait être tenue responsable du contenu de ces tribunes.

4-Nous n’accepterons pas de publier des propos ayant un contenu diffamatoire, menaçant, abusif, obscène, ou tout autre contenu qui pourrait transgresser la loi.

5-Tout propos raciste, sexiste, ou portant atteinte à quelqu’un à cause de sa religion, son origine, son genre ou son orientation sexuelle ne sera pas retenu pour publication et sera refusé.

Toute forme de plagiat est également à proscrire.

 







LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html

















Vos contributions
LODJ Vidéo