L'ODJ Média

lodj





Tourisme : ce milliard d’euros marocain qui traverse le Détroit

En 2025, les Marocains ont dépensé plus d’un milliard d’euros en Espagne. Un record qui interroge la compétitivité du tourisme interne.


Rédigé par le Vendredi 24 Juillet 2026

Plus d’un milliard d’euros en une seule année. En 2025, les voyageurs résidant au Maroc ont dépensé 1,084 milliard d’euros en Espagne, soit une progression de 16,7 % par rapport à 2024. Une hausse très supérieure à celle de l’ensemble des dépenses touristiques internationales en Espagne, qui ont augmenté de 6,8 % pour atteindre 134,7 milliards d’euros.



Rapportée à la monnaie nationale, cette somme représente près de 12 milliards de dirhams partis alimenter les hôtels, restaurants, commerces, transports et activités de loisirs espagnols. Le constat peut déranger, mais il mérite mieux qu’un procès en patriotisme intenté aux vacanciers marocains.

Les résidents ne quittent pas le Maroc parce qu’ils n’aiment pas leur pays. Ils effectuent un arbitrage économique entre plusieurs destinations accessibles. Et, de plus en plus souvent, l’Espagne leur apparaît comme l’option la plus prévisible.

Le prix ne suffit plus à expliquer le choix

À Malaga, Marbella, Alicante ou Benidorm, une famille marocaine peut parfois obtenir, pour un budget comparable à celui exigé à Marrakech, Agadir ou dans certaines destinations du Nord, une prestation jugée plus complète.

La différence ne réside pas uniquement dans le tarif affiché. Elle tient à ce que le client reçoit réellement en échange : qualité standardisée, réservation transparente, propreté, respect des horaires, disponibilité des services et limitation des mauvaises surprises.

Le voyageur marocain est devenu un consommateur informé. Il consulte les plateformes, compare les prix, lit les commentaires et calcule le coût global de ses vacances. Il ne compare plus seulement deux chambres d’hôtel, mais deux expériences complètes.

En 2025, la dépense moyenne des visiteurs marocains en Espagne aurait atteint environ 1 193 euros par séjour. L’Andalousie aurait concentré près de la moitié de leurs déplacements, devant Madrid et la Catalogne.

L’Espagne vend un écosystème

La principale force espagnole se trouve peut-être hors des hôtels. Promenades aménagées, centres-villes animés, transports publics, parcs de loisirs, commerces accessibles, plages équipées et espaces piétonniers composent un environnement dans lequel les familles peuvent organiser facilement leurs journées.

Le tourisme contemporain ne se résume plus à une chambre, une piscine et un petit-déjeuner. Il repose sur la fluidité de l’ensemble du séjour.

Or, au Maroc, le vacancier doit encore trop souvent composer avec les difficultés de stationnement, l’insuffisance des transports locaux, le manque d’animations familiales, des espaces publics inégalement entretenus ou certaines sollicitations commerciales insistantes.

Individuellement, chacun de ces désagréments paraît secondaire. Leur accumulation finit pourtant par dégrader la valeur perçue de la destination.

Un client national longtemps considéré comme secondaire

Le Maroc a accueilli un nombre record de visiteurs étrangers ces dernières années. Mais attirer les touristes internationaux et fidéliser les résidents relèvent de deux stratégies différentes.

Pendant longtemps, le tourisme interne a été traité comme une clientèle d’appoint, utile pour remplir les établissements en basse saison. En période de forte demande, les tarifs augmentent, les promotions disparaissent et le résident se retrouve en concurrence avec une clientèle internationale disposant souvent d’un pouvoir d’achat supérieur.

Cette logique devient économiquement risquée. La classe moyenne et aisée marocaine voyage davantage, recherche des loisirs pour les enfants, consomme dans les restaurants et les commerces, et peut revenir plusieurs fois dans l’année. Elle constitue donc un marché stratégique, et non une simple variable d’ajustement.

Il ne s’agit évidemment pas de demander aux Marocains de renoncer aux voyages à l’étranger. La liberté de voyager, de découvrir et de comparer doit être préservée.

L’enjeu consiste plutôt à reconquérir une partie de cette demande par la compétitivité : forfaits familiaux transparents, contrôle du rapport qualité-prix, diversification des loisirs, transports adaptés, meilleure gestion des destinations et offres réservées aux résidents durant les vacances scolaires.

Le milliard d’euros dépensé en Espagne n’est donc pas seulement une fuite de pouvoir d’achat. C’est un message envoyé au secteur touristique marocain. Tant que l’offre nationale ne répondra pas pleinement aux nouvelles attentes de ses propres citoyens, le Détroit restera moins une frontière qu’une porte de sortie vers une expérience jugée plus fiable.





Vendredi 24 Juillet 2026

Breaking news | Info en affiche | Communiqué de presse | Gaming | Eco Business | Digital & Tech | Santé & Bien être | Lifestyle | Culture & Musique & Loisir | Sport Maroc | Auto-moto | Room | Podcasts R212 | Les dernières émissions de L'ODJ TV | Last Conférences & Reportages | Bookcase | LODJ Média


Bannière Lodj DJ






LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html
















Vos contributions
LODJ Vidéo