Un dépassement maîtrisé des prévisions budgétaires
Dans son récent Budget Focus, AGR insiste sur un point clé : ce dépassement n’est pas le résultat d’un dérapage incontrôlé. Il s’explique principalement par l’ouverture de crédits supplémentaires, rendue possible grâce à une performance solide des recettes fiscales. À fin novembre 2025, celles-ci ont bénéficié d’une dynamique favorable, permettant à l’État d’ajuster son budget sans alourdir excessivement ses besoins de financement en fin d’exercice.
Autrement dit, le Trésor a puisé dans une marge budgétaire réelle, et non dans une fuite en avant. Un choix assumé, qui traduit une lecture pragmatique de la conjoncture.
Des crédits ciblés sur des priorités stratégiques
Dans le détail, cette rallonge budgétaire a servi à couvrir des besoins urgents et clairement identifiés. Près de 5,5 MMDH ont été mobilisés pour la recapitalisation de plusieurs établissements et entreprises publics, afin de soutenir leurs projets stratégiques. À cela s’ajoutent 4 MMDH destinés à l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE), avec un objectif explicite : stabiliser les tarifs et éviter un choc supplémentaire pour les ménages et les entreprises.
Enfin, 3 MMDH ont été affectés au respect des engagements issus du dialogue social, notamment pour les dépenses de personnel. Un signal important dans un contexte où les attentes sociales restent élevées et où la crédibilité de la parole publique se joue aussi sur le terrain budgétaire.
Une trésorerie qui reste sous contrôle
Autre élément notable : les tombées intérieures et extérieures attendues d’ici la fin de l’année 2025 devraient générer une trésorerie positive nette d’environ 2 MMDH. Cette bouffée d’oxygène permettrait de limiter le recours à un financement additionnel, à un moment où la maîtrise de l’endettement demeure une priorité stratégique.
AGR estime ainsi que cette actualisation budgétaire ne devrait pas remettre en cause l’équilibre attendu en fin d’exercice. Le besoin mensuel du Trésor resterait à un niveau faible, réduisant les pressions sur le marché obligataire et sur le coût de financement de l’État.
Au final, les chiffres du Trésor racontent moins une dérive qu’un exercice d’équilibriste. Entre rigueur financière, soutien aux entreprises publiques et réponses aux attentes sociales, le Maroc avance sur une ligne étroite. Une gestion perfectible, certes, mais encore capable de conjuguer stabilité macroéconomique et choix politiques assumés, dans un contexte régional et international loin d’être apaisé.
-
Bourse de Casablanca : BKGR alerte sur la fin de l’euphorie et appelle à une lecture plus sélective du marché
-
Trésor marocain : une levée concentrée sur 2 ans ouvre l’année 2026 sur le marché obligataire
-
Liquidité bancaire au Maroc : un allègement marqué, mais des défis persistants pour le marché monétaire
-
366 MMDH de recettes fiscales en 2026 : le pari du Maroc pour financer le social sans fragiliser l’économie
-
H&S Group vise la Bourse : six introductions prévues entre 2026 et 2030 pour un champion marocain à 10 milliards de dirhams












L'accueil




