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Wald Maâlam et les régions du Maroc : une simulation pédagogique par l’IA, sans prétention officielle


Par Dr Az-Eddine Bennani.

Wald Maâlam a voulu faire un exercice simple, mais utile : mobiliser différents outils et solutions d’intelligence artificielle pour simuler, à titre pédagogique, plusieurs hypothèses de reconfiguration des découpages régionaux du Maroc.

Il ne s’agit ni d’une proposition officielle, ni d’un projet politique, ni d’une recommandation institutionnelle. Il ne s’agit pas non plus de donner des leçons à qui que ce soit. Wald Maâlam souhaite simplement partager une démarche, informer, ouvrir une réflexion et montrer comment l’intelligence artificielle peut aider à mieux comprendre les territoires, leurs équilibres, leurs tensions et leurs complémentarités.



Le Maroc dispose aujourd’hui de 12 régions.

Ce découpage est le cadre officiel de la régionalisation avancée. Il est le résultat d’un choix institutionnel, administratif et politique. Toute modification éventuelle relève naturellement de l’État, des institutions compétentes, des élus, des experts territoriaux et du débat public.

L’intelligence artificielle, dans cette réflexion, n’a aucune autorité décisionnelle. Elle n’est qu’un outil d’exploration.

Ce que Wald Maâlam a fait relève donc d’un atelier intellectuel et numérique. Il a utilisé l’IA pour poser des questions, croiser des critères, comparer des scénarios et tester des hypothèses.

L’objectif n’était pas de produire « la bonne carte », mais de montrer que les cartes peuvent être interrogées autrement lorsque l’on combine les données démographiques, économiques, sociales, géographiques, environnementales et institutionnelles.

Une région n’est pas seulement un espace coloré sur une carte.

C’est un système vivant. Elle relie des villes, des campagnes, des infrastructures, des universités, des entreprises, des ports, des routes, des ressources hydriques, des zones agricoles, des traditions culturelles, des bassins de vie, des flux humains et des ambitions de développement.

Repenser une région, même à titre pédagogique, suppose donc de comprendre les liens invisibles qui organisent réellement le territoire.

Dans cette simulation, Wald Maâlam a imaginé que l’IA puisse aider à comparer plusieurs familles d’indicateurs : la population, la superficie, la densité, l’accès aux services publics, les infrastructures, l’éducation, la santé, l’emploi, les activités économiques, les ressources naturelles, les contraintes climatiques, la connectivité numérique, les flux de mobilité, les bassins de vie et la cohérence territoriale.

L’intérêt de l’IA est de pouvoir faire apparaître des scénarios.

Par exemple, que se passerait-il si l’on cherchait des régions plus équilibrées sur le plan démographique ? Que se passerait-il si l’on privilégiait la cohérence économique ?

Que se passerait-il si l’on donnait plus de poids aux bassins hydriques, aux contraintes climatiques ou à la vulnérabilité sociale ?

Que se passerait-il si, à titre de simulation, on passait de 12 à 9 régions ? Quelles régions seraient renforcées ? Lesquelles risqueraient d’être fragilisées ? Quels équilibres seraient modifiés ?

Ces questions ne sont pas des réponses. Elles sont des portes d’entrée pour comprendre. Wald Maâlam ne dit pas : « voici ce qu’il faut faire ». Il dit plutôt : « voici ce que l’on peut apprendre en simulant ».

C’est une nuance essentielle. L’IA ne doit pas être utilisée pour imposer une vision technocratique du territoire. Elle peut, en revanche, devenir un outil de pédagogie publique, de comparaison, de visualisation et de débat.

Dans l’esprit de Wald Maâlam, cette démarche ressemble au travail du maître artisan. Le Maâlam ne coupe jamais un tissu au hasard. Il observe la matière, regarde la trame, mesure les tensions, imagine le mouvement du corps, anticipe les coutures et respecte l’équilibre de l’ensemble.

De la même manière, un territoire ne se découpe pas seulement avec une règle administrative. Il se comprend dans son histoire, ses usages, ses relations humaines, ses fragilités et ses promesses. L’intelligence artificielle peut aider à voir certaines choses que l’œil administratif ne voit pas toujours immédiatement.

Elle peut révéler des déséquilibres, rapprocher des données dispersées, comparer plusieurs hypothèses et produire des cartes dynamiques. Mais elle ne comprend pas, à elle seule, la mémoire d’un territoire.

Elle ne ressent pas l’attachement des habitants à une ville, à une province, à une vallée, à une montagne, à un littoral ou à une histoire locale. C’est pourquoi l’IA doit rester au service de l’intelligence humaine, citoyenne et institutionnelle.

Wald Maâlam insiste sur ce point : une simulation IA n’est pas une décision publique.

Une simulation IA n’est pas une vérité politique. Une simulation IA n’est pas une carte officielle. Elle est un support de réflexion. Elle permet de dire : « regardons autrement », « comparons », « testons », « discutons », « apprenons ».

La méthode pourrait être utile dans les universités, les écoles d’ingénieurs, les écoles de gouvernance, les collectivités territoriales, les think tanks et les espaces de débat citoyen. Elle pourrait permettre à des étudiants, des élus, des chercheurs, des entrepreneurs et des citoyens de comprendre comment les critères de découpage influencent la représentation du territoire.

Si l’on donne plus de poids à l’économie, on obtient une carte. Si l’on donne plus de poids à la justice sociale, on en obtient une autre. Si l’on donne plus de poids à l’eau, au climat et aux ressources naturelles, la carte change encore. Si l’on intègre la diaspora, les flux d’investissement, les compétences à l’étranger et les liens avec les régions d’origine, la lecture du Maroc devient encore plus riche.

C’est précisément là que Wald Maâlam voit l’intérêt de l’IA : non pas remplacer la décision, mais rendre les arbitrages plus visibles. Toute carte est un choix. Tout découpage privilégie certains équilibres et en affaiblit d’autres.

L’IA peut aider à expliciter ces choix, à condition que les critères soient transparents, que les données soient fiables, que les résultats soient discutés et que personne ne confonde calcul et légitimité. Wald Maâlam ne cherche donc pas à provoquer un débat inutile.

Il cherche à contribuer, modestement, à une culture de la simulation, de la comparaison et de la réflexion territoriale. Dans un pays qui avance dans la régionalisation, la transformation numérique et l’intelligence artificielle, il serait dommage de ne pas utiliser ces outils pour mieux comprendre nos réalités territoriales.

La vraie question n’est pas de savoir si l’IA doit redessiner les régions du Maroc.

Elle ne doit pas le faire. La vraie question est de savoir comment l’IA peut aider les Marocains à mieux lire leur territoire, à mieux comparer les scénarios, à mieux anticiper les déséquilibres et à mieux préparer les débats futurs.

Wald Maâlam a donc réalisé cette simulation comme un exercice pédagogique. Il la partage avec prudence, sans arrogance, sans donner de leçon, sans prétendre parler à la place des institutions.

Il souhaite simplement dire que l’intelligence artificielle, lorsqu’elle est utilisée avec méthode, transparence et humilité, peut devenir un outil pour mieux penser le Maroc des régions. Un pays ne se résume jamais à une carte. Mais une carte bien interrogée peut aider un pays à mieux se comprendre.

Par Dr Az-Eddine Bennani.



Lundi 1 Juin 2026


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