Car ce soir-là, ce n’était pas seulement un match de football. C’était une image du Maroc dans le monde. Un Maroc né ici et ailleurs. Un Maroc porté par des enfants du pays et par des enfants de la diaspora. Un Maroc qui rappelle que l’identité ne se limite pas au lieu de naissance, mais se transmet par les parents, les grands-parents, la langue, les gestes, les valeurs, les récits et cette fidélité silencieuse qui traverse les générations.
Il y a, dans cette équipe du Maroc, quelque chose qui dépasse le football.
Il y a des enfants nés à Casablanca, Rabat, Kénitra ou ailleurs sur le sol marocain. Il y a aussi des enfants nés à Madrid, Bruxelles, Amsterdam, Paris, Montréal ou dans d’autres villes du monde. Mais tous portent le même maillot. Tous défendent le même drapeau. Tous répondent au même appel : celui du Lion de l’Atlas.
À travers eux, il faut rendre hommage à leurs parents, à leurs grands-parents, à ces femmes et à ces hommes partis loin du pays, parfois dans la difficulté, souvent dans le silence, mais qui ont su transmettre l’essentiel : l’attachement au Maroc, à ses valeurs, à sa mémoire, à sa dignité.
Ces joueurs nés ailleurs ne sont pas moins marocains. Ils sont une autre manière d’être marocains. Ils portent avec eux une histoire familiale, une langue parfois transmise par fragments, des souvenirs de vacances, des repas, des prières, des chants, des accents, des récits de village, de quartier, de médina ou de montagne. Ils portent le Maroc dans le cœur avant même de le porter sur le maillot.
La diaspora marocaine n’est pas seulement faite de transferts d’argent, de retours d’été, d’investissements, d’entrepreneuriat, de réussite scientifique ou de parcours professionnels. Elle est aussi faite de football, d’émotion collective, de larmes, de fierté, d’hymne national chanté avec force par des enfants nés loin mais restés proches.
Et c’est là que cette équipe devient un symbole puissant.
Elle montre que le Maroc n’est pas seulement un territoire. Le Maroc est aussi une filiation, une mémoire, une fidélité. Il est ce lien invisible qui unit ceux qui sont nés ici et ceux qui sont nés ailleurs, mais qui se battent pour le même maillot, pour le même peuple, pour le même Lion : celui de l’Atlas.
Dans cette équipe, les enfants du pays et les enfants de la diaspora ne s’opposent pas. Ils se complètent. Ils se reconnaissent. Ils avancent ensemble. Ils disent au monde qu’on peut naître ailleurs sans se perdre, grandir loin sans oublier, réussir dans d’autres pays sans renoncer à ses racines.
Nous devons être fiers de tous nos enfants.
Fiers de ceux qui ont grandi au Maroc et qui portent dans leur jeu la patience, la rue, les terrains modestes et les rêves d’enfance. Fiers aussi de ceux qui ont grandi dans les quartiers d’Europe ou d’Amérique du Nord, souvent entre deux cultures, et qui ont choisi de faire du Maroc leur maison intérieure.
Cette équipe est une leçon pour le monde. Elle dit que l’identité n’est pas une frontière fermée, mais un lien vivant. Elle dit que l’attachement aux valeurs marocaines n’est pas un repli, mais une force. Elle dit que la diaspora n’est pas une périphérie du pays : elle est l’une de ses dimensions les plus profondes.
Être Marocain, ce n’est pas seulement un lieu de naissance. C’est une fidélité. C’est une mémoire. C’est une fierté.
Et lorsque ces joueurs entrent sur le terrain, qu’ils soient nés à Fès, Madrid, Bruxelles, Paris ou Amsterdam, ils nous rappellent une chose simple et belle :
Le Maroc est partout où ses enfants continuent de l’aimer.












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