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​Priorités des Marocains pour 2026 : écouter le citoyen pour mieux agir




Par Abdelghani El Arrasse

​Priorités des Marocains pour 2026 : écouter le citoyen pour mieux agir
À l’heure où le Maroc s’apprête à aborder l’année 2026, la « grande enquête nationale : Les 12 priorités des Marocains pour 2026 », publiée par L'ODJ Média : "Voici les 12 priorités des Marocains et Marocaines pour 2026",  offre un éclairage particulièrement révélateur sur le climat social et économique du pays. Bien plus qu’un simple classement, cette enquête constitue un véritable baromètre du ressenti citoyen et met en évidence une attente centrale : celle de politiques publiques plus efficaces, plus justes et davantage ancrées dans les réalités quotidiennes.

Le pouvoir d’achat arrive nettement en tête des préoccupations, cité par 82 % des répondants. Inflation ressentie, salaires jugés en décalage avec le coût de la vie, arbitrages budgétaires permanents : le panier de la ménagère demeure l’indicateur le plus immédiat du bien-être social, mais aussi le plus politique. Derrière ce chiffre se lit une réalité simple : la dignité du citoyen commence par sa capacité à vivre décemment de son travail et de ses revenus.

Juste après, l’emploi et la stabilité professionnelle s’imposent comme la deuxième grande priorité, avec 78 %. Cette position révèle une inquiétude profonde qui dépasse la seule question du chômage. Les Marocains expriment une angoisse croissante face à la précarité, à la fragilité des parcours professionnels et au manque de visibilité, notamment chez les jeunes diplômés et certaines franges des classes moyennes. Sans emploi durable, toute amélioration du pouvoir d’achat reste fragile et réversible.

La santé publique occupe la troisième place, avec 74 %. Accès aux soins, délais, coûts et état de l’hôpital public figurent au cœur des attentes, d’autant plus que la généralisation de la couverture médicale a élevé le niveau d’exigence tout en mettant en lumière les limites structurelles du système. L’éducation et l’école publique suivent avec 71 %, cristallisant les inquiétudes liées à la qualité pédagogique, aux inégalités territoriales et à la fuite vers le privé. L’école demeure perçue comme le principal levier de mobilité sociale, mais aussi comme l’un des points de fragilité du modèle actuel.

L'enquête met également en évidence d’autres préoccupations significatives, à des niveaux tout aussi révélateurs : le prix du logement et l’accès à la propriété sont cités par 68 % des répondants, traduisant l’éloignement progressif du rêve immobilier pour une partie croissante des urbains ; la sécurité et la tranquillité quotidiennes concernent 63 % des citoyens, exprimées comme une exigence de normalité ; la qualité des services publics est mentionnée par 61 %, illustrant une attente de résultats concrets et mesurables.

La lutte contre la corruption et la rente demeure une priorité pour 59 % des sondés, suivie par la protection sociale et les retraites à 56 %, reflet des inquiétudes liées au vieillissement et à la discontinuité des parcours professionnels. Les enjeux liés à l’eau, au climat et au stress hydrique sont cités par 52 %, signe d’une conscience écologique devenue matérielle. Les inégalités territoriales concernent 48 % des répondants, tandis que la place de la jeunesse et les perspectives d’avenir ferment la marche avec 45 %, exprimées moins comme un slogan que comme une inquiétude sourde sur l’avenir.

Face à cette hiérarchie claire des priorités, les choix opérés dans la Loi prennent tout leur sens. L’État a ainsi mobilisé près de 140 milliards de dirhams en faveur de la santé et de l’éducation, affirmant un choix stratégique en faveur du capital humain et de la réduction des dépenses contraintes pesant sur les ménages.

Parallèlement, l’action publique s’oriente vers le soutien à l’emploi productif à travers le nouveau dispositif en faveur des très petites, petites et moyennes entreprises, issu de la nouvelle Charte de l’Investissement. Destiné aux TPME réalisant un chiffre d’affaires compris entre 1 et 200 millions de dirhams, ce mécanisme prévoit des primes cumulables pouvant atteindre jusqu’à 30 % de l’investissement, ciblant la création d’emplois stables et la réduction des disparités territoriales, avec une mise en œuvre opérationnelle prévue en 2026 et des procédures simplifiées via les Centres régionaux d’investissement.

Cependant, la réussite de ce dispositif ne pourra être réelle sans des choix politiques clairs. L’accès effectif au crédit bancaire et la maîtrise du stress hydrique constituent deux conditions déterminantes. En 2026, la lutte contre l’inflation alimentaire et la consolidation durable du pouvoir d’achat dépendront directement de la réussite des politiques de souveraineté hydrique, désormais indissociables de la stabilité économique et de la croissance des entreprises.

Écouter les Marocains, c’est reconnaître leurs priorités et les traduire en actes durables. Pouvoir d’achat, emploi, santé, éducation et cohésion territoriale dessinent les contours d’un même impératif : restaurer la confiance et garantir des conditions de vie dignes et stables. C’est à cette condition que le Maroc pourra aborder 2026 avec sérénité et ambition.

Abdelghani El Arrasse
Membre de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens



Dimanche 4 Janvier 2026


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