Après le phosphate, le cobalt et les matériaux destinés aux batteries, faudra-t-il ajouter le cuivre à la liste des cartes minières stratégiques du Maroc ?
La question n’est plus totalement théorique.
Le canadien Culico Metals et Kharrouba Copper Company ont annoncé le 9 septembre la signature d’un accord définitif visant à fusionner leurs activités. L’opération doit créer une entreprise essentiellement tournée vers l’exploitation et l’exploration du cuivre au Maroc.
Les actifs concernés se situent notamment près de Marrakech. L’ensemble représente une superficie annoncée d’environ 158 km², dont moins de 10 % aurait été historiquement explorée.
La question n’est plus totalement théorique.
Le canadien Culico Metals et Kharrouba Copper Company ont annoncé le 9 septembre la signature d’un accord définitif visant à fusionner leurs activités. L’opération doit créer une entreprise essentiellement tournée vers l’exploitation et l’exploration du cuivre au Maroc.
Les actifs concernés se situent notamment près de Marrakech. L’ensemble représente une superficie annoncée d’environ 158 km², dont moins de 10 % aurait été historiquement explorée.
Des chiffres qui attirent forcément l'oeil
Certaines données communiquées par les entreprises sont impressionnantes. Kharrouba fait état de veines historiques affichant localement des teneurs de 15 à 25 % de cuivre. Un échantillon de surface en vrac de 1.400 tonnes traité en 2024 aurait donné une teneur moyenne de 1,7 %.
Un forage réalisé en 2025 sur la cible Sidi Makhlouf aurait même intercepté 0,4 mètre de minéralisation d’oxyde de cuivre à 36,49 %.
Mais attention au piège des chiffres miniers. Une teneur exceptionnellement élevée sur une veine étroite ou un forage ne signifie pas qu’un gisement entier présente cette richesse. L’épaisseur, la continuité géologique, la profondeur, les coûts d’extraction, la récupération métallurgique et les investissements nécessaires comptent tout autant.
Le communiqué de Culico reconnaît d’ailleurs que certaines données historiques n’ont pas encore été vérifiées par sa personne qualifiée et ne doivent pas être considérées comme définitivement établies. Autrement dit : intéressant, oui. Eldorado, pas encore.
Un forage réalisé en 2025 sur la cible Sidi Makhlouf aurait même intercepté 0,4 mètre de minéralisation d’oxyde de cuivre à 36,49 %.
Mais attention au piège des chiffres miniers. Une teneur exceptionnellement élevée sur une veine étroite ou un forage ne signifie pas qu’un gisement entier présente cette richesse. L’épaisseur, la continuité géologique, la profondeur, les coûts d’extraction, la récupération métallurgique et les investissements nécessaires comptent tout autant.
Le communiqué de Culico reconnaît d’ailleurs que certaines données historiques n’ont pas encore été vérifiées par sa personne qualifiée et ne doivent pas être considérées comme définitivement établies. Autrement dit : intéressant, oui. Eldorado, pas encore.
Pourquoi tout le monde cherche du cuivre
Le cuivre est partout dans l’économie de l’électrification : réseaux électriques, voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires, électronique, centres de données et infrastructures numériques.
Même l’explosion de l’intelligence artificielle finit par rencontrer le cuivre : davantage de data centers signifie davantage d’électricité, donc davantage de réseaux et d’équipements.
Dans ce contexte, disposer d’une production nationale ou régionale devient un avantage industriel. Et le Maroc possède déjà quelque chose que la géologie seule ne garantit pas : infrastructures, savoir-faire minier, industrie métallurgique, ports et proximité des marchés européens.
Même l’explosion de l’intelligence artificielle finit par rencontrer le cuivre : davantage de data centers signifie davantage d’électricité, donc davantage de réseaux et d’équipements.
Dans ce contexte, disposer d’une production nationale ou régionale devient un avantage industriel. Et le Maroc possède déjà quelque chose que la géologie seule ne garantit pas : infrastructures, savoir-faire minier, industrie métallurgique, ports et proximité des marchés européens.
De la mine à l'industrie
Culico et Kharrouba annoncent environ 16,1 millions de dollars de ressources financières combinées. Mais pour le Maroc, la vraie question est ailleurs.
Si les ressources sont confirmées, faudra-t-il simplement extraire du minerai ou construire davantage de valeur localement ? C’est toute la différence entre être un pays possédant du cuivre et devenir un acteur d’une chaîne industrielle du cuivre.
Le Royaume a appris avec le phosphate qu’une ressource naturelle prend une autre dimension lorsqu’elle est accompagnée de transformation, de recherche, de logistique et d’industrie.
Le cuivre marocain n’en est pas encore là. Mais sous les terres proches de Marrakech, quelque chose attire désormais suffisamment l’attention pour que des investisseurs internationaux mettent de l’argent sur la table.
Il faudra suivre les foreuses beaucoup plus attentivement que les communiqués financiers.
Si les ressources sont confirmées, faudra-t-il simplement extraire du minerai ou construire davantage de valeur localement ? C’est toute la différence entre être un pays possédant du cuivre et devenir un acteur d’une chaîne industrielle du cuivre.
Le Royaume a appris avec le phosphate qu’une ressource naturelle prend une autre dimension lorsqu’elle est accompagnée de transformation, de recherche, de logistique et d’industrie.
Le cuivre marocain n’en est pas encore là. Mais sous les terres proches de Marrakech, quelque chose attire désormais suffisamment l’attention pour que des investisseurs internationaux mettent de l’argent sur la table.
Il faudra suivre les foreuses beaucoup plus attentivement que les communiqués financiers.












L'accueil

















