PoÚme, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun
Pour ceux qui aiment encore lire : PoĂšme de Adnane Benchakroun
Petit dossier serré, nuit blanche dans les veines.
Le vigile dit : âPatienteâ⊠comme si câĂ©tait normal,
Mais dans son ventre ça brĂ»le, dans sa tĂȘte câest brutal.
Banquette froide, café froid, regard vide au plafond,
Ă lâaccueil ça parle vite, mais personne rĂ©pond.
Le nom sur la fiche, le souffle un peu court,
Chaque minute est un kilo quâil traĂźne tout le long du jour.
Patient par la maladie, impatient dans la vraie vie,
Il attend un rendez-vous comme on attend sa survie.
Clinique, hĂŽpital, couloir, retard,
Quand tâas mal au fond du corps, chaque minute devient un combat.
On lui dit : âRestez lĂ â⊠on lui dit : âEncore un peuâ,
Encore un peu, encore un peu⊠et ça devient sérieux.
Parce quâun malade qui attend, câest pas juste un numĂ©ro,
Câest un corps qui sâinquiĂšte et un mental sous zĂ©ro.
Ă dix heures on lui avait dit : âMonsieur, soyez Ă lâheureâ,
Ă midi rien nâa bougĂ©, juste lâaiguille et la peur.
Le mĂ©decin nâest pas lĂ , ou peut-ĂȘtre il est pris,
Mais lui dans sa poitrine, ça tape comme une alarme la nuit.
Et autour ça défile, blouses, portes, ascenseurs,
Des noms quâon appelle, des gens, des pleurs, des heures.
Lui se lĂšve, se rassoit, refait cent fois ses pas,
Comme si bouger pouvait forcer le destin Ă venir jusquâĂ lui lĂ .
Le tĂ©lĂ©phone sonne, la famille demande : âAlors ?â
Il rĂ©pond : âToujours rienâ⊠avec la fatigue dans la voix dâabord.
Il veut pas faire le fort, il veut pas faire le drame,
Mais quand le silence dure, mĂȘme le courage se fissure dans lâĂąme.
Patient par la maladie, impatient dans la vraie vie,
Il attend un rendez-vous comme on attend sa survie.
Clinique, hĂŽpital, couloir, retard,
Quand tâas mal au fond du corps, chaque minute devient un combat.
Dans ce pays de files, de tampons, de ârevenez demainâ,
MĂȘme la douleur parfois doit prendre son ticket dans la main.
Il regarde lâĂ©cran, il regarde la porte,
Il regarde son nom qui vient pas, comme une chance quâon reporte.
Il connaĂźt pas les grands mots, les protocoles, les phrases,
Il sait juste quâil souffre et que personne nâefface.
Il aurait voulu une voix, un âMonsieur, on vous comprendâ,
Parce quâun malade supporte mieux quand on lui parle humainement.
Y a des gens qui pensent quâattendre, câest juste perdre du temps,
Mais non, attendre quand tâes malade, câest lutter intĂ©rieurement.
Câest garder le calme quand le corps crie stop,
Câest sourire un peu dehors pendant quâĂ lâintĂ©rieur tout flop.
Il nâest pas violent, il nâest pas ingrat,
Il demande pas un miracle, juste quâon lâoublie pas.
Un regard, une info, un âça va prendre une heureâ,
Parfois la vérité simple soigne déjà la peur.
Puis enfin une porte sâouvre, une voix lĂąche son nom,
Et dâun coup tout ralentit, comme aprĂšs lâorage au fond.
Toute la rage accumulĂ©e tombe dâun seul coup par terre,
Parce quâon lâa vu, enfin, dans tout ce dĂ©sert hospitalier.
Il se lÚve doucement, avec sa peine et sa dignité,
Avec ses nerfs usés, son mal, sa vérité.
Et dans ses yeux on lit un truc simple, sans théùtre :
Le malade peut patienter⊠mais pas sans ĂȘtre traitĂ© comme un ĂȘtre.
Patient par la maladie, impatient dans la vraie vie,
Il attend un rendez-vous comme on attend sa survie.
Clinique, hĂŽpital, couloir, retard,
Quand tâas mal au fond du corps, chaque minute devient un combat.
Alors écoute bien ce que les couloirs nous apprennent :
La douleur fait mal, mais lâattente aussi saigne.
Et dans un hĂŽpital, avant les ordonnances et les machines,
Y a un cĆur qui espĂšre juste un peu dâhumain dans la routine.
Le poĂšme raconte cette vĂ©ritĂ© simple : soigner, câest aussi respecter lâattente et lâhumain.
Dans les couloirs froids de lâhĂŽpital, chaque minute devient un poids, chaque silence une angoisse.
Il ne sait pas patienter, non par caprice, mais parce que la souffrance rend le temps insupportable. Entre peur, fatigue et sentiment dâabandon, il espĂšre simplement ĂȘtre vu, entendu, considĂ©rĂ©. Quand enfin son nom est appelĂ©, la tension retombe.












L'accueil




âLe pari gagnĂ© de Mouna Fettou










