Il est prié d’errer ailleurs,
Entre Erez et Rafah,
Aux frontières de l’attente.
Qui ouvrira la porte ?
Qui écoutera l’enfant ?
Quand les murs parlent plus fort,
L’enfance se tait,
Et le monde s’absente.
L’enfant-totem de Gaza
Frappe à la porte des Nations Unies.
Ni unité, ni courage.
La réponse claque,
Sans même une larme officielle.
Affamé, assiégé,
Il tombe sur le sable,
Sous un ciel indifférent.
Qui ouvrira la porte ?
Qui écoutera l’enfant ?
Quand les promesses se brisent,
L’enfance paie le prix
Du silence.
L’enfant-gazé de Gaza
Frappe à la porte de l’hôpital.
Il n’y a plus de soins,
Plus de remèdes.
La douleur s’éteint,
Il cherche un linceul
Pour tromper la nuit.
L’enfant-fantôme de Gaza
Frappe à la porte du cimetière.
Sans ombre, sans cyprès,
Il ne veut plus mourir.
Il reste suspendu
Entre deux désespoirs.
Qui ouvrira la porte ?
Qui dira : entre ?
Quand l’enfance supplie,
L’humanité se mesure
À son silence.
L’enfant-prophète de Gaza
Frappe à la porte de l’Afrique du Sud.
Elle l’accueille,
Lui tend un masque arc-en-ciel,
Un cap de Bonne-Espérance,
Un cœur éthique.
Ce poème met en scène l’enfant de Gaza comme une figure plurielle et tragique : pèlerin, totem, gazé, fantôme, prophète.
Pourtant, le poème ne s’arrête pas à la désolation. Dans sa dernière figure, l’enfant devient prophète et trouve enfin une porte ouverte : celle de l’Afrique du Sud, symbole d’éthique et de solidarité. Ce geste final introduit une lueur d’espérance, suggérant que l’humanité peut encore répondre, si elle choisit d’ouvrir ses portes.












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