Il y a neuf ans, le problème marocain semblait assez simple à formuler. Nous avions des idées, des entrepreneurs, des ingénieurs, des jeunes diplômés. Mais très peu d'argent acceptant de financer une entreprise qui, par définition, n'avait encore presque rien prouvé.
Le Fonds Innov Invest devait précisément combler une partie de ce vide. Le bilan présenté le 17 septembre par Tamwilcom montre que le paysage a changé : près de 1.000 entrepreneurs accompagnés, plus de 500 start-up financées, plus de 590 millions de DH mobilisés sous forme d'aides, de prêts et d'investissements.
La Banque mondiale a attribué au programme la mention « Highly Satisfactory », présentée comme le niveau le plus élevé de son système d'évaluation.
C'est une réussite institutionnelle qu'il faut reconnaître. Mais justement : une réussite permet de poser la question suivante.
Le Fonds Innov Invest devait précisément combler une partie de ce vide. Le bilan présenté le 17 septembre par Tamwilcom montre que le paysage a changé : près de 1.000 entrepreneurs accompagnés, plus de 500 start-up financées, plus de 590 millions de DH mobilisés sous forme d'aides, de prêts et d'investissements.
La Banque mondiale a attribué au programme la mention « Highly Satisfactory », présentée comme le niveau le plus élevé de son système d'évaluation.
C'est une réussite institutionnelle qu'il faut reconnaître. Mais justement : une réussite permet de poser la question suivante.
Nous savons davantage faire naître. Savons-nous faire grandir ?
Une start-up n'est pas une PME miniature. Son ambition théorique consiste à trouver un modèle pouvant changer rapidement d'échelle.
Et c'est ici que les chiffres deviennent intéressants. Innov Invest a contribué à structurer quatre fonds d'amorçage et de capital-risque ayant investi plus de 500 MDH dans une quarantaine de start-up. Plus de 40 brevets ont également été déposés dans le cadre des projets soutenus.
Plus de 500 jeunes entreprises ont donc bénéficié de financements au sens large, tandis qu'une quarantaine ont reçu les investissements de ces fonds. Il ne faut pas comparer mécaniquement ces deux populations : les instruments, les stades de développement et les critères sont différents.
Mais leur écart indique exactement où devrait maintenant se déplacer notre curiosité. Après le startup, le scale-up.
Et c'est ici que les chiffres deviennent intéressants. Innov Invest a contribué à structurer quatre fonds d'amorçage et de capital-risque ayant investi plus de 500 MDH dans une quarantaine de start-up. Plus de 40 brevets ont également été déposés dans le cadre des projets soutenus.
Plus de 500 jeunes entreprises ont donc bénéficié de financements au sens large, tandis qu'une quarantaine ont reçu les investissements de ces fonds. Il ne faut pas comparer mécaniquement ces deux populations : les instruments, les stades de développement et les critères sont différents.
Mais leur écart indique exactement où devrait maintenant se déplacer notre curiosité. Après le startup, le scale-up.
Le premier chèque n'est pas le seul problème
Créer un prototype avec quelques centaines de milliers de dirhams est une chose. Transformer cette technologie en entreprise exportatrice en est une autre.
Il faut recruter, vendre, internationaliser, financer la croissance, accéder aux grands comptes. Parfois lever 20, 50 ou 100 millions de dirhams supplémentaires.
C'est souvent à cet endroit que les écosystèmes émergents rencontrent leur deuxième mur. Le premier est l'absence de financement initial. Le second est l'absence de capitaux suffisamment importants pour accompagner les entreprises qui commencent réellement à réussir.
Il faut recruter, vendre, internationaliser, financer la croissance, accéder aux grands comptes. Parfois lever 20, 50 ou 100 millions de dirhams supplémentaires.
C'est souvent à cet endroit que les écosystèmes émergents rencontrent leur deuxième mur. Le premier est l'absence de financement initial. Le second est l'absence de capitaux suffisamment importants pour accompagner les entreprises qui commencent réellement à réussir.
Le Maroc devrait maintenant mesurer les sorties
Le prochain bilan mériterait donc d'ajouter aux montants engagés d'autres indicateurs.
Combien de start-up financées depuis 2017 existent encore ? Combien emploient aujourd'hui 20, 50 ou 100 personnes ? Combien exportent ? Combien ont levé un deuxième ou troisième tour ? Combien ont été rachetées ? Combien ont attiré des capitaux étrangers ? Combien réalisent plusieurs dizaines de millions de dirhams de chiffre d'affaires ?
Ce ne serait pas remettre en cause le programme. Ce serait précisément mesurer ce qu'il a rendu possible.
Combien de start-up financées depuis 2017 existent encore ? Combien emploient aujourd'hui 20, 50 ou 100 personnes ? Combien exportent ? Combien ont levé un deuxième ou troisième tour ? Combien ont été rachetées ? Combien ont attiré des capitaux étrangers ? Combien réalisent plusieurs dizaines de millions de dirhams de chiffre d'affaires ?
Ce ne serait pas remettre en cause le programme. Ce serait précisément mesurer ce qu'il a rendu possible.
La prochaine étape est déjà en construction
Tamwilcom entend poursuivre cette dynamique à travers son plan JOSSOUR 2030.
Le paysage doit également être complété par les offres Venture Building et Venture Capital initiées dans le cadre de Digital Morocco 2030. Le Maroc construit donc progressivement une chaîne plus complète : accompagnement, amorçage, prêts, capital-risque, puis, espérons-le, financement de la croissance.
C'est précisément cette continuité qui déterminera si nous construisons un écosystème de start-up ou une véritable industrie technologique.
Le paysage doit également être complété par les offres Venture Building et Venture Capital initiées dans le cadre de Digital Morocco 2030. Le Maroc construit donc progressivement une chaîne plus complète : accompagnement, amorçage, prêts, capital-risque, puis, espérons-le, financement de la croissance.
C'est précisément cette continuité qui déterminera si nous construisons un écosystème de start-up ou une véritable industrie technologique.
Le succès d'un écosystème ne se mesure pas au nombre de start-up qu'il crée
Il se mesure aussi au nombre d'entreprises qu'il parvient à faire grandir.
C'est probablement le défi de la deuxième décennie d'Innov Invest. La première a contribué à démontrer qu'un entrepreneur marocain innovant pouvait trouver un premier financement. La suivante devra prouver qu'il peut également trouver les 10, 50 ou 100 millions de dirhams nécessaires lorsqu'il commence à réussir.
La Banque mondiale vient de saluer le dispositif construit depuis 2017. Très bien. Le Maroc peut maintenant changer d'indicateur.
Après avoir compté les start-up financées, comptons celles qui deviennent grandes.
C'est probablement le défi de la deuxième décennie d'Innov Invest. La première a contribué à démontrer qu'un entrepreneur marocain innovant pouvait trouver un premier financement. La suivante devra prouver qu'il peut également trouver les 10, 50 ou 100 millions de dirhams nécessaires lorsqu'il commence à réussir.
La Banque mondiale vient de saluer le dispositif construit depuis 2017. Très bien. Le Maroc peut maintenant changer d'indicateur.
Après avoir compté les start-up financées, comptons celles qui deviennent grandes.












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