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Au FICAM, la main défie la machine


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Jeudi 21 Mai 2026

Au Festival international de cinéma d’animation de Meknès (FICAM 2026), la réalisatrice française Sandra Desmazières et l’animateur Pierre-Luc Granjon ont livré un plaidoyer en faveur de l’animation artisanale. Face à une industrie dominée par les outils numériques et les images ultra-lissées, les deux artistes ont défendu une autre vision du cinéma : celle de l’imperfection, du geste manuel et de la matière vivante.



L’imperfection comme langage artistique

 

Invitée du festival après la présentation de son film « Fille de l’eau » au Festival de Cannes, Sandra Desmazières a expliqué entretenir une relation mesurée avec les technologies numériques. Si elle utilise des logiciels comme After Effects pour les lumières ou le compositing, elle revendique aussi le moment où il faut arrêter de corriger l’image.
 

Pour la réalisatrice, accepter les défauts, les textures et les irrégularités permet au film de gagner en authenticité. Une approche qui contraste avec les standards actuels de l’image numérique, souvent marqués par la recherche de perfection visuelle.
 

Le retour inattendu des techniques traditionnelles

 

De son côté, Pierre-Luc Granjon, connu pour ses films en stop-motion et son utilisation de l’écran d’épingles, a insisté sur la place des “accidents” dans le processus créatif. Selon lui, les gestes involontaires, les vibrations ou les imperfections donnent une âme aux personnages animés.
 

Cette réflexion intervient alors qu’une grande partie des jeunes créateurs travaillent désormais sur tablette, en 3D ou sur iPad. Pourtant, les deux artistes observent un regain d’intérêt pour les méthodes artisanales.
 

Granjon raconte notamment avoir rencontré des étudiants spécialisés en animation 3D qui, après un atelier de stop-motion, ont découvert une pratique qu’ils jugeaient “plus vraie” et plus sensorielle que le travail entièrement numérique.
 

Une inquiétude sur la création originale

 

Au-delà de la technique, les échanges ont également mis en lumière les difficultés rencontrées par les projets originaux dans l’industrie actuelle de l’animation. Pierre-Luc Granjon estime que les producteurs et investisseurs privilégient davantage les adaptations d’œuvres déjà populaires, jugées moins risquées financièrement.
 

Dans ce contexte, les deux artistes ont encouragé les jeunes animateurs présents au FICAM à développer leur propre langage visuel, sans chercher immédiatement des productions ambitieuses ou formatées.
 

À Meknès, le message était clair : Préserver un lien direct avec la fabrication de l’image reste essentiel dans un univers où les outils numériques permettent désormais de tout corriger, lisser ou simuler.






Jeudi 21 Mai 2026

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