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Au Maroc, en 2021, divorce et répudiation à cause d'une maladie chronique

Quoi de neuf Docteur ? Par Dr Anwar CHERKAOUI


​Aujourd’hui, en ce début du 21ème siècle, peut-on concevoir et accepter qu'une jeune mère, atteinte d'une maladie rhumatismale, appelée polyarthrite rhumatoïde (PR), devienne une jeune femme divorcée à cause de sa maladie chronique et handicapante ?



Oui, au pays des droits de l’Homme, à cause de cette maladie, des maris divorcent ou répudient leurs épouses. Raison avancée, leurs femmes ne peuvent plus accomplir les tâches ménagères et l'entretien des enfants. Situation réelle, du fait des déformations et des handicaps provoqués par la polyarthrite rhumatoïde. Cette amère constatation, est faite par Dr Rachid BAHIRI, professeur de rhumatologie, président de la société marocaine de rhumatologie et médecin directeur de l’hôpital Al Ayachi des maladies rhumatismales, relevant du centre hospitalier universitaire Ibn Sina de Rabat-Salé.   

Tous les professionnels de la santé dénoncent cette situation. Certaines appellent à ce que le législateur intervienne, pour stopper ce genre d’abus.

Il faut savoir, qu’aujourd’hui, grâce à un diagnostic précoce, aux avancées notables de l'imagerie médicale, à un meilleur traitement par les nouveaux médicaments biologiques, la polyarthrite rhumatoïde, ne doit plus causer d’handicaps chez les malades qui en souffrent, renchérit Pr Bahiri.  

La recherche avance à grands pas contre cette pathologie

Un travail tunisien récent intitulé, « La Polyarthrite Rhumatoïde a-t-elle changé de visage ? », réalisé par des médecins rhumatologues tunisiens, Dr Ahmed Laatar et Saoussen Miladi, du Service de Rhumatologie du CHU Mongi Slim, La Marsa de Tunis, apporte des données spécifiques, qui peuvent être extrapolées sur les pays de la région..

Ce travail s’est fixé comme objectifs de répondre à sept (7) principales problématiques liées à la polyarthrite rhumatoïde au Maghreb et dans le monde.
Pourquoi cette Maladie rhumatismale (PR), très handicapante, est très mal connue ?
Les PR d’aujourd’hui sont-elles réellement moins sévères ?
Y-a-t-il une tendance à la baisse de la mortalité liée à cette pathologie ?
Observe-t-on moins d’hospitalisations liées à la PR ?
A-t-on un moindre recours à la chirurgie orthopédique dans la prise en charge thérapeutique de cette maladie rhumatismale ?  Sommes-nous devant une situation de tendance à la baisse du niveau des dommages structuraux des articulations touchées par la PR ?
Cette évolution est-elle due à des stratégies de prise en charge plus performantes ?
Et enfin, le profil du patient atteint de PR va-t-il changer ces 20 dernières années au Maghreb et dans le monde ?

Il faut rappeler qu’aujourd'hui au Maroc, la polyarthrite rhumatoïde est le chef de file des rhumatismes inflammatoires chroniques.

Prévenir les handicaps

C’est une maladie très fréquente qui toucherait entre 0,5 et 1% de la population au Maroc (150 000 à 350 000). Les femmes sont les plus touchées, le plus souvent entre 35 et 50 ans. La maladie atteint surtout les mains et les poignets mais peut toucher les autres articulations : pieds, genoux, coudes, épaules et hanches.

Les articulations touchées deviennent gonflées, rouges et chaudes. Les douleurs surviennent surtout la nuit et s’accompagnent d’un enraidissement matinal avec un certain temps de dérouillage.

 En l'absence de diagnostic et de traitement précoce, la maladie va évoluer en quelques années vers la destruction et la déformation des articulations. Il en résulterait un handicap fonctionnel très sévère avec un important retentissement sur la qualité de vie et un impact socioprofessionnel et psychologique majeur de même qu'une diminution de l'espérance de vie de 5 à 10 ans.

Aujourd’hui, il est aberrant qu’on continue de voir dans les consultations marocaines, des cas d’handicaps très dépassés. La rhumatologie Marocaine, dispose actuellement, à côté des traitements classiques, de nouveaux traitements innovants (biothérapies), très efficaces qui ont modifié le pronostic de cette maladie autrefois considérée comme très grave, conclut Pr Rachid BAHIRI. D’autant plus que ces nouveaux produits sont remboursés par la sécurité sociale. 

Par Dr Anwar CHERKAOUI 

 

La rédaction
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Lundi 8 Février 2021






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