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Autonomie au Sahara : La main tendue aux polisariens


Quarante pays de quatre continents ont participé, vendredi 15 janvier, à une visioconférence ministérielle de soutien à l'Initiative d'autonomie des provinces du sud sous la souveraineté du Maroc, sur invitation du royaume et des Etats-Unis d’Amérique. Il s’agit de préparer l’après-polisario.



Sérieuse, crédible et réaliste, l’autonomie est la seule solution juste et durable au factice conflit du Sahara ont conclu les pays participants à cette visioconférence, auxquels manquait malheureusement l’Espagne, en tant qu’ancien colonisateur des provinces du sud.

Madrid n’a toujours pas du encore digéré les propos du chef du gouvernement à propos de Sebta et Mellilia. Les Espagnols vont, peut-être, bouder quelques temps, mais ils sont assez intelligents pour savoir que la politique de la chaise vide n’en est pas du tout une.  

Parce qu’en fait, soutenir l’initiative marocaine d’autonomie et mettre un terme définitif à ce conflit régional de près d’un demi-siècle, c’est surtout hâter la fin du calvaire des habitants des camps de Tindouf, en Algérie, qui n’a que trop duré.

Formule sans perdant

L’affaire du Sahara en est arrivée à un tournant ou l’essentiel, désormais, n’est plus de savoir comment il va s’achever, la marocanité des provinces du sud n’est plus en débat, après sa reconnaissance par les Etats-Unis. Maintenant. La question porte plutôt sur le sort des habitants des camps.

La formule la plus adaptée pour que les polisariens ne se sentent pas perdants, puisqu’ils savent pertinemment que leur illusion séparatiste s’est évaporée, demeure, en effet, la proposition du Maroc d’une autonomie avancée.

L’autre choix consiste à laisser les habitants des camps croupir dans la misère de Lahmada, avec tous les groupes jihadistes qui s’en servent comme vivier pour recruter des combattants.

Dénuement et désespoir des jeunes des camps aidant, il se pourrait même que ces organisations terroristes y prennent racine. En pareil cas, les conséquences s’en feront ressentir jusqu’en Europe.

Le malheur des uns

Il est vrai que les dirigeants séparatistes n’ont aucun intérêt à voir ce conflit prendre fin, puisqu’ils s’enrichissent de la souffrance des habitants des camps. Le détournement des aides humanitaires qui leur sont destinées n’est plus un secret pour personne.

Continuer à apporter soutien aux polisariens revient, en fin de compte, à participer au maintien de ces pauvres gens dans le triste état dans lequel ils se trouvent.

Les caporaux au pouvoir à Alger sont également partisan du maintien du statuquo, puisqu’eux aussi ont besoin de maintenir un degré d’hostilité élevé envers le royaume de manière à pouvoir continuer à agiter la « menace marocaine » pour taire les voix dissidentes au sein de leur propre population.


L’Europe doit sortir de son confort

Un pays comme l’Allemagne, que l’on peut difficilement accuser d’appuyer aveuglément le Maroc, semble assez sensible à l’évolution de la situation dans cette partie du Maghreb.

Götz Schmidt-Bremme, ambassadeur de ce pays à Rabat, a déclaré à un confrère de la presse nationale que le « polisario » se trouve en situation « difficile » et qu’il est « difficile de trouver une solution plus réaliste et plus fiable » pour clore enfin ce dossier que la proposition d’autonomie marocaine.

C’est dans ce contexte qu’il faudrait appréhender les propos du chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, qui ne s’est pas gêné pour dire aux pays européens leurs quatre vérités en face. « L'Europe doit sortir de son confort et suivre la dynamique des Etats-Unis », a-t-il déclaré.

Vivier de terroristes

« Une partie de l'Europe doit être plus audacieuse, car elle est proche de ce conflit », a rappelé Nasser Bourita. Il est, en effet, insensé de demander au Maroc de participer à la lutte contre le terrorisme tout en fermant les yeux sur un foyer reconnu de celui-ci dans le sud de l’Algérie.

Nul besoin de rappeler que le chef de Daech au Sahel n’est autre que le polisarien Adnane Abou Oualid Sahraoui.

Quant à risquer de déplaire aux dirigeants algériens en empruntant la même voie courageusement prise par les Etats-Unis, à savoir reconnaître purement et simplement la marocanité du Sahara, cela reviendrait, au pire, à rassurer les militants du Hirak dans le pays voisin que les pays occidentaux ne sont pas décontenancés par la junte qui les écrase sous sa botte.

Les Européens peuvent, quelques fois, faire preuve d’un sacré aveuglement idéologique, mais ils ne peuvent quand même pas ne pas se rendre compte que chaque consulat européen ouvert dans les provinces du sud du Maroc, c’est comme un jalon planté sur le chemin de l’Afrique subsaharienne.

Par Ahmed NAJI








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