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CAN 2025 : le Maroc n’a pas volé sa coupe, il l’a récupérée devant le droit


Rédigé par le Jeudi 19 Mars 2026

Il y a des victoires qui se gagnent sur la pelouse. Et puis il y a celles que le droit finit par rétablir quand le football, emporté par la confusion, oublie ses propres règles. Dans l’affaire de la finale de la CAN 2025, la décision de la CAF de déclarer le Maroc vainqueur sur tapis vert ne fera jamais l’unanimité émotionnelle. Mais elle pose une question plus importante que l’émotion : dans une compétition internationale, faut-il juger selon le ressenti ou selon le règlement ?



Champion sur tapis vert ? Non : champion au nom du règlement

Le Sénégal peut se dire lésé. Ses supporters peuvent dénoncer la brutalité d’un verdict tombé deux mois après la finale. Les observateurs peuvent critiquer, à juste titre, l’opacité de la CAF et la lenteur de son appareil disciplinaire. Mais si l’on s’en tient au cœur du dossier, une vérité s’impose : le Maroc n’a pas volé un titre, il a obtenu la réparation d’un préjudice sportif que le règlement lui-même encadre.

Tout tourne autour d’un principe simple, presque brutal dans sa logique : une équipe qui quitte le terrain ou refuse de poursuivre un match s’expose à la défaite par forfait. Les articles invoqués dans cette affaire, les fameux 82 et 84, ne sont pas des notes de bas de page. Ils sont la charpente même de la sécurité juridique d’une compétition. Sans eux, tout devient négociable à chaud, contestable à l’infini, et le football africain bascule dans l’arbitraire.

C’est là que le Maroc a eu raison d’aller au bout. Non par opportunisme, mais par cohérence. Une fédération sérieuse n’a pas seulement le droit de défendre ses intérêts : elle en a le devoir. En contestant la première décision, la Fédération royale marocaine n’a pas contourné le jeu ; elle a utilisé les voies prévues par le jeu. Elle n’a pas demandé un privilège. Elle a demandé l’application du droit.

Ce qui choque, en réalité, ce n’est pas tant la décision finale que le délai. Deux mois après la finale, la CAF a laissé prospérer le flou, les passions, les récits contradictoires. Cette lenteur est désastreuse pour l’image du football africain. Elle donne au droit l’air d’une vengeance administrative alors qu’il devrait être perçu comme une garantie de clarté. Le problème n’est donc pas que le Maroc ait été déclaré champion. Le problème est que cette vérité réglementaire ait été rendue si tard qu’elle ressemble, aux yeux de certains, à une anomalie.

 
Or une justice tardive reste parfois préférable à une injustice validée par fatigue collective.

La CAF a trop tardé, mais le Maroc avait raison sur le fond

Ce dossier rappelle une évidence que le sport moderne tente souvent d’oublier : une finale n’échappe pas au droit. Le football n’est pas seulement un théâtre d’émotions, c’est aussi un univers normé, encadré, codifié. On ne peut pas exiger de la CAF qu’elle soit crédible quand elle protège les règles, puis la condamner dès qu’elle ose les appliquer dans un cas politiquement explosif.

Le Sénégal ira peut-être devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). C’est son droit absolu. Et ce recours est sain, car il permettra de donner à cette affaire une lecture indépendante, plus froide, plus méthodique. Mais en attendant un éventuel renversement, il faut regarder les choses avec honnêteté : à ce stade, le Maroc n’est pas champion par faveur. Il est champion par décision juridique issue d’un contentieux sportif qu’il a porté, documenté et plaidé.

Dans cette affaire, la vraie faillite n’est pas marocaine, ni même sénégalaise. Elle est institutionnelle. C’est la CAF qui a transformé un débat de règlement en crise continentale de crédibilité. En laissant pourrir le temps judiciaire, elle a offert aux perdants un argument moral et aux vainqueurs un sacre sans euphorie pleine.

Mais sur le fond, la ligne reste nette. Si le règlement prévoit le forfait, alors son application n’est pas un scandale. C’est la condition même de l’autorité sportive.

Le Maroc, dans cette séquence, n’a pas pris la Coupe à quelqu’un. Il a récupéré, tardivement, ce qu’il estimait lui être dû selon le droit. Et dans le football comme ailleurs, une justice tardive n’est peut-être pas idéale. Mais elle vaut mieux qu’un renoncement à faire respecter la règle.





Admin Ait Bellahcen
Un ingénieur passionné par la technique, mordu de mécanique et avide d'une liberté que seuls l'auto... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 19 Mars 2026

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