Alors, quelques souvenirs me reviennent...
Les adresses mythiques :
· Les Magasins Réunis : autre monument Art déco à vocation commerciale.
· Le Chat Botté : la référence des chaussures de luxe.
· Vog : le prêt-à-porter des jeunes élégants. Le boulevard, c'était aussi la scène sociale où intellectuels, artistes et hommes d'affaires se croisaient.
· Le Café de France : sa terrasse, le meilleur poste d'observation pour voir et être vu.
· Le Roi de la Bière : ambiance de brasserie parisienne.
· La Comédie : rendez-vous prisé devant le théâtre.
Puis venait le temps du divertissement.
· Le Cinéma Vox : démesure disparue — l'un des plus grands d'Afrique.
· Les emblématiques salles de cinémas ABC et Empire
· La Librairie Faraire : paradis des amoureux des livres.
· L'Hôtel Lincoln : jours sombres, travaux enfin achevés.
Dans les années 60, on surnommait le boulevard Mohammed V le « petit Paris ». Le samedi après-midi, les Casablancais endimanchés venaient flâner, avant une glace ou une pâtisserie à la Normande.
· La Normande : pâtisserie-chocolaterie incontournable.
· Le Trianon : chocolaterie artisanale mythique, réputée pour sa forêt noire.
· La Princière : autre enseigne de référence.
· Le Soleil : célèbre pour ses « chneiks ».
En ce temps-là, tout se passait au centre-ville.
Ses trottoirs se souviennent des rires, des parfums de café et de chocolat, des élégantes en robe d'été et des messieurs en costume. Aujourd'hui, les grues annoncent une renaissance. Nous espérons que ce nouveau chantier de réhabilitation du centre-ville ne nous décevra pas.
Mais une ville sans mémoire est une ville sans âme. Puissent ces pierres neuves garder l'écho de ce qui a fait battre le cœur de toute une génération. Ma génération. Que la nostalgie nous tienne encore un peu.
Elle n’est pas une prison : elle est un pont entre hier et demain. Le nouveau centre-ville saura-t-il s’en souvenir ?
Par Anissa Mekouar Senhadji.












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L’incompétence de certains sauvée par l’incertitude certaine du monde










