Au cœur de cette dynamique, la présence du Secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, a donné une portée politique particulière à une rencontre organisée à Chefchaouen avec les forces vives locales.
Un sentiment d’incompréhension face à certaines décisions administratives, notamment celles liées au classement des zones sinistrées et aux mécanismes d’indemnisation.
La question du Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques illustre parfaitement la complexité de la gouvernance des risques à l’ère des crises climatiques.
Conçu dans un cadre technique et soumis à des mécanismes d’assurance internationaux, ce dispositif obéit à des critères stricts qui dépassent parfois la perception immédiate des populations touchées.
Pourtant, derrière les normes et les procédures, demeure une exigence fondamentale : celle d’une communication transparente et d’une pédagogie institutionnelle capable de rapprocher l’action publique des attentes citoyennes.
Dans ce contexte, l’enjeu dépasse largement la seule gestion des catastrophes naturelles.
Il touche à une problématique plus profonde : celle de l’équilibre territorial.
Chefchaouen, comme d’autres provinces de l’arrière-pays marocain, illustre le défi permanent d’un développement harmonieux entre les grandes métropoles économiques et les territoires ruraux ou montagneux.
C’est précisément là que la question des infrastructures prend toute son importance. L’amélioration du réseau routier, notamment dans les zones rurales, constitue bien plus qu’un simple projet technique.
Elle représente un levier stratégique de transformation économique et sociale. Désenclaver les territoires, c’est faciliter l’accès aux services publics, encourager l’investissement, soutenir l’activité agricole et touristique, et surtout renforcer la cohésion nationale.
La perspective d’un renforcement des liaisons avec les grands pôles économiques du nord, en particulier Tanger, ouvre à cet égard des horizons prometteurs.
À l’ombre du dynamisme de Tanger Med et de l’essor industriel de la région, les provinces environnantes peuvent espérer s’inscrire dans une nouvelle géographie économique où la connectivité devient un facteur déterminant de prospérité.
Mais le développement ne se résume pas à des routes et à des infrastructures. Il repose également sur une vision politique capable d’articuler croissance économique, justice territoriale et solidarité nationale.
Dans cette optique, la création de nouvelles zones d’activité et l’encouragement de l’investissement productif dans les provinces du nord apparaissent comme des pistes essentielles pour offrir aux jeunes générations des perspectives d’emploi et d’avenir.
Plus largement, la situation de Chefchaouen rappelle que la construction du Maroc de demain ne pourra se faire qu’à travers une approche équilibrée du développement.
L’ambition d’un « Maroc de la vitesse unique », évoquée lors de cette rencontre, ne signifie pas uniformité, mais plutôt convergence : convergence des opportunités, des infrastructures et des conditions de vie entre les différentes régions du Royaume.
À l’heure où le pays se prépare à d’importantes échéances nationales et internationales, cette exigence de cohésion territoriale prend une dimension stratégique.
Elle renvoie à une conviction simple mais essentielle : la force d’une nation se mesure aussi à sa capacité à ne laisser aucun territoire en marge de son élan de développement.
Chefchaouen, par son histoire, sa résilience et les défis qu’elle incarne, rappelle ainsi que le progrès n’est véritablement durable que lorsqu’il est partagé. Et que la solidarité territoriale demeure l’un des piliers fondamentaux du projet marocain.
Par Said Temsamani.












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