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Criminalisation de la pensée en Algérie : Un islamologue de renom condamné




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criminalisation_de_la_pensee_en_algerie,_un_islamologue_de_renom_condamne.mp3 Saïd Djabelkhir condamné  (1.25 Mo)

L’islamologue algérien Saïd Djabelkhir a été condamné à 3 ans de prison ferme assortis d’une amende de 50 000 dinars (près de 3500 dh). Il lui est notamment reproché d’avoir critiqué certaines pratiques comme le mariage des mineures dans les sociétés musulmanes, un fléau pourtant universellement reconnu.

Victime de la pensée unique et de l’obscurantisme de son pays, le journaliste et chercheur de renom a été attaqué en justice par un universitaire, 7 avocats et un collectif citoyen. Ces derniers l’accusent d’ « offense aux préceptes de l’islam et aux rites musulmans ».

Ils affirment que critiquer le mariage des jeunes filles est une offense ouverte au prophète Mohamed. De son côté, Djabelkhir assure qu’il avait seulement fait part de « réflexions académiques » et qu’il était accusé « par des personnes qui n’ont aucune compétence en matière de religion ».

Le spécialiste de l’islam avait également exprimé son désaccord sur les réseaux sociaux avec des fondamentalistes de l’islam qui avaient qualifié la fête de Yennayer, le nouvel An Amazigh, de fête païenne. 

Alors qu’il était confiant dans ce procès et avait le soutien d’une large frange d’hommes politiques, sa condamnation a choqué son avocat. L’islamologue a précisé qu’il ne peux pas avoir de problèmes avec l’Islam parce qu’il s’agit d’une religion, mais plutôt avec les lectures traditionnelles de cette religion.

Après sa condamnation qui ne l’a pas placé sous mandat de dépôt, l’islamologue algérien a défendu le combat pour la liberté de conscience, la liberté d’opinion et la liberté d’expression. Seulement, la notion de « liberté de conscience » n’existe plus dans la nouvelle Constitution modiée par le Abdelmadjid Tebboune en 2020.

C’est une affaire inédite en Algérie. Jamais un islamologue en exercice n’avait été condamné pour avoir fait une lecture de l’islam et donné son avis. En général, ce sont les citoyens, militants et journalistes qui se font emprisonner pour leur liberté de conscience.

Avec AFP
 
 





Vendredi 23 Avril 2021



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