Libérations en cascade et peines déjà purgées
La décision de la chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Casablanca a changé le cours de ce dossier suivi de près.
Trois prévenus ont été condamnés à un an de prison avec sursis. Pour d’autres jeunes, la peine prononcée correspond exactement à la durée de leur détention provisoire. Résultat : ils ont été libérés immédiatement après le verdict.
Mais le dossier n’est pas totalement clos. Deux jeunes devront encore purger une peine de 10 mois de prison ferme. Les autorités judiciaires ont retenu plusieurs charges, notamment entrave à la circulation et perturbation du trafic sur la voie publique.
À la sortie de la prison, les scènes de retrouvailles ont marqué les esprits. Familles en larmes, accolades rapides, et surtout un sentiment partagé entre soulagement et incompréhension.
Une mobilisation qui avait bloqué l’autoroute
Tout remonte au 28 septembre 2025. Ce jour-là, 21 jeunes sont arrêtés par la police judiciaire de Casablanca après une manifestation sur l’autoroute menant à la métropole.
Selon les éléments du dossier, le parquet avait ordonné leur poursuite en détention. Plusieurs accusations ont été retenues, dont certaines liées à des stupéfiants pour une partie des prévenus.
L’affaire avait rapidement pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Beaucoup y voyaient un symbole des tensions entre une jeunesse en quête de changement et des autorités confrontées à des mouvements spontanés et difficiles à encadrer.
Un dossier sensible sur fond de tensions sociales
Le mouvement GenZ 212 s’inscrit dans une vague de mobilisations portées par des jeunes revendiquant de meilleures conditions de vie, plus de justice sociale et une meilleure écoute institutionnelle.
Même si les manifestations de septembre 2025 ont été localisées, elles ont relancé le débat sur la place de la jeunesse dans l’espace public.
Entre revendications sociales, frustration économique et usage des réseaux sociaux comme amplificateur, le phénomène dépasse largement le seul cadre judiciaire.
Cette affaire illustre aussi la difficulté de trouver un équilibre entre maintien de l’ordre public et gestion des formes d’expression contestataires, surtout quand elles prennent des formes rapides et massives.
Avec ces libérations, le dossier judiciaire entre dans une nouvelle phase, mais les questions restent nombreuses. Les familles, elles, espèrent désormais tourner la page.












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