Une rencontre entre la haute couture et la sculpture
Dévoilée le 6 juillet au Musée Rodin dans un décor végétal, la nouvelle collection haute couture de Dior imaginée par Jonathan Anderson s’inspire de l’œuvre de la sculptrice américaine Lynda Benglis.
Le créateur propose une garde-robe aux lignes organiques et sensuelles, où le plissé à la main, le nouage et le drapé occupent une place centrale. À travers cette collection automne-hiver 2026-2027, il poursuit le dialogue qu’il entretient entre la haute couture, l’art et l’artisanat.
Après une première collection conçue en collaboration avec la céramiste Magdalene Odundo, puis un sac Lady Dior revisité avec Sheila Hicks, Jonathan Anderson continue ainsi d’explorer les passerelles entre création artistique et mode.
L’héritage de Lynda Benglis au cœur de la collection
Depuis la fin des années 1960, Lynda Benglis s’est imposée comme l’une des figures majeures de l’art contemporain grâce à une approche expérimentale de la forme et de la matière.
Ses sculptures, réalisées à partir de matériaux tels que le latex, le zinc, le cuivre ou l’aluminium, puis enrichies d’éléments naturels comme l’eau à partir de 1984, ont contribué à renouveler les codes de la sculpture post-minimaliste.
Jonathan Anderson s’est particulièrement inspiré de cette esthétique, notamment du travail de l’artiste autour du nœud, devenu l’un des fils conducteurs de cette nouvelle collection.
Le nœud comme langage créatif
Des œuvres « coulées » réalisées directement au sol dans les années 1960 jusqu’aux totems en métal, coton ou plâtre, Lynda Benglis a fait du nœud un motif récurrent de son travail.
Sa série Knots, initiée en 1972, met en scène des matériaux inspirés de l’arte povera qui se tordent et se déploient en compositions murales.
Jonathan Anderson rend toutefois un hommage particulier à la série Kissel, créée en 1985, dans laquelle ces formes nouées évoluent vers des volumes plus complexes, donnant l’impression que la matière a été comprimée avant de retrouver son mouvement.
Cette recherche autour de la matière fait écho au vocabulaire de la maison Dior et à son héritage couture.
Une collection façonnée comme une sculpture
Les silhouettes de la collection automne-hiver 2026-2027 reprennent les codes développés par Lynda Benglis à travers des volumes noués, des drapés organiques, des plis sculpturaux et des tissus torsadés.
Jonathan Anderson s’inspire également de la série Peacock, notamment pour une robe dos nu évoquant la roue d’un paon. Cette référence trouve son origine dans les séjours de l’artiste au domaine de la famille Sarabhai, à Ahmedabad, dans l’État indien du Gujarat, où les paons évoluant librement dans les jardins ont profondément marqué son imaginaire.
Cette influence se retrouve dans une collection enrichie de motifs floraux, de broderies et de textiles imprimés indiens réalisés selon des savoir-faire traditionnels, notamment le chintz.
À travers cette nouvelle proposition, Jonathan Anderson réaffirme son attachement au geste artisanal et célèbre, dans l’esprit de Lynda Benglis, la capacité de la haute couture à transformer la matière en véritable œuvre sculpturale.












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