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Immobilier : Un post-Covid en demi-teinte


De par son ampleur et le fait qu’elle impacte tant l’offre que la demande, la crise sanitaire et économique actuelle demeure inédite.
Intensifiées par la sécheresse, les retombées de cette crise sur l’économie marocaine n’ont pas été des moindres. De larges pans ont été mis aux arrêts, quoique de manière différenciée, d’une branche à l’autre. Toute proportion gardée, certaines activités ont fait preuve de résilience dont l’industrie extractive, agroalimentaire et chimique & para-chimique. D’autres ont été lourdement affectés dont le BTP, sa composante immobilière en est la parfaite illustration.



Durant la période de confinement, cette composante, tous segments confondus, a fait les frais d’un double choc Arrêt des chantiers et chute libre du nombre de transactions. Les cimentiers en savent quelque chose. Les promoteurs immobiliers aussi.

La redynamisation tant espérée fut ébranlée et, depuis, les opérateurs, qui veulent se rattraper, ont les yeux rivés vers les perspectives post-covid qu’ils espèrent plus valorisant et mieux porteur. Certains d’entre eux tablent sur l’année 2021 pour un certain retour à la normale.

Aussi, faut-il saisir ce qu’ils entendent par un retour à la normale. Dans la mesure où, bien avant le Coronavirus, l’immobilier était, déjà, en crise, et la pandémie n’a fait qu’appuyer une morosité déjà enclenchée.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il est vrai que les séquelles de l’actuelle crise sanitaire ont fait que tout le monde se met d’accord sur la nécessité d’une nouvelle feuille de route pour relancer le secteur et, en même temps, migrer vers de nouveaux paradigmes en termes de planification urbaine, de réponses aux transformations démographiques structurelles, de durabilité environnementale…

Dans les faits, la réalité est out autre, et ce, à un double titre.

D’abord, le constat que la majorité des entreprises de la construction opérèrent dans l’informel. A lui seul, le segment auto-construction s’est accaparé de la moitié des mises en chantier en 2019.

Ensuite, le fait que ce qui avait été,concrètement, retenu, que ce soit en termes riposte ou de relance, est qualifié de bien maigre par les professionnels du secteur dont la mesure où il n’a qu’une portée bien limitée dans le temps.

Pour simple rappel, au lendemain de la levée du confinement, des mesures incitatives ont été initiées dont, entre autres, la baisse de moitié des droits d’enregistrement, le report des échéances de crédit, la suppression du référentiel des prix des actifs immobiliers,…

Par la suite, le Budget 2021 avait prolongé jusqu’au 30 juin prochain la réduction des droits d’enregistrement pour les achats immobiliers instaurée dans la Loi de finances rectificative 2020. Cette disposition prévoit une baisse de 50 % pour les actes portant acquisition à titre onéreux, des terrains nus destinés à la construction de logements ou de locaux à usage d’habitation sans que le montant de base imposable total ne dépasse 4 millions de DH.


Est-ce suffisant ?

La réponse est apportée par les données afférentes au marché.

Le secteur a entamé l’année 2021 sur une baisse de son indicateur clef, les ventes de ciment en l’occurrence.

A fin janvier 2021, cet indicateur a régressé de 12,3 %, après une légère progression de 0,4 % une année auparavant.

A fin 2020, les crédits à l’immobilier ont enregistré un accroissement de 2,5 % après +3,5 % l’année précédente, portés par la bonne tenue des crédits à l’habitat. Et ce, au moment ou les crédits à la promotion immobilière ont accusé une baisse de 1,8 % après une hausse de 2,4 % une année auparavant.

Un premier bilan

Au cours du quatrième trimestre 2020, les dernières données publiées par Bank Al Maghrib révèlent que le nombre des transactions du secteur, toutes catégories de biens confondues, s’est raffermi de 27,1 %.

Toutefois, au terme de l’année 2020, l’Indice des prix des actifs immobiliers a diminué de 0,9 %, incorporant une baisse de 1,2 % des prix des actifs résidentiels, de 0,6 % de ceux des terrains et de 0,4 % de ceux des biens à usage professionnel. Quant au nombre des transactions, il s’est replié de 15,2 %, traduisant un recul de 18,2 % dans les actifs résidentiels, de 7,7 % au niveau des terrains et de 5,4 % pour les biens à usage professionnel.



Noureddine Batije


Rédigé par Noureddine Batije le Mercredi 17 Mars 2021

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