Par Monceyf Fadili : Ancien Conseiller UN-Habitat
De l’art fonctionnel à la sculpture
Né en 1963, Jamil Bennani est très tôt porté vers les arts manuels et le travail de la matière, qui le conduisent vers une école des métiers d’art, l’Institut Saint-Luc de Tournai (Belgique) pour une formation de maître ébéniste, complétée par un diplôme d’Architecte d’intérieur et designer à l’Ecole Supérieure des Arts Modernes de Paris.
Ce que l’artiste décrit comme « une passion pour la matière et le volume » s’exprime rapidement dans la volonté de créer des lignes épurées qu’il traduit dans le mobilier contemporain et les objets fonctionnels sur lesquels il porte un regard artistique. Un cheminement presque naturel, qui s’inspire de la démarche de son père Karim Bennani (1936-2023), artiste peintre de la « première vague » au Maroc, dont il accompagne le travail dans le cadre du cabinet familial de décoration intérieure.
De cette immersion au sein d’un atelier pluridisciplinaire entre art, artisanat et décoration, Bennani tire une expérience marquante pour son parcours d’artiste, qui le fera entrer dans le monde de la sculpture. Il acquiert les nécessaires apprentissages, aidé par sa formation d’ébéniste lui permettant de s’approprier, parmi les artisans, les techniques inhérentes au travail du bois et à la confection de mobiliers contemporains.
Cette première expérience enrichissante voit émerger sa passion pour la sculpture. De la forme codifiée de l’artisanat d’art et de la fonction utilitaire de l’objet se révèle la passion pour la sculpture, qui donne naissance à de nouvelles lignes pour de nouveaux volumes, dans une symbiose entre le végétal et l’humain.
Cette évolution, que Bennani traduit comme un passage graduel vers une autre temporalité, n’est pas gratuite ; elle « allait de soi », selon son expression, pour une dimension affirmée et pleinement artistique.
Le bois est le support de prédilection de l’artiste. Il lui permet de jouer avec l’un des matériaux les plus anciens utilisés par l’homme, une manière d’« adapter la force naturelle à la création » avec un penchant pour les essences de bois tels que le Samba. La légèreté et la malléabilité de ce bois favorisent autant son « travail dans la masse » caractéristique de l’artiste, que la formation de courbes lisses, du vide et du plein qui confèrent à chacune des œuvres une créativité entre force et élan, et une énergie naturelle qui se transmet à l’œuvre.
Une souplesse et une certaine tension de la matière auxquelles Bennani rend hommage, par référence au mouvement ; le Samba est léger par nature, il est aussi « danse à travers les pensées ».
En ébéniste confirmé, Bennani travaille également les bois dérivés et ceux dits « réticents », dont la texture et la densité requièrent davantage d’investissement, et qu’il sait adapter aux normes de l’esthétique de la décoration et de l’ornementation, à l’instar du lamellé collé – Medium Density Fireboard, MDF – pour les bas-reliefs et autres productions à fonction utilitaire.
Né en 1963, Jamil Bennani est très tôt porté vers les arts manuels et le travail de la matière, qui le conduisent vers une école des métiers d’art, l’Institut Saint-Luc de Tournai (Belgique) pour une formation de maître ébéniste, complétée par un diplôme d’Architecte d’intérieur et designer à l’Ecole Supérieure des Arts Modernes de Paris.
Ce que l’artiste décrit comme « une passion pour la matière et le volume » s’exprime rapidement dans la volonté de créer des lignes épurées qu’il traduit dans le mobilier contemporain et les objets fonctionnels sur lesquels il porte un regard artistique. Un cheminement presque naturel, qui s’inspire de la démarche de son père Karim Bennani (1936-2023), artiste peintre de la « première vague » au Maroc, dont il accompagne le travail dans le cadre du cabinet familial de décoration intérieure.
De cette immersion au sein d’un atelier pluridisciplinaire entre art, artisanat et décoration, Bennani tire une expérience marquante pour son parcours d’artiste, qui le fera entrer dans le monde de la sculpture. Il acquiert les nécessaires apprentissages, aidé par sa formation d’ébéniste lui permettant de s’approprier, parmi les artisans, les techniques inhérentes au travail du bois et à la confection de mobiliers contemporains.
Cette première expérience enrichissante voit émerger sa passion pour la sculpture. De la forme codifiée de l’artisanat d’art et de la fonction utilitaire de l’objet se révèle la passion pour la sculpture, qui donne naissance à de nouvelles lignes pour de nouveaux volumes, dans une symbiose entre le végétal et l’humain.
Cette évolution, que Bennani traduit comme un passage graduel vers une autre temporalité, n’est pas gratuite ; elle « allait de soi », selon son expression, pour une dimension affirmée et pleinement artistique.
Le bois est le support de prédilection de l’artiste. Il lui permet de jouer avec l’un des matériaux les plus anciens utilisés par l’homme, une manière d’« adapter la force naturelle à la création » avec un penchant pour les essences de bois tels que le Samba. La légèreté et la malléabilité de ce bois favorisent autant son « travail dans la masse » caractéristique de l’artiste, que la formation de courbes lisses, du vide et du plein qui confèrent à chacune des œuvres une créativité entre force et élan, et une énergie naturelle qui se transmet à l’œuvre.
Une souplesse et une certaine tension de la matière auxquelles Bennani rend hommage, par référence au mouvement ; le Samba est léger par nature, il est aussi « danse à travers les pensées ».
En ébéniste confirmé, Bennani travaille également les bois dérivés et ceux dits « réticents », dont la texture et la densité requièrent davantage d’investissement, et qu’il sait adapter aux normes de l’esthétique de la décoration et de l’ornementation, à l’instar du lamellé collé – Medium Density Fireboard, MDF – pour les bas-reliefs et autres productions à fonction utilitaire.
Une esthétique de la courbe et de la transparence
La sculpture dans la masse fait partie de l’estampille de Jamil Bennani, un trait reconnaissable à la création de la courbe, au traitement de la surface par le jeu des transparences, au passage de la lumière et à l’interpellation permanente sur la représentation abstraite.
A cet égard, il est à souligner que l’artiste revendique l’abstraction comme un choix, une déclinaison de la figuration vers des formes renouvelées, traduite comme une « résonance contemporaine » qui n’est pas sans rappeler la démarche de « rupture » adoptée par les artistes marocains de l’après-indépendance, mais aussi l’influence assumée de l’héritage paternel.
Traduire un regard ou un visage dans le profilé d’une sculpture, imaginer ou lire un pétale dans le déploiement d’une sculpture, sont des formes d’interpellation tout aussi plurielles que personnelles. Bennani les matérialise avec des traitements de surface aussi divers que la patine, la laque, l’or et l’argent.
Il se dégage de chacune des pièces, uniques par leur créativité, une émotion que l’artiste se plaît à présenter comme des « formes méditées » pour offrir le déclic d’un regard, ou « ce qui éclot dans une œuvre artistique ».
Dans cet univers sculptural, les formes vivantes et organiques ont toute leur place et renvoient à la nature, comme cadre d’inspiration naturel. Dans cette démarche, les formes sont en mouvement ; elles donnent un sens à notre environnement et à son interprétation.
Artiste tout aussi prolifique qu’exigeant, Jamil Bennani sait tirer parti de la subtile combinaison de l’art fonctionnel et de la créativité qu’inspire la sculpture et sa liberté de composition. Un atout certain, dans un environnement artistique en mouvement.
Fort d’un savoir qu’il a su transmettre dès ses premières années professionnelles aux artisans, l’artiste, doublé d’un maître ébéniste, envisage sa contribution au rayonnement de l’art dans une position de passeur, notamment en faveur de la jeunesse.
Pour Bennani, « les émergences sont là », il suffit de les encourager et de les accompagner.
Outre son souhait de transmettre son art à travers l’édition – à titre de témoignage –, Jamil Bennani fait de la mission de transmission un devoir, par l’animation des « ateliers pour enfants » et l’ouverture de son espace aux talents émergents au Maroc.
Abla Ababou Galerie – Rabat
Exposition jusqu’au 23 mai 2026
A cet égard, il est à souligner que l’artiste revendique l’abstraction comme un choix, une déclinaison de la figuration vers des formes renouvelées, traduite comme une « résonance contemporaine » qui n’est pas sans rappeler la démarche de « rupture » adoptée par les artistes marocains de l’après-indépendance, mais aussi l’influence assumée de l’héritage paternel.
Traduire un regard ou un visage dans le profilé d’une sculpture, imaginer ou lire un pétale dans le déploiement d’une sculpture, sont des formes d’interpellation tout aussi plurielles que personnelles. Bennani les matérialise avec des traitements de surface aussi divers que la patine, la laque, l’or et l’argent.
Il se dégage de chacune des pièces, uniques par leur créativité, une émotion que l’artiste se plaît à présenter comme des « formes méditées » pour offrir le déclic d’un regard, ou « ce qui éclot dans une œuvre artistique ».
Dans cet univers sculptural, les formes vivantes et organiques ont toute leur place et renvoient à la nature, comme cadre d’inspiration naturel. Dans cette démarche, les formes sont en mouvement ; elles donnent un sens à notre environnement et à son interprétation.
Artiste tout aussi prolifique qu’exigeant, Jamil Bennani sait tirer parti de la subtile combinaison de l’art fonctionnel et de la créativité qu’inspire la sculpture et sa liberté de composition. Un atout certain, dans un environnement artistique en mouvement.
Fort d’un savoir qu’il a su transmettre dès ses premières années professionnelles aux artisans, l’artiste, doublé d’un maître ébéniste, envisage sa contribution au rayonnement de l’art dans une position de passeur, notamment en faveur de la jeunesse.
Pour Bennani, « les émergences sont là », il suffit de les encourager et de les accompagner.
Outre son souhait de transmettre son art à travers l’édition – à titre de témoignage –, Jamil Bennani fait de la mission de transmission un devoir, par l’animation des « ateliers pour enfants » et l’ouverture de son espace aux talents émergents au Maroc.
Abla Ababou Galerie – Rabat
Exposition jusqu’au 23 mai 2026












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