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La Covid-19 porterait le taux de pauvreté de 5,4 % à 8,2 %


Policy Center for the New South, un think tank marocain, vient de se livrer à l’exercice de dresser un premier bilan des divers impacts de la Covid-19 sur l’économie marocaine.
Partant du constat que l’année 2020 touche à sa fin, ce think tank estime qu’il est crucial de dresser une première évaluation circonstanciée des ramifications de cette crise. Une évaluation à même de mieux poser les défis et les enjeux de la politique économique pour les années à venir.



Canaux de transmission

A cet effet, ce think tank retient certaines techniques dont un modèle économétrique et un tableau « Entrées-Sorties » régionalisé pour fournir des ordres de grandeur approximatifs de l’impact de la crise, non pour en dégager une estimation ponctuelle, mais plutôt pour cerner au mieux ses ramifications et mieux décrire ses différents canaux de transmission et d’en évaluer l’impact sur la croissance économique et les équilibres macroéconomiques et sociaux.

Le tout dans le but d’aboutir à certaines recommandations en termes de politiques économiques à même d’enrichir le débat afférent aux pistes de relance de l’économie marocaine et des facteurs nécessaires pour renforcer sa résilience.

Sévérité de la crise

A travers ses approches, Policy Center for the New South retient, lui aussi, la sévérité de la crise qu’il qualifie de récession probablement plus sévère que celle de 1995 et estime à son tour que, globalement, la contraction de la production serait aux alentours de 7 % en 2020.
N’empêche que l’approche de ce think tank , qui puise dans les interrelations sectorielles établies par les tableaux entrées-sorties a le mérite de traiter de la distribution spatiale et sectorielle du choc pandémique.

Concentration des pertes

A ce titre, Policy Center for the New South relève au niveau régional, une concentration des pertes dans les zones contribuant le plus à la production nationale, notamment Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al-Hoceima et Marrakech Safi. Et au niveau sectoriel, de lourdes pertes subies par certaines activités telles que l’hôtellerie & restauration, le textile & cuir, l’industrie métallurgique et le bâtiment & travaux publics.

Grosso modo, pour ce think tank, les structures économiques, différentes d’une région à l’autre, exposent de manière disproportionnée chaque territoire au choc pandémique : les régions qui concentrent davantage les activités touristiques ou manufacturières sont plus enclines à subir les répercussions de la crise. Et les poids du secteur informel et de la fonction publique conditionnent fortement, à leur tour, la sensibilité de chaque région, dans la mesure où, les régions les moins vulnérables au choc sont celles à forte activité informelle et à forte présence d’activités publiques.

Déficits jumeaux

Partant de simulations élaborées pour soumettre les équilibres sociaux et macroéconomiques domestiques à ce scénario de crise économique, ce think tank aboutit à deux conclusions.
Au niveau des équilibres macroéconomiques internes et externes de l’économie, soumise à de rudes épreuves, les déficits jumeaux seraient compris entre 6 % et 8 % du PIB et les marges de manœuvre dont disposent les autorités, budgétaire et monétaire, pourraient absorber partiellement le choc de la Covid-19 dans le court terme, mais seraient sous stress pour accompagner la relance sur les années à venir. 

Pauvreté &vulnérabilité

A l’échelle sociale, la conclusion tirée met l’accent sur le fait que la récession profonde sur la base d’un scénario de croissance négative de 7 %, agirait davantage sur les classes sociales les plus précaires, puisqu’elle basculerait environ 1 million de personnes vers la pauvreté au-dessous de la ligne de pauvreté de 3,2 $PPA (parité du pouvoir d'achat) par jour(13dh par jour) et à peu près 900 milles autres sous la ligne de la vulnérabilité. 
Ce qui, selon les calculs de ce think tank ferait que l’effectif de la population vulnérable vivant à moins de 4,8 $/j (20dh par jour), devrait représenter 5,8 millions de personnes à la fin de 2020. Ce qui, selon ces mêmes calculs, porterait le taux de pauvreté de 5,4 % à 8,2 % entre 2018 et 2020.  
Noureddine BATIJE







Rédigé par le Dimanche 20 Décembre 2020


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