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La Françafrique rétrécit


Le Gabon et le Togo ont rejoint, le 25 juin, le club des pays membres du Commonwealth, une information presque passée inaperçue et étrangement peu commentée.



Écouter le podcast en entier :


Il s’agit pourtant d’un coup sévère porté à la « Françafrique », une expression inventée, en 1955, par l’ancien chef d’Etat ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, par laquelle on désigne l’influence de la France sur ses ex-colonies dans le continent noir.

Il faut, toutefois, noter qu’il ne s’agit pas là d’une première, le Rwanda ayant déjà claqué la porte de la Françafrique et rejoint les rangs des pays du Commonwealth, en 2009.

Pour rappel, le Commonwealth est une organisation regroupant 54 Etats membres (porté à 56 avec l’admission du Gabon et du Togo en son sein), dont la plupart sont d’anciennes possessions de la couronne britannique.

Nouvelles opportunités

Le Gabon et le Togo, pays africains de la rive atlantique et anciennes colonies françaises (le Togo était allemand jusqu’à la fin de la 1ère guerre mondiale), comptent pourtant parmi les membres fondateurs de l’organisation internationale de la francophonie, crée en 1970 et à laquelle adhère 88 Etats.

Pour Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo, un petit pays de 56.780 kms2 et 8,5 millions d’habitants, l'adhésion au Commonwealth, un marché de 2,5 milliards de consommateurs offre « de nouvelles opportunités économiques » et suscitait un « engouement pour l'anglais » parmi les Togolais.

« Le Togo rejoint le Commonwealth qui, pour beaucoup, est mieux que le partage de la langue et de la culture française qui, au final, ne fait pas la promotion du développement », estime Mohamed Madi Djabakate,  politologue togolais cité par l’Afp.

Perte d’influence

« Notre décision d’appartenir à la communauté des nations du Commonwealth est motivée par le désir de diversifier nos partenaires internationaux et de renforcer les échanges de la coopération entre pays membres », a estimé pour sa part Moussa Adamo, le chef de la diplomatie du Gabon.

De toute évidence, de plus en plus de pays africains, anciennement colonisés par la France, se sentent à l’étroit dans la Françafrique et cherchent à se donner de nouveaux horizons, diplomatiques, économiques et culturels. Et s’adressent, pour ce faire, à une autre puissance coloniale en Afrique, qui était non moins prédatrice, la Grande Bretagne.

Du côté de Paris, aucune réaction. Le président Macron, à peine réélu, le 24 avril, se retrouve privé de sa précédente large majorité à l’Assemblée nationale française suite aux dernières élections législatives, les 12 et 19 juin.

Même à l’échelle de l’Union européenne, dont la France assure la présidence du Conseil cette année, la perte d’influence de Paris est perceptible. La guerre d’Ukraine et le déclin de puissance de l’Occident en général n’ont fait qu’aggraver cette tendance.

Certitudes et habitudes

Comme le dit Bernard Lugan, historien français spécialiste de l’Afrique : « la colonisation française a laissé des certitudes et la colonisation anglaise a laissé des habitudes».

Il semblerait que certains pays africains, anciennement colonisés par la France, sont fatigués des « certitudes » des « Lumières », dont la prétention à l’universalité ne laisse place à aucun relativisme, et préfèrent plutôt s’initier à de meilleures « habitudes », concrètement plus susceptibles de promouvoir le développement socioéconomique tant escompté.

« Better late than never » (Mieux vaut tard que jamais).





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Mardi 28 Juin 2022

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