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La Jordanie tient contre vents et marées


Le Maroc a exprimé, à travers un communiqué du ministère des affaires étrangères, son soutien au souverain de Jordanie, le Roi Abdellah II, suite à des informations faisant état d’un complot manqué dans ce pays arabe. Les plans d’Israël de déplacer des populations palestiniennes en Jordanie tombent à l’eau, suite à cet échec.



SM le Roi Mohammed VI en compagnie du souverain hachémite le Roi Abdellah II de Jordanie
SM le Roi Mohammed VI en compagnie du souverain hachémite le Roi Abdellah II de Jordanie
Le prince Hamza Bin Hussein, demi-frère du Roi Abdellah II de Jordanie et, jusqu’en 2014, prince héritier de ce pays, a été placé sous résidence surveillé et 20 autres personnes ont été arrêtées lors d’une opération des services de sécurité jordaniens, le samedi 3 avril.

Le Maroc, ainsi que l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et d’autres pays du Golfe ont apporté leur soutien au souverain hachémite, qui jouit, par ailleurs, d’une bonne image de marque auprès des opinions publiques arabes.

Sans entrer dans les détails de cette sordide affaire de lutte de pouvoir au sein de la famille royale hachémite, il est plus intéressant d’examiner le contexte dans lequel s’est déroulé ce séisme géopolitique à dimension régionale.

Equilibrisme géopolitique

La Jordanie est un allié des Etats-Unis au Proche-Orient et entretient des relations de longue date avec Israël. Ce pays qui n’a participé à aucune des deux guerres menées par les Etats-Unis contre l’Irak a, toutefois, accueilli sur son territoire plusieurs vagues de réfugiés, ce dont les Irakiens lui sont jusqu’à présent gré.

De même avec la Syrie, ou, suite à la guerre civile déclenchée en 2011 et qui ravage toujours ce pays, la Jordanie a été le seul pays arabe à ne pas y avoir fermé son ambassade. Le royaume hachémite a aussi ouvert ses frontières à 1,4 millions de Syriens fuyant les combats dans leur pays.

En 2018, Amman décide de rouvrir ses frontières avec Damas, ce qui constitue un véritable ballon d’oxygène pour les habitants de ce pays asphyxiés par des années de guerre et d’embargo.


Îlot de stabilité

C’est dire que le royaume hachémite, sous la conduite du défunt Roi Hussein comme de son fils, Abdellah II, joue un rôle de soupape de sécurité dans un Proche-Orient profondément plongé dans l’instabilité.

Le pragmatisme autant que l’humanisme dont fait preuve Amman évitent une plus grave descente aux enfers de cette partie du monde arabe et à ses populations de souffrir encore plus.

Il va de soi que ce numéro permanent d’équilibrisme d’Amman n’est pas pour plaire aux tenants d’un éclatement des pays arabes en une multitude de micro-Etats faibles et soumis.

Ménager la chèvre et le chou n’est donc pas sans conséquences en termes de pression extérieure sur le royaume hachémite.

Pas de transfert

Ainsi, le rêve d’Israël d’absorber la Cisjordanie nécessite de trouver une « solution finale » à ces habitants, que Tel-Aviv verrait bien transférés et réinstallés en Jordanie.

Pour ce pays arabe de quelques 10 millions d’habitants, qui compte déjà près de 2 millions de réfugiés palestiniens et un peu plus de syriens, accueillir encore plus de Palestiniens sur son sol équivaut à un suicide démographique et sociopolitique. Amman a donc toujours envoyé Tel-Aviv se faire voir à ce sujet. 

Le mois dernier, la Jordanie a signé avec les Etats-Unis, un accord militaire qui assure la sécurité du royaume hachémite. Pour Tel-Aviv, cela équivaut renvoi de son plan de transfert des Palestiniens en Jordanie aux calendes grecques.

Solides racines

En fin de compte, ce complot raté contre le Roi Abdellah de Jordanie aurait permis de mettre en lumière l’excellente cohésion entre le palais, l’armée et l’appareil sécuritaire jordaniens.

Plus important encore, l’attachement de la population jordanienne, qui n’a manifesté nul soutien aux comploteurs, à son souverain et son adhésion à sa politique.

Ce fut également l’occasion de constater la solidité de l’axe des monarchies arabes, qui, malgré les multiples soubresauts politiques qui ont secoué l’ensemble de la région depuis une décennie, s’avère le meilleur garant de sa stabilité.



Ahmed Naji


Rédigé par Ahmed Naji le Lundi 5 Avril 2021

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