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La scolarisation de la fille au Tchad


« Eduquer une fille, c’est éduquer une nation », un adage bien connu des tchadiens mais qui ne fait pas toujours l’unanimité. L’éducation des jeunes filles reste un défi d'envergure dans le pays car même si le taux de scolarisation des filles semble acceptable au primaire (80,4% d’après l’Annuaire statistique scolaire 2019-2020), au fur et à mesure qu’on progresse dans le cursus scolaire, et selon les provinces, le taux devient de plus en plus faible (18, 3 au cycle moyen).



©UNICEF
©UNICEF
Au Tchad, les filles sont moins scolarisées que les garçons et elles sont plus nombreuses à quitter prématurément l’école, selon une étude du ministère de l’Education nationale tchadienne publiée en 2015 qui concerne huit provinces du pays. 

D’après les données de l’Annuaire statistique scolaire 2019-2020 du ministère de l’Education nationale et de la promotion civique (MENPC), beaucoup de provinces de la Bande sahélienne ont des taux de scolarité des filles les plus faibles au Tchad. On peut citer entre autres le Borkou (18,8%), l’Ennedi Ouest (24,6%), l’Ennedi Est (46,6%), le Bahr-El-Ghazal (30,2%), le Hadjer-Lamis (32,7%), le Batha (34%) et le Wadi-Fira (40%). Les taux de scolarisation des filles les plus élevés sont enregistrés dans les provinces de la Ville de N’Djamena (131,6%), le Logone Occidental (126,1%), le Mandoul (118,4%), le Mayo-Kebbi Ouest (114,7%), le Moyen-Chari (112,2%), le Logone Oriental (104,8%), le Tandjilé (99,1%) et le Tibesti (75,8%).

Quels sont les obstacles à la scolarisation des filles et leur maintien à l’école ?
 
Plusieurs obstacles entravent l’éducation des filles au pays de Toumaï. Ces obstacles sont purement d’ordre socio-culturel. Cependant les causes majeures restent :  le statut de la femme dans la société et la pauvreté.

Le statut de la femme dans la société tchadienne

La scolarisation des filles a longtemps été considérée comme non prioritaire au Tchad.  On considère généralement que le rôle assigné à la femme est au foyer et non à l’école. Dans certaines communautés, donner sa fille en mariage, même jeune, est apprécié et perçu positivement. C’est aussi une preuve que les parents suivent encore les principes coutumiers et religieux. Les mariages précoces/forcés permettraient, selon eux, de préserver l’honneur de la famille contre les grossesses non désirées. En cas de refus, certaines filles peuvent subir des violences physiques au sein des familles. Dans certaines communautés, les mariages arrangés prédominent, certaines filles étant promises à des maris sans en être informées ni consultées.

Les filles sont retenues à la maison pour effectuer les travaux ménagers et agricoles. Dans certaines provinces, dès les premières pluies par exemple, les filles ne vont plus à l’école car elles se retrouvent impliquées dans les activités champêtres. Cette situation impacte négativement leur scolarité. En plus, lors de la recherche de bois de chauffe, d’eau et de courses diverses, elles sont souvent exposées à des risques accrus de Violences Basées sur le Genre. Une fois que cela se produit, elles ne retournent plus à l’école, d’une manière générale.

Tous ces facteurs ont influencé la mentalité de la jeune fille tchadienne qui trouve que sa place est bien dans un foyer et non à l’école.  

La pauvreté

Pour des nombreux parents, scolariser la fille représente une perte de revenu ou d’aide-ménagère. Par manque de ressources financières afin de fournir à l’ensembles de leurs progénitures des fournitures scolaires et des uniformes, certains parents priorisent l’envoi des garçons à l’école, au détriment des filles. Dans certaines communautés, la dot de la fille donnée en mariage pourrait « rapporter » jusqu’à dix chameaux ou plus à sa famille. Dans ce genre de situation, le choix devient clair entre maintenir une fille à l’école ou la donner en mariage.

Comment éliminer les barrières d'accès à l'éducation des filles ? 
 
La sensibilisation

Pour éliminer les barrières d’accès à l’éducation des filles, il faut penser à sensibiliser les communautés sur l’égalité des chances et l’importance de l’autonomisation de la fille. Car scolariser les filles leur permettra de devenir autonomes et de participer activement au développement social et économique et politique de leur pays.  Les femmes représentent 52% de la population du Tchad, il est donc impensable que le développement de ce pays puisse être atteint sans la contribution de la gent féminine. 
 L’Association pour la sensibilisation et la scolarisation des jeunes tchadiens (ASJT), l’organisation des femmes du parti MPS et bien d’autres groupements associatifs n’ont pas manquer à organiser des conférences-débats durant ce mois de la femme afin de sensibiliser les populations sur la question de la scolarisation des filles et leur maintien dans le cursus éducatif.

De part ces efforts consentis au niveau local, des organismes internationaux comme le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), le Fond des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour les Populations (FNUAP) ont lancé des programmes conjoints pour renforcer l'accès des filles et des adolescentes à une éducation de qualité dans les différentes provinces du pays.

Les actions du gouvernement

Du côté du gouvernement, le ministère de la femme, de la famille et de la protection de l’enfance multiplie ses actions afin de responsabiliser les parents et le corps enseignant dans le but de maintenir les filles à l’école à travers le pays.
Néanmoins, la plus grande initiation dans ce domaine reste l’adoption de la loi n°029/PR/2015 sur l’interdiction du mariage des enfants qui a été signée et promulguée par l’ancien président de la république du Tchad le 21 juillet 2015.
Malgré tous ces efforts consentis par les uns et les autres , la question de la déscolarisation de la fille continue à figurer au centre des débats éducatifs.  

Rédigé par Aziza Moussa Moustapha, La Fondation Tamkine  

Vendredi 1 Avril 2022



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