La sécurité alimentaire mondiale à l'aune du conflit russo-ukrainien telle que perçue par la FAO (2/2)

Face aux risques, maintenir le commerce mondial ouvert et éviter les réponses politiques au cas par cas


Donnant suite à la première partie traitant de la réelle portée de la problématique de la sécurité alimentaire mondiale à l'aune du conflit russo-ukrainien tel que perçue par la FAO, cette seconde partie traite de facteurs de risques et des recommandations à retenir quand contexte actuel fortement imprégné de risques d'aggravation de l’insécurité alimentaire au plan mondial.
Un contexte où les prix internationaux des denrées alimentaires et les cours des intrants sont déjà élevés et volatils.



Partant de là, la FAO par le biais de son DG, M. Qu Dongyu, énumère un certain nombre de risques et formule certaines recommandations en matière de politiques.

"Le conflit actuel pourrait entraîner une réduction soudaine, et d’ampleur dramatique, des exportations de blé de la Russie et de l’Ukraine, alors que le blé est un aliment de base pour plus de 35 % de la population mondiale. On ne sait toujours pas si d’autres pays exportateurs seraient en mesure de combler ce manque. Les stocks de blé sont déjà à un niveau bas au Canada, et les exportations des États-Unis, de l’Argentine et d’autres pays seront probablement limitées, car les gouvernements de ces pays s’efforceront de garantir l’approvisionnement de leur marché intérieur".

Ce constat émane du DG de la FAO qui, au préalable, avait attiré l'attention sur le fait que d'une part," les cultures céréalières seront parvenues à maturité pour la récolte en juin. Il n’est pas certain que les agriculteurs ukrainiens soient en mesure d’opérer les récoltes et d’en livrer les produits aux marchés".

Et d'autre part, "les sanctions financières prises à l’encontre de la Russie ont provoqué une importante dépréciation qui, si elle se poursuit, pourrait nuire à la productivité et à la croissance et, à terme, rehausser les coûts de production dans l’agriculture".

Pression supplémentaire sur les approvisionnements

Pour M. Qu Dongyu, il va sans dire que "les pays dont la consommation de blé repose sur leurs importations sont à même d'exercer une pression supplémentaire sur les approvisionnements mondiaux, des pays tels que l’Egypte, la Turquie, le Bangladesh et l’Iran, gros importateurs de blé qui achètent plus de 60 % de leur blé à l’Ukraine et la Russie, et en importent des quantités très importantes".

Idem pour "le Liban, la Tunisie, le Yémen, la Libye et le Pakistan qui eux aussi, sont fortement dépendants de ces deux pays pour leur approvisionnement en blé".

La même situation prévaut au niveau du commerce du maïs dans la mesure où outre l'effet prix, le recul des exportations ukrainiennes ne devrait pas se voir compensé par des exportations d’autres pays.,

Même chose pour les perspectives des exportations d’huile de tournesol et d’autres huiles de substitution qui restent également incertaines.

Pour le DG de la FAO, "les grands importateurs d’huile de tournesol que sont l’Inde, l’Union européenne, la Chine, l’Iran et la Turquie devront se tourner vers d’autres pays fournisseurs ou s’intéresser à d’autres huiles végétales, ce qui pourrait avoir une incidence sur la demande d’huiles de palme, de soja et de colza, par exemple".


Ce que recommande la FAO

Partant de là, la FAO retient un certain nombre de recommandations. Telles qu'enumérées par M. Qu Dongyu, ces recommandations portent sur:

Le maintien du commerce mondial des aliments et des engrais ouvert: Les chaînes d’approvisionnement doivent rester actives, ce qui veut dire préserver les cultures sur pied, les animaux d’élevage, les infrastructures de transformation des aliments et tous les dispositifs logistiques.

. La recherche de fournisseurs de denrées alimentaires nouveaux et plus diversifiés : Les pays tributaires d’importations de denrées alimentaires provenant de Russie et d’Ukraine doivent se mettre à la recherche de fournisseurs d’autres pays en vue d’amortir le choc.

. L'aide aux catégories de population vulnérables, notamment les personnes déplacées à l’intérieur des frontières nationales et celles susceptibles d’être précipitées dans la pauvreté et la faim à cause du conflit.

. L'éloignement des réponses politiques au cas par cas : La réduction des droits de douane à l’importation, ou le recours à des restrictions à l’exportation, pourraient, certes, aider à résoudre les problèmes de sécurité alimentaire d’un pays donné à court terme, mais ces mêmes mesures ne manqueraient pas d’entraîner une hausse des prix sur les marchés mondiaux.

. Le renforcement de la transparence du marché et le dialogue : Plus d’informations sur l’état du marché mondial peuvent aider les gouvernements et les investisseurs à prendre des décisions éclairées lorsque les marchés des produits agricoles sont instables.





Noureddine Batije
Noureddine BATIJE est un journaliste spécialiste en investigation journalistique et traitement de... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 15 Mars 2022

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