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Le bonheur est certes relatif mais il n’est pas chimérique !


Le bonheur est perçu différemment d’une personne à une autre, d’une culture à une autre et d’une tradition à une autre. En conséquence, définir le bonheur est une entreprise délicate mais pas impossible.



Par Ali Bouallou

La définition du bonheur la plus juste à mon sens est celle des philosophes. En effet, le bonheur est un concept philosophique qui a été construit puis déconstruit à travers les âges, de l’antiquité jusqu’à notre époque en passant par la période des lumières, aussi bien orientales qu’occidentales. Sa définition a donc évolué selon le temps et l’espace, deux éléments primordiaux dans la construction de toute théorie liant la matière et l’esprit.

La définition profane du bonheur est assujettie à la chose matérielle mais elle est très souvent rehaussée par la réflexion spirituelle. Tous les philosophes s’accordent à dire que le bonheur est un état de satisfaction continu dans le temps, un contentement permanent indépendamment des aléas de la vie, un objectif à atteindre dans une existence. Cela étant, chaque philosophe l’a décliné à sa manière.

Pour Aristote (philosophe grec 384 av. J.-C – 322 av. J.-C), le bonheur réside dans la conformité à la raison et à la vertu. C’est ce qu’Aristote appelle « le Souverain Bien ».

Pour Epicure (philosophe grec 341 av. J.-C – 270 av. J.-C), le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse dans le sens où le plaisir peut à la fois être à l’origine du malheur comme celle du bonheur.

Quant à René Descartes (philosophe français 1596 – 1650), il considère que le bonheur est accessible à condition de limiter ses désirs à ce qui dépend de soi.  

Pour Baruch Spinoza (philosophe néerlandais 1632-1677), le bonheur est le fait d’avoir des réponses à tous les questionnements qui taraudent une existence, l’accès à la vérité et donc à la sagesse, une sorte d’élévation spirituelle synonyme d’un accomplissement de soi ou comme dirait Spinoza l’accroissement de soi.

Pour Emmanuel Kant (philosophe allemand 1724 – 1804), la notion du bonheur est assimilée à la satisfaction complète des besoins et des désirs.

Alors que pour Arthur Schopenhauer (philosophe allemand 1788 – 1860), le bonheur positif et parfait est impossible. C’est la raison pour laquelle, il estime que la quête du bonheur est une perte de temps.    
Par contre, Friedrich Nietzsche (philosophe allemand 1844 – 1900) estime que la vie n’a pas vocation à garantir le bonheur mais à créer des énergies positives pour surmonter les résistances au bonheur.   
 
Tous ces philosophes, ou initiés, ont réfléchi au bonheur sans aucun devoir religieux avec les risques que cela impliquait à des périodes où seule la religion était supposée mener au bonheur.

Ils ont exprimé leurs pensées de la meilleure des manières alors que la majorité d’entre eux, pour ne pas dire à l’unanimité, ont eu une vie malheureuse semée d’embûches et de rejet, à cause de leurs réflexions « déconstructionnistes », avec un sentiment de profonde solitude, ou d’aliénation volontaire, qu’ils ont parfaitement assumé pour mener à bien leurs travaux.

L’enseignement à retenir de toutes ces réflexions philosophiques est qu’il est tout à fait possible de donner du bonheur sans l’avoir vécu et d’accéder au bonheur sans l’avoir reçu.

Le bonheur est dans le travail bien fait. Le bonheur est dans l’effort et la persévérance. Le bonheur est dans l’altruisme. Le bonheur est dans l’amour. Le bonheur est dans le respect de soi. Le bonheur est dans le respect des lois. Le bonheur est au contact de la beauté. Le bonheur est d’accéder à la vérité. Le bonheur est bonté. Le bonheur est santé…Le bonheur est tout cela et certainement plus encore.       

Par Ali Bouallou



La rédaction


Rédigé par La rédaction le Mardi 16 Mars 2021

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