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Les Normes patriarcales : Un facteur qui favorise qui favorise les violences conjugales


Les normes patriarcales : un facteur qui favorise les violences conjugales

Normalisation des violences

Une étude d’OXFAM Maroc et du Rabat Social Studies Institute(RSSI) ayant pour thème : « Les violences faites aux femmes : entre patriarcat et limites institutionnelles », a fait une évaluation un peu spéciale du phénomène puisqu’elle n’a pris en compte que les normes sociales et institutionnelles.



Deux grandes conclusions émanent de cette étude de terrain, l’une sur l’accès à la justice et l’autre sur l’héritage de comportements sexistes.

Le recours à la justice par les femmes victimes de violence est toujours une tâche ardue.

Comme rédigé dans le document :

« La corruption et le clientélisme sont perçus comme des pratiques courantes du système, et la méfiance envers les institutions décourage les femmes et les hommes d’user de leur droit de recours à la justice en cas de conflit, d’injustice ou de violence ».

Même si la loi 103-13 sur les violences faites aux femmes est entrée en vigueur en 2018, les citoyens et citoyennes sont réticents quant à sa mise en œuvre effective.

L’étude a porté sur de jeunes femmes et hommes âgés de 18 à 35 ans, victimes ou auteurs de violence, de Rabat, Casablanca, Oujda, Larache et Agadir.


53% des jeunes interrogés pensent que la corruption et le clientélisme sont des pratiques courantes au niveau du système judiciaire !

En deuxième lieu, ils estiment que l’éradication du fléau se heurte aux croyances, à un héritage communautaire, à une masculinité stéréotypée et à des comportements sexistes. Aussi, les normes sociales et institutionnelles peuvent encourager et normaliser les violences.

La violence conjugale fait l’objet de tolérance sociale

Les résultats de l’étude montrent que l’autorité de l’homme sur la femme est largement acceptée par les gens interrogés, surtout pour ce qui est du port vestimentaire et du contrôle des sorties.

Selon l’enquête nationale sur les VEF :

13% de femmes ne sont pas libres de s’habiller comme elles veulent.

C’est un facteur évalué à 32% pour celles qui portent un vêtement court et 7,5% pour celles habillées en djellaba (dans l’étude d’Oxfam).

En réponse à cette question vestimentaire, 78% sont d’accord (Ces opinions sont perçues à 53% par les femmes et à 47% par les hommes) contre 22% qui ne sont pas d’accord (59% par les F et 41% par les H).

Aussi, les caractéristiques sociodémographiques, tels que le niveau d’éducation et le niveau social influent sur les attitudes favorables ou non aux VEF.

Plus les enquêtés(es) ont un haut niveau d’éducation, plus la barre de l’acceptation diminue (68% de ceux qui ont fait des études supérieures contre 89% du niveau primaire).

Les motivations données par ceux et celles qui tolèrent l’attitude du mari sont pour 45% les droits de l’Homme ; 27% les normes sociales et le regard de la société ; 21% le devoir de la femme et 6% la concertation.


« L’homme a une autorité sur sa femme » est la croyance partagée par 45% des répondants arroujoula ou masculinité oblige. Quant au respect des règles sociales et du regard de la société, 27% invoquent hachma(honte) ou la nudité. Le devoir d’obéissance de la femme est évoqué par 21% des interrogés.






Journaliste professionnelle. 30 ans d'expérience à L'Opinion. Actuellement journaliste à Radio Web... En savoir plus sur cet auteur
Samedi 12 Décembre 2020