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Les Talibans aux portes de Kaboul


Après 20 ans de guerre, près de 2.500 soldats américains tués et quelques 1.000 milliards de dollars dépensés pour contrôler l’Afghanistan, la défaite américaine est maintenant consommée.



Les hordes de Taliban bientôt à l'assaut de Kaboul
Les hordes de Taliban bientôt à l'assaut de Kaboul
En 14 jours, les Talibans ont conquis 14 capitales provinciales sur les 34 que compte l’Afghanistan. Ils contrôlent désormais 70% du territoire.

Un remake, à la sauce afghane, de l’offensive du Têt menée par le Vietminh contre l’armée américaine, en 1968.

Les experts militaires américains estiment à trois mois la chute de, Kaboul. Mais 'off the record', ils avouent que ça ne devrait pas prendre plus d’un mois aux Talibans pour prendre la capitale afghane.

Une blitzkrieg menée par des guérilleros beaucoup moins bien armés que leurs adversaires, les soldats de l’armée régulière afghane équipée par les Etats-Unis, mais beaucoup plus motivés.

Comme un château de cartes

En fait, les Talibans ont eu peu à se battre pour gagner du terrain. La plupart du temps, les soldats afghans ont déposé les armes et se sont rendus, après négociation, ou alors ils ont fuit vers les pays avoisinants.

Il n’a fallu aux Talibans ni intelligence artificielle, ni armes de haute technologie pour appliquer une stratégie bien réfléchie et efficace.

Ils ont commencé par prendre les campagnes, sans insister sur la conquête des grandes villes, puis ils ont pris le contrôle des régions frontalières et des principaux axes routiers.

« La théorie du partisan » de Carl Schmitt demeure pertinente quelque soit la technologie n.0.

Moins bien que les communistes

Les guérilleros barbus se sont aussi révélés bien meilleurs diplomates que leur apparence ne pourrait le laisser croire.

Il est vrai que les Talibans se montrent particulièrement intransigeants envers l’actuel président de l’Afghanistan, Achraf Ghali, dont ils exigent le départ avant toute négociation avec Kaboul, comme l’a fait savoir le premier ministre pakistanais, Imran Khan.

Un refus catégorique qui fait fulminer les petits génies de Washington, de crainte de voir échouer les négociations de Doha et s’écrouler le gouvernement afghan pro-occidental, peu de temps après leur retrait.

Après le départ des Soviétiques, le régime de Mohammed Najibullah a quand même réussi à tenir 3 ans face aux insurgés islamistes afghans.

Il ne s’est effondré que lorsque Moscou a cessé de lui octroyer une aide militaire.


Rassurer le voisinage

Les négociateurs Taliban à Doha (Qatar)
Les négociateurs Taliban à Doha (Qatar)
Les Talibans se sont, toutefois, empressés de rassurer Tadjiks, Ouzbeks, Turkmènes, Russes et Chinois sur leur absence d’intentions de porter le combat aux pays voisins.

Si Moscou considère jusqu’à présent les Talibans comme une organisation terroriste, interdite en Russie, les contacts n’en sont pas moins discrètement établis.

Pékin, par contre, est prête à reconnaître un régime taliban à Kaboul, planifiant même d’y étendre leur projet de nouvelle Route de la soie.

L’inconnue jihadiste

Tout ce qui attendu des Talibans et qu’ils ne prêtent pas leur territoire à des organisations terroristes, du style Al Qaïda et Daech-Khorasan, pour effectuer des incursions dans le Xinjiang chinois.

Les Talibans bénéficient du soutien du Pakistan, ce qui n’est, bien entendu, pas pour plaire à l’Inde.

L’Iran, pour sa part, a tout simplement fermé ses frontières avec l’Afghanistan, en attendant de voir comment va évoluer la situation.

Des bombes et des dollars

Mais tous les pays de la région craignent qu’un entêtement des Talibans, dans leur refus de partager le pouvoir avec le régime pro-occidental à Kaboul, ne donne une justification aux Etats-Unis pour envoyer de temps en temps ses bombardiers B52 arroser l’Afghanistan.

D’où leur pression sur les Talibans pour se montrer plus souples, même si tout le monde est convaincu que le code d’honneur pachtoune dicte l’exécution sur la place publique des afghans accusés de compromission avec les Américains.

A Washington, le complexe militaro-industriel compte les centaines de milliards de dollars que lui a rapporté la défaite des Etats-Unis dans le plus longue guerre qu’elle ait jamais menée.

Cauchemar des ‘Eveillés’

La bannière étoilée ramenée après 20 ans de guerre inutile
La bannière étoilée ramenée après 20 ans de guerre inutile
Dans les médias et la classe politique ‘éveillés’ (gauche sociétale) des Etats-Unis, on évitera, cependant, soigneusement de traiter de la greffe ratée de la démocratie et des valeurs occidentales ‘universelles’ sur le corps social afghan.

L’on se contentera de quelques larmes de compassion sur les atteintes aux droits humains en Afghanistan renvoyé au Moyen âge taliban.

Dans quelques semaines, la burka deviendra, à nouveau, l’uniforme obligé de la femme afghane.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Samedi 14 Août 2021

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