Comment peut-on prétendre qu’il s’agit d’un programme destiné aux Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises, alors qu’il ne bénéficie, au mieux, qu’à 800 entreprises par an, soit à peine 0,02% de l’ensemble des entreprises marocaines ?
Il est important de rappeler que Maroc PME, créée en 2002 sous le nom d’Agence Nationale pour la Promotion de la PME (ANPME), est toujours restée fidèle à sa mission initiale : accompagner les Petites et Moyennes Entreprises. Personne ne peut lui reprocher d’avoir rempli cette mission.
En revanche, ce qui suscite l’incompréhension, c’est l’intégration des Très Petites Entreprises (TPE) dans le discours officiel et dans l’intitulé même du Pacte «T»PME, sans qu’aucun dispositif spécifique ni programme d’accompagnement adapté à leurs réalités et à leurs besoins ne leur soit proposé.
Les TPE n’ont pas besoin de slogans. Elles ont besoin d’une politique publique claire et d’une institution nationale entièrement dédiée à leur développement.
C’est pourquoi il est aujourd’hui devenu indispensable de créer une Agence nationale « Maroc TPE », dont la mission serait d’accompagner et de soutenir les 98% des entreprises marocaines qui demeurent, jusqu’à présent, les grandes oubliées des politiques publiques.
Dans les prochains jours, je publierai une vidéo d’analyse détaillée, étayée par des chiffres et des documents, dans laquelle j’expliquerai pourquoi le Pacte «T»PME ne répond pas aux attentes des Très Petites Entreprises et pourquoi la création de Maroc TPE est devenue une nécessité nationale.
Le même constat s’applique aux Centres Régionaux d’Investissement (CRI), créés à l’origine pour attirer et accompagner les investisseurs, notamment les porteurs de grands projets d’investissement, qu’ils soient marocains ou étrangers.
Cette orientation apparaît clairement dans les programmes de soutien à l’investissement. Pour être éligibles, les TPME doivent réaliser un investissement minimum d’un million de dirhams.
Une condition qui exclut de fait la quasi-totalité des Très Petites Entreprises et qui confirme, une fois encore, que l’investissement au Maroc continue d’être évalué à l’aune des montants financiers engagés, plutôt qu’à sa capacité à créer de la valeur ajoutée et des emplois.
À l’inverse, les pays développés, ainsi que de nombreuses économies émergentes, privilégient une autre approche : ils encouragent les idées, l’innovation et les projets portés par les jeunes, même lorsque les investissements sont modestes, car ils considèrent que la véritable richesse d’un investissement réside dans sa capacité à créer de la valeur et de l’emploi.
Les faits le démontrent. Les grands projets examinés par la Commission Nationale des Investissements, présidée par le Chef du Gouvernement, mobilisent des investissements de plusieurs milliards de dirhams, mais ne génèrent souvent qu’un nombre limité d’emplois.
En moyenne, chaque emploi créé représente un investissement supérieur à trois millions de dirhams.
À l’inverse, une Très Petite Entreprise est capable de créer un emploi avec un investissement inférieur à 300 000 dirhams, voire beaucoup moins.
Je vous invite à regarder cette vidéo d’annonce et à la partager largement.
Car une économie forte ne peut se construire en laissant de côté 98 % de ses entreprises.
Par Abdellah EL FERGUI - Président de la Confédération Marocaine des TPE-PME.












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Le Maroc, la moitié vide du verre est encore à remplir.











