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Les attentes des électeurs priment sur le quotient électoral


Que d’encre a coulé et de débats houleux à propos du fameux quotient électoral, alors que les Marocains attendent des solutions à leurs véritables soucis du quotidien. Entre diversité démocratique et risque d’atomisation de la scène politique, il existait quand même la solution médiane du nombre de voix exprimées.



A lire ou à écouter en podcast :

Les 395 sièges de la Chambre des représentants seront âprement disputés
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break_time500msles_atten1615399764.mp3 Les attentes des électeurs priment sur le quotient électoral.  (1.04 Mo)

La question du quotient électoral peut sembler trop technique pour susciter l’intérêt des électeurs marocains, mais la bataille législative qui s’est déroulée au parlement à ce sujet était, toutefois, déterminante pour la configuration de la prochaine Chambre des représentants. Et, donc, de la formation du futur gouvernement.

Le mode de scrutin adopté au Maroc étant celui de la représentation proportionnelle plurinominale, ou de liste, la méthode de calcul du quotient électoral est plus politique qu’il n’y paraît. Mais il faut, néanmoins, préciser qu’elle ne peut modifier fondamentalement le classement des formations politiques.

Iniquité

Lors des élections législatives de 2016, du fait du seuil des 3 % en dessous duquel les listes de candidats étaient éliminées, et du quotient électoral, calculé par division des voix ainsi restantes par le nombre de votes validés, les plus grandes formations politiques avaient la part belle en raflant, au final, les voix obtenues par les petits partis.

On s’est ainsi retrouvé dans l’étrange situation ou, par exemple, le Pjd et le PAM, qui ont recueilli respectivement 27,14 % et 20,82 % des voix, ont engrangé 31,64 % et 25,82 % des sièges à la Chambre des représentants.

A contrario, un parti comme le PPS, auquel 4,8 des votants avaient accordé leur confiance, a dû se contenter de 3,03 % des sièges. Les petites formations politiques étaient, par ailleurs, totalement privées de représentativité à la Chambre des représentants.

Comme n’avait pas manqué de le dénoncer à plusieurs reprises le secrétaire général du parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, ce système était inique et ne favorisait pas l’expression démocratique de la diversité.

Primeur aux votants

Aussi l’Istiqlal avait-t-il promu, en premier lieu, le calcul du quotient électoral sur la base du nombre de l’ensemble des votants. C’était le contenu du mémorandum relatif aux élections qu’il a proposé, avec d’autres partis de l’opposition, le PPS et le PAM.

Cette approche est assez équilibrée et accorde aux bulletins blancs et non-validés une signification dans le calcul du quotient électoral, dans le sens ou ce sont les voix d’électeurs qui ont bel et bien rempli leur devoir citoyen en participant au scrutin et exprimé de la manière qu’ils jugent leur convenir leur avis politique.

Le risque d’atomisation de la scène politique nationale est de la sorte, également, réduit. L’objectif de l’Istiqlal a toujours été la constitution d’un gouvernement fort, qui n’aurait aucun moyen de se chercher des excuses pour fuir ses responsabilités face aux électeurs.

Priorités

L’Istiqlal a fini, cependant, par réviser sa position en fonction de celle des autres formations politiques, qui, à l’exception du Pjd, ont opté et voté pour le calcul dudit quotient sur la base du nombre des inscrits sur les listes électorales.

Il était non seulement irrationnel de faire cavalier seul, mais aussi et surtout, de ne pas bloquer sur une procédure alors que les Marocains ont d’autres attentes sur lesquelles l’Istiqlal préfère concentrer ses efforts afin d’y apporter des réponses concrètes et réalistes.

Avec un quotient obtenu en se référant à l’ensemble du corps électoral inscrit, les petites formations politiques pourront être représentées au parlement. L’avantage de cette procédure est de permettre une meilleure expression démocratique de la diversité des courants politiques.

Elle pourrait éventuellement aussi encourager les sympathisants des petits partis à prendre enfin part au processus électoral, sachant qu’ils ont une chance de faire entendre leurs voix.


Gourmandise

La constitution du gouvernement pourrait, cependant, s’avérer plus ardue qu’elle ne l’était déjà après le scutin législatif de 2016, alors même que le quotient était calculé sur la base des votes validés.

Les jérémiades des Pjdistes à propos du nouveau mode de calcul du quotient électoral n’ont donc d’autres explications que leur gourmandise pour les sièges à la Chambre des représentants, dans la défense d’une rente politique pour ses membres qui ne dit pas son nom.

Chaque mode de scrutin électoral possède ses qualités et ses défauts, mais en fin de compte, ce qui a réellement de l’importance pour les électeurs, c’est l’usage fait de leurs voix pour mettre en œuvre une politique qui réponde au mieux à leurs attentes.






Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 10 Mars 2021

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