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Les réseaux sociaux refaçonnent-ils la politique ?


L’exercice de la politique, auparavant contenu dans un espace et des normes précis, déborde de son cadre initial à travers les réseaux sociaux. Ce n’est ni bon mauvais en soi, mais nécessite une nouvelle grille de lecture.



En l’espace de quelques jours, un « hashtag » demandant le départ du chef du gouvernement déclenche un « trend » (tendance) sur certains réseaux sociaux, Twitter et Facebook en l’occurrence.




Nonobstant les motifs de cette jacquerie virtuelle, légitimée par le renchérissement du coût de la vie pour ses supporters, vulgaire manœuvre de manipulation de l’opinion publique par des trolls au service d’intérêts obscurs pour ses détracteurs, c’est en tant que phénomène sociopolitique qu’elle mérite également d’être examinée.

La première remarque est que ce « hashtag » contre le gouvernement a été précédé par des manifestations à travers le territoire national, organisées le dimanche 13 septembre par des centrales syndicales, pour exactement les mêmes raisons, néanmoins sans produire un impact significatif autant dans les médias classiques que sur les réseaux sociaux.

Le gouvernement pour cible

Le hashtag contre le gouvernement a, par contre, suscité rapidement beaucoup plus d’attention auprès de l’opinion publique nationale. A tel point que l’on voit même des étrangers y mettre leur grain de sel.

C’est amusant de constater que des ressortissants de pays à la gouvernance catastrophique trouvent quand même le moyen de chercher des poux dans la tête du voisin. Mais ce sont peut être les prémisses de l’unification en gestation de l’opinion publique mondiale.

On se permet bien de commenter et formuler des avis sur des évènements qui se déroulent dans de lointaines contrées, tel le convoi de la liberté à Ottawa ou la répression du convoi similaire à Paris.

Les tenants de la théorie du complot sur un nouvel ordre mondial concocté par les élites ne manquent d’ailleurs pas de s’en régaler.

Violence latente

Cette nouvelle manière « virtuelle » de manifester avait d’abord été accueillie comme un nouvel espace de liberté pour les différents courants d’opinion, sans avoir à se frotter aux forces de l’ordre dans la rue.

Ce serait offrir une tribune aux sans voix sans risquer de dérapages violents et la castagne qui ne manque pas de suivre alors.

Les révoltes du mal nommé « printemps arabe » ont, toutefois, démontré que ce nouvel espace d’expression peut également s’avérer le vecteur d’une violence politique qui fini par déborder du virtuel sur le réel.

Jusqu’à présent, les deux seules démarches adoptées pour contrer ce genre de manifestation sont le mutisme des médias classiques sur certaines tendances politiques revendicatives « dérangeantes » sur les réseaux sociaux et la contre-attaque menée par d’autres trolls.

Retour aux fondamentaux

Dans les deux cas, c’est comme verser de l’huile sur le feu. Ni le « je n’ai rien entendu », ni le « boucle-là traître » ne sont des réactions pertinentes, susceptibles de faciliter la communication et de ramener les esprits à la raison.

Et toutes deux traduisent l’appréhension que créent les réseaux sociaux dans certains esprits.

Dans nouvelles technologies de la communication, on oublie souvent l’essentiel, à savoir la communication, pour se concentrer, totalement obnubilés, par les nouvelles technologies.

C’est seulement un doigt plus long pour indiquer la lune, mais c’est toujours la lune qu’il faut regarder.


L'appréhension envers la nouveauté

Les médias classiques voient en les réseaux sociaux comme des concurrents mortels, alors que ce ne sont qu’une extension des moyens de diffuser l’information déjà existants.

La radio n’avait plus tué la presse écrite que la télévision n’avait tué la radio, même si à la lecture de la presse de l’époque, c’est la même appréhension envers la nouveauté qui prévaut actuellement.

Mais à chaque fois, les courants politiques en mal d’espaces d’expression savent surfer sur la nouvelle vague pour se faire entendre. Le temps que tout le monde s’y mette et que la nouvelle technologie soit banalisée.

Improbables thérapies

Sans trop s’attarder sur le recours aux armées de trolls, une chute libre dans la vulgarité plus nocive que productive pour ses commanditaires, le recours à la censure est un autre aveu d’échec.

Facebook vient d’en payer le prix à travers une dégringolade de sa cotation en bourse et des plateformes concurrentes se sont mises à pousser comme des champignons.

Peu vont survivre il est vrai, mais des alternatives plus libertaires que les plateformes qui ont la cote actuellement vont finir par s’imposer.

L’art de s’adresser aux gens

Dans cette jungle virtuelle, les acteurs politiques classiques se sentent dépassés et sur-réagissent aux campagnes de dénigrement dont ils peuvent faire l’objet sur les réseaux sociaux.

Ce qui fait pourtant la particularité de l’homme politique, depuis l’apparition de la civilisation, c’est tout simplement cette audace à s’adresser aux gens, quand les rues de la cité bouillonnent de colère justifiée ou grouillent de rumeurs infondées.

Que ce soit du haut d’un balcon, un travers un article, dans un discours radio ou télédiffusé ou par de courts messages sur les réseaux sociaux, ce qui est primordial est de s’adresser aux gens.

Il ne s’agit, alors, pas tant d’expliquer aux gens ce qu’ils savent peut être ou devinent déjà que de faire acte de présence et leur montrer que leur avis compte et pris en considération.

"Je vous ai compris"

Jusqu’à présent, les historiens s’interrogent toujours sur ce qu’entendait réellement le Général De Gaulle par son célèbre : « je vous ai compris » prononcé, en 1958 à Alger.

Chacun des camps en confrontation, les pieds noirs qui s’opposaient à l’indépendance de l’Algérie comme les Algériens qui luttaient pour leur émancipation, s’est senti concerné en particulier par ce propos.

Le Général De Gaulle est ainsi parvenu à calmer les insurgés français, le temps de régler définitivement le problème d’une manière que personne, aujourd’hui, ne saurait lui reprocher.

L’auteur de l’appel du 18 juin 1940, diffusé par radio, s’était adressé aux Algériens et aux pieds noirs, 18 ans plus tard, du haut d’un simple balcon.

Aucune technologie, aussi perfectionnée soit-elle, ne saurait se substituer à l’art de s’adresser aux gens, qui demeure la marque des grands hommes politiques et ce, peut-être, jusqu’à la fin des temps.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Samedi 19 Février 2022

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