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Mme Samira Achour livre quelques points revendicatifs


Alors que la commémoration de la journée nationale de la femme marocaine approche, le 10 octobre se veut, en principe, une journée annuelle d’évaluation des politiques publiques orientées vers les femmes, de la part de la société civile. Les militantes, quoiqu’elles œuvrent, jour après jour, sur le terrain, n’attendent que ces évènements commémoratifs pour sortir leur stéthoscope social, se basant sur des études déjà préétablies, pour clamer haut et fort leurs recommandations et revendications.



Ce think tank associatif, constitué par des associations, coalitions ou fédérations, est toujours sur le qui-vive, chacune selon son champ de bataille, rappelant le Gouvernement à son devoir.

C’est pour cela que l’on a contacté plusieurs militantes associatives de différentes casquettes sociales et politiques pour nous parler de leurs recommandations, propositions ou revendications qui ont trait aux affaires féminines, chacune de son angle de tir.

Après avoir visualisé une capsule vidéo mettant l’accent sur les inégalités juridiques en matière de protection sociale, issus du rapport parallèle produit par l’association Jossour  FFM et 40 associations représentées par des jeunes portant le slogan « Génération  égalité », on a contacté Mme Achour.

Samira Achour, membre du bureau de l’association Jossour Forum des Femmes marocaines, a soulevé quelques problématiques qui passent parfois sous silence, et qui constituent des discriminations et des inégalités outre mesure. 

Il y a plusieurs discriminations et inégalités socio-économiques, pour n’en citer que quelques unes :

« La thématique qui me tient à cœur et qui est une grande problématique dans notre société n’est autre que l’inégalité dans le domaine de la protection sociale, précisément les allocations familiales dont personne ne parle. 300 dhs par enfant est insuffisant et passe directement à l’homme, soit le mari (pour les 3 premiers enfants et 36 dhs pour le 4ème). Quand le mari et sa femme sont dans un même système, c’est le mari qui la perçoit. Ce qui est illégal sachant qu’ils travaillent tous les deux et  payent leurs cotisations, d’autant plus que cette mensualité reste très en deçà des charges des enfants. Et quand le couple divorce, même si ce sont les  mamans qui ont la garde des enfants, rares sont les ex-maris qui se désistent et remplissent les papiers pour laisser les allocations à la mère ».

« Le deuxième point est celui des dossiers de l’assurance maladie des enfants qui doivent toujours être déposés chez le prestataire du mari, sachant que, parfois, le remboursement et les prestations  de l’assurance de l’épouse  sont plus avantageux. Dans ce cas, autant laisser au couple le libre choix pour le régime d’assurance des enfants. Aussi, tout un dossier médical des enfants peut être payé par l’épouse, sans pour autant que le remboursement lui revienne (parfois intentionnellement de la part du mari).  Ce qui peut devenir un sujet de discorde et accentuer les tensions au sein du couple ».

« Le troisième volet à soulever est celui de l’entreprenariat pour les femmes. Il est nécessaire de mettre en place des mesures proactives qui permettent de promouvoir les femmes dans ce secteur, et encourager ainsi leur autonomisation (à travers aussi l’octroi de crédits spéciaux). Il faut faire un effort dans ce sens et aller vers l’économie verte, l’économie solidaire ou l’économie de recyclage ».

«  En matière de protection sociale, la pension de la fonctionnaire qui disparait à son décès est une aberration. C’est une inégalité pure et simple puisque ni le mari ni les enfants ne peuvent en bénéficier, à quelques exceptions près (infirmité, maladie, plus de 60 ans, non remariage) ».  

La parité  dans le secteur politique, économique et administratif reste le sujet le plus important, a soulevé Mme Achour, qui s’interroge aussi sur l’efficacité de la loi sur le harcèlement des femmes et sur la problématique du télétravail. Un fardeau de plus pour les femmes en cette période de crise sanitaire. Et de terminer  sur la transmission des valeurs intergénérationnelles, d’égalité, de justice sociale, de liberté  qui fait défaut.






Rédigé par le Samedi 12 Décembre 2020
Journaliste professionnelle. 30 ans d'expérience à L'Opinion. Actuellement journaliste à Radio Web... En savoir plus sur cet auteur


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