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Nizar Baraka veut faire de la confiance le nouveau socle de la gouvernance publique


Rédigé par La rédaction le Mercredi 22 Juillet 2026

À travers une vision à l'horizon 2035, le secrétaire général de l'Istiqlal plaide pour un changement de paradigme : passer d'une logique de lutte contre la corruption à la construction d'un véritable État de confiance.



La confiance comme nouveau capital stratégique

La lutte contre la corruption ne peut plus se limiter à l'adoption de nouvelles lois ou au renforcement des organes de contrôle. C'est le principal message porté par Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l'Istiqlal, lors d'une conférence nationale organisée autour du thème « Zéro tolérance contre la corruption et les conflits d'intérêts ».

Son intervention, intitulée « De l'écosystème de l'intégrité à l'État de confiance : une vision pour la gouvernance publique à l'horizon Maroc 2035 », dépasse largement le seul registre de la moralisation de la vie publique. Elle propose une réflexion globale sur la manière de reconstruire la relation entre l'État, les citoyens et l'économie. 

Dès l'ouverture de son intervention, Nizar Baraka insiste sur le fait que la question ne concerne pas uniquement la lutte contre la corruption ou la modernisation administrative, mais touche au cœur même du contrat social. Selon lui, il s'agit désormais de restaurer la confiance entre les institutions, les citoyens et les acteurs économiques, condition indispensable au développement durable du Maroc. 

Les cinq engagements politiques de l'Istiqlal

Le secrétaire général rappelle que cette rencontre s'inscrit dans la continuité des cinq grands engagements politiques adoptés par le Conseil national du parti. Ils concernent la protection de la famille et des valeurs nationales, la défense du pouvoir d'achat, la tolérance zéro face à la corruption et aux conflits d'intérêts, la préservation des services publics essentiels et le renforcement de la souveraineté nationale sous toutes ses dimensions : économique, technologique, alimentaire, hydrique et numérique.   

Pour Nizar Baraka, les États ne sont plus évalués uniquement à l'aune de leur puissance économique ou de leurs ressources naturelles. Leur véritable richesse réside désormais dans la confiance qu'inspirent leurs institutions.

Confiance des citoyens envers l'administration, confiance des investisseurs dans les règles de la concurrence, confiance de la société dans une justice appliquée équitablement : ces trois dimensions constituent, selon lui, le véritable capital stratégique des nations modernes. Plus ce capital est élevé, plus les politiques publiques gagnent en efficacité, l'investissement progresse et les réformes produisent des résultats durables. 

Des acquis institutionnels réels, mais des résultats encore insuffisants

Le leader istiqlalien reconnaît les avancées importantes réalisées sous l'impulsion du Roi Mohammed VI : Constitution de 2011, renforcement des institutions de gouvernance, indépendance accrue des organes de contrôle, amélioration du cadre juridique, modernisation des marchés publics ou encore accélération de la digitalisation administrative. 

Mais il estime que ces progrès ne produisent pas encore tous leurs effets.

Il rappelle que le Maroc obtient un score de 39 sur 100 dans l'indice de perception de la corruption 2025 et occupe la 91ᵉ place mondiale. Plus préoccupant encore, 72 % des citoyens interrogés considèrent que la corruption demeure largement répandue, tandis que près d'un usager sur cinq déclare avoir été confronté à une demande ou à un paiement de pot-de-vin au cours de l'année écoulée. 

Pour lui, ces chiffres montrent que le véritable défi n'est plus de produire de nouvelles lois mais de garantir leur application effective.

Entrer dans une nouvelle étape : construire « l'État de confiance »

Selon Nizar Baraka, le Maroc a connu trois grandes phases.

La première a consisté à bâtir les institutions et l'État de droit. La deuxième a été marquée par les réformes économiques et sociales. Une troisième étape s'ouvre désormais : celle de la construction de « l'État de confiance », où la qualité des institutions sera évaluée non plus seulement par leur existence mais par leur impact concret sur la vie quotidienne des citoyens. 

Cette ambition repose sur six grands piliers qui constituent, selon lui, la deuxième génération des réformes de gouvernance.

Six conditions pour réussir le Maroc de 2035

Le premier pilier consiste à passer de la multiplication des textes à une véritable culture de l'État de droit. Le respect équitable de la loi, la simplification des procédures, la rapidité de la justice et la sécurité juridique deviennent les conditions premières de la confiance. 

Le deuxième vise à renforcer la coordination entre les institutions existantes. Pour Nizar Baraka, il ne s'agit plus de créer de nouveaux organismes mais de rendre ceux qui existent plus efficaces, mieux coordonnés et davantage orientés vers les résultats. 

Le troisième concerne la transformation de l'administration publique. Celle-ci doit devenir plus simple, plus rapide, plus transparente et davantage tournée vers le service rendu au citoyen plutôt que vers la seule gestion des procédures. 

Le quatrième pilier porte sur la protection de la décision publique contre les conflits d'intérêts, les situations de rente, l'abus de pouvoir et l'enrichissement illicite. Le secrétaire général insiste sur la nécessité de mieux définir les responsabilités, d'évaluer les résultats et de protéger également les responsables publics agissant de bonne foi. 

Le cinquième vise la construction d'une économie fondée sur la concurrence loyale, le mérite et l'égalité des chances. Selon lui, la protection du consommateur passe aussi par une économie plus ouverte, moins dépendante des situations de rente et davantage favorable aux PME et à l'innovation. 

Enfin, le sixième pilier place la gouvernance numérique et l'intelligence artificielle au cœur des réformes futures. L'objectif est d'utiliser les technologies comme leviers de transparence, d'efficacité et d'aide à la décision, tout en garantissant la protection des données personnelles et le respect des principes éthiques. 

Une vision qui dépasse la seule lutte contre la corruption

En conclusion, Nizar Baraka affirme que le Maroc ne doit plus mesurer son succès au nombre de lois votées ou d'institutions créées, mais à leur capacité à améliorer concrètement la vie des citoyens. Il appelle à un projet collectif mobilisant l'État, les collectivités, la justice, le secteur privé, la société civile, l'université et les médias autour d'un objectif commun : faire de la confiance le véritable moteur du développement. 

À travers cette intervention, le secrétaire général de l'Istiqlal ne présente pas seulement un programme de lutte contre la corruption. Il esquisse une vision politique plus large de la gouvernance publique, dans laquelle la confiance devient le principal indicateur de performance de l'État.

Dans la perspective des élections législatives de septembre 2026, cette notion apparaît comme l'un des marqueurs centraux du projet porté par le Parti de l'Istiqlal : faire évoluer le Maroc d'une « culture de l'intégrité » vers une véritable « culture de la confiance », considérée comme le fondement de la compétitivité économique, de la cohésion sociale et de la stabilité institutionnelle. 





Mercredi 22 Juillet 2026

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