Dès que le mot nucléaire apparaît dans un titre, notre imagination fait le reste : réacteur, centrale électrique, uranium, arme atomique.
Or l'information venue de Vienne le 17 septembre raconte une tout autre histoire.
Le Maroc a été élu par acclamation à la présidence de l'AFRA pour la période 2026-2027, à l'occasion de la 70e Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
L'AFRA est l'Accord régional africain de coopération pour la recherche, le développement et la formation dans le domaine de la science et de la technologie nucléaires. La présidence sera portée par Hamid Marah, directeur général du CNESTEN.
Or l'information venue de Vienne le 17 septembre raconte une tout autre histoire.
Le Maroc a été élu par acclamation à la présidence de l'AFRA pour la période 2026-2027, à l'occasion de la 70e Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
L'AFRA est l'Accord régional africain de coopération pour la recherche, le développement et la formation dans le domaine de la science et de la technologie nucléaires. La présidence sera portée par Hamid Marah, directeur général du CNESTEN.
Le nucléaire ne produit pas seulement de l'électricité
Voilà le premier intérêt pédagogique du sujet.
Les technologies nucléaires interviennent déjà dans de nombreux secteurs qui n'ont rien à voir avec la production électrique. En médecine, elles permettent notamment certains diagnostics et traitements. En agriculture, les techniques isotopiques peuvent contribuer à la gestion de l'eau, aux recherches sur les sols ou à certains programmes d'amélioration des cultures.
Dans l'industrie, elles servent à la mesure, au contrôle et à l'analyse. Elles interviennent également dans l'environnement, la recherche scientifique et la gestion des ressources.
Le nucléaire civil africain est donc beaucoup plus vaste que la question : « Quand l'Afrique construira-t-elle davantage de centrales ? »
Les technologies nucléaires interviennent déjà dans de nombreux secteurs qui n'ont rien à voir avec la production électrique. En médecine, elles permettent notamment certains diagnostics et traitements. En agriculture, les techniques isotopiques peuvent contribuer à la gestion de l'eau, aux recherches sur les sols ou à certains programmes d'amélioration des cultures.
Dans l'industrie, elles servent à la mesure, au contrôle et à l'analyse. Elles interviennent également dans l'environnement, la recherche scientifique et la gestion des ressources.
Le nucléaire civil africain est donc beaucoup plus vaste que la question : « Quand l'Afrique construira-t-elle davantage de centrales ? »
L'Afrique a d'abord besoin d'ingénieurs
Une technologie nucléaire n'existe réellement que lorsque quelqu'un sait l'utiliser.
Physiciens, médecins, radiopharmaciens, ingénieurs, techniciens, spécialistes de radioprotection, chercheurs, experts en sûreté, gestionnaires de déchets : le véritable actif stratégique devient le capital humain.
C'est précisément là que la présidence marocaine peut prendre son sens. Le Royaume dispose déjà avec le CNESTEN d'une infrastructure scientifique et de compétences accumulées dans les usages pacifiques du nucléaire.
Le processus n'est d'ailleurs pas improvisé : dès 2025, les États membres africains avaient approuvé le principe de la future présidence marocaine de l'AFRA.
Physiciens, médecins, radiopharmaciens, ingénieurs, techniciens, spécialistes de radioprotection, chercheurs, experts en sûreté, gestionnaires de déchets : le véritable actif stratégique devient le capital humain.
C'est précisément là que la présidence marocaine peut prendre son sens. Le Royaume dispose déjà avec le CNESTEN d'une infrastructure scientifique et de compétences accumulées dans les usages pacifiques du nucléaire.
Le processus n'est d'ailleurs pas improvisé : dès 2025, les États membres africains avaient approuvé le principe de la future présidence marocaine de l'AFRA.
Devenir une école africaine du nucléaire civil
Le Maroc pourrait utiliser cette présidence comme un accélérateur de coopération Sud-Sud : former davantage de techniciens africains, accueillir des chercheurs, développer des programmes communs, partager des protocoles, renforcer les capacités de sûreté et de radioprotection et construire des réseaux entre universités et centres spécialisés.
Le bénéfice diplomatique serait évident. Mais l'intérêt économique le serait également.
Un pays qui devient un centre régional de compétences attire naturellement davantage de projets, de chercheurs, d'équipements et de partenariats.
Le bénéfice diplomatique serait évident. Mais l'intérêt économique le serait également.
Un pays qui devient un centre régional de compétences attire naturellement davantage de projets, de chercheurs, d'équipements et de partenariats.
La sûreté doit rester au centre
Il serait néanmoins dangereux de transformer l'annonce en communication triomphale.
Le nucléaire est précisément un domaine où la compétence ne peut jamais être séparée de la sûreté : formation, contrôle, traçabilité, radioprotection, gestion des matières, gestion des déchets et culture de sécurité.
Le Maroc a d'ailleurs présenté à Vienne son expérience dans la gestion des déchets radioactifs, un sujet moins spectaculaire qu'un réacteur mais absolument central dans la crédibilité d'une politique nucléaire civile.
Le nucléaire est précisément un domaine où la compétence ne peut jamais être séparée de la sûreté : formation, contrôle, traçabilité, radioprotection, gestion des matières, gestion des déchets et culture de sécurité.
Le Maroc a d'ailleurs présenté à Vienne son expérience dans la gestion des déchets radioactifs, un sujet moins spectaculaire qu'un réacteur mais absolument central dans la crédibilité d'une politique nucléaire civile.
Et la centrale nucléaire marocaine ?
La question reviendra inévitablement. Elle mérite un débat séparé.
La présidence de l'AFRA ne signifie pas que le Maroc a décidé de construire une centrale nucléaire, pas plus qu'elle ne transforme le Royaume en « puissance nucléaire ». Mélanger ces sujets serait trompeur.
En revanche, développer des compétences scientifiques et réglementaires aujourd'hui augmente nécessairement le nombre d'options dont disposera le pays demain.
C'est précisément ainsi que devrait fonctionner une politique de long terme : ne pas décider trop tôt, mais acquérir suffisamment de compétences pour pouvoir décider intelligemment lorsqu'il le faudra.
La présidence de l'AFRA ne signifie pas que le Maroc a décidé de construire une centrale nucléaire, pas plus qu'elle ne transforme le Royaume en « puissance nucléaire ». Mélanger ces sujets serait trompeur.
En revanche, développer des compétences scientifiques et réglementaires aujourd'hui augmente nécessairement le nombre d'options dont disposera le pays demain.
C'est précisément ainsi que devrait fonctionner une politique de long terme : ne pas décider trop tôt, mais acquérir suffisamment de compétences pour pouvoir décider intelligemment lorsqu'il le faudra.
Le vrai pouvoir est peut-être de savoir
L'Afrique aura besoin d'électricité. Mais elle aura aussi besoin de radiothérapie, de médecine nucléaire, de contrôle industriel, de technologies agricoles, de laboratoires, de sûreté et surtout de femmes et d'hommes capables de maîtriser ces outils.
La présidence marocaine de l'AFRA ne fera probablement pas beaucoup de bruit en dehors des milieux spécialisés. Elle pourrait pourtant être stratégiquement plus intéressante qu'il n'y paraît.
Car dans les technologies complexes, la puissance commence rarement par la possession de la machine. Elle commence par la possession du savoir permettant de la maîtriser.
La présidence marocaine de l'AFRA ne fera probablement pas beaucoup de bruit en dehors des milieux spécialisés. Elle pourrait pourtant être stratégiquement plus intéressante qu'il n'y paraît.
Car dans les technologies complexes, la puissance commence rarement par la possession de la machine. Elle commence par la possession du savoir permettant de la maîtriser.












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